décembre 4, 2020

A Bout de Course

Titre Original : Running on Empty

De : Sidney Lumet

Avec Steven Hill, Lynne Thigpen, Martha Plimpton, Michael Boatman

Année: 1988

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Danny, jeune homme de 17 ans, est le fils d’anciens militants contre la guerre du Vietnam. Ses parents Annie et Arthur Pope organisèrent un attentat à la bombe contre une fabrique de napalm. Un gardien meurt lors de l’explosion. Depuis, les Pope sont en fuite. Danny vit assez mal cette situation de mensonge et de dissimulation. Mais tout va basculer lors de sa rencontre avec Lorne Philips, la fille de son professeur de musique.

Avis :

Les années 80, c’est pour Sidney Lumet l’occasion d’entamer sa troisième décennie en tant que réalisateur. Une décennie qui verra naître d’excellents crus dans l’impressionnante filmographie de son réalisateur. Ainsi, des années 80, on retiendra « Le verdict« , « Le Prince de New-York« , « Piège mortel« , « A la recherche de Garbo » et bien sûr, l’un des plus merveilleux bijoux de son réalisateur « A bout de course« , qui d’ailleurs s’apprête à fêter ses trente ans avec les honneurs.

Sorti en 1988, deux ans après le discret et méconnu « Le Lendemain du crime« , jugé mineur dans la filmographie de Sidney Lumet, le réalisateur revient avec une claque émotionnelle et politique. Bref, un très grand cru pour un réalisateur qui ne cesse d’étonner de film en film.

La famille Pope est en fuite depuis presque vingt ans maintenant. Ancien militant contre la bombe H, les deux parents sont recherchés par les plus hautes autorités du pays, après une action qui a mal tourné. La famille déménage en permanence, au moindre doute, et alors qu’ils viennent emménager près de New-York, le fils aîné de la famille, particulièrement doué pour le piano, se voit proposer une entrée dans l’une des facultés les plus renommées du pays.

Brillant, voilà le premier mot qui me vient en tête à la sortie de ce magnifique cru 1988 de Sidney Lumet. Si dans les grandes lignes, « A bout de course » n’a vraiment rien d’incroyable, puisqu’il s’agit d’une cavale, quand le découvre, c’est un tout autre film qui est mis en relief. « A bout de course » est u film d’une intelligence incroyable dans son propos et dans l’analyse qu’il propose de ses personnages et de leur situation.

« A bout de course« , c’est avant tout un film qui parle du poids du passé et comment certaines décisions, même vingt ans après, influencent une vie. Ici, Sidney Lumet nous propose de suivre le quotidien d’une famille en fuite et le réalisateur va s’arrêter sur les sentiments bousculés du fils aîné de la famille comme celui des parents. « A bout de course« , c’est une erreur de jeunesse, qui peut gâcher des vies sur plusieurs générations. Rattrapé par la réalité des actes, « A bout de course » est un film qui pose une réflexion juste, intime et belle sur l’implication de ses enfants dans une telle vie et le droit ou non que les parents ont de les impliquer comme ça. C’est une réflexion sur ce qui est bon ou mal pour l’avenir.

C’est aussi un film qui aborde un jeune homme qui grandit et qui se trouve être partagé entre son avenir, sa passion, son talent, ce qu’on lui propose et l’amour de ses parents. Le scénario est un bout de génie, dont tous les éléments trouvent leur place et amènent à une décision. Une décision aussi prévisible dans sa réflexion, qu’elle nous laisse en haleine jusqu’à la fin du film. Un final qui sera particulièrement bouleversant.

Dans ce magnifique scénario, Sidney Lumet a pris le temps d’approfondir son personnage principal, génialement tenu par River Phoenix, et nous offre à l’intérieur même de son intrigue, une très belle histoire d’amour. Une histoire contrariée, toute en subtilité, en découverte, en réflexion. On est touché par ces deux adolescents qui se découvrent, et qui s’aiment avec une épée de Damoclès au-dessus d’eux.

On ajoutera bien sûr la mise en scène très bien pensée de son réalisateur qui pose une très belle ambiance, entre tension et amour. Une mise en scène détenant de forts moments en émotion, puis d’autres presque lunaires, qui invitent à l’évasion, ou la nostalgie, ou encore plus approfondis, allant jusqu’à mettre en scène son titre, « A bout de course« . Oui, le final en est une parfaite illustration, comme si le personnage ne pouvait aller plus loin. Comme si cette course injuste prenait fin malgré lui et pour son bien… Bref, Sidney Lumet, aussi bien dans le fond que dans la forme, nous offre un véritable tour de force.

« A bout de course » est donc un film magnifique, qui offre de très grands moments d’émotion. On est ému de bout en bout, et l’on en ressort bouleversé. Sidney Lumet nous offre encore une fois un film intense, qui en prime propose une très bonne réflexion sur le devoir de parents ou sur les conséquences du passé sur nos vies.

Note : 17/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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