Wintersun – The Forest Seasons

Avis :

Parmi les pays scandinaves qui produisent le plus de groupes de métal, la Finlande s’impose comme le plus prolifique. Suivi de près par la Suède, ce pays voue presque un culte à ce genre de musique, au point de nommer certaines rues, certaines places au nom de groupes comme Lordi, après sa victoire à l’Eurovision. Parmi les groupes les plus influents, on peut retrouver Ensiferum, groupe de viking métal qui sévit depuis le milieu des années 90. C’est en 2003 que le chanteur et guitariste de ce groupe décide de former une autre bande, Wintersun, allant plutôt vers un death mélodique, tout en écrivant des textes sur la nature. Le groupe signe rapidement chez Nuclear Blast, mais à cause de problèmes de dates entre la tournée d’Ensiferum et l’enregistrement de Wintersun, Jari Mäenpää décide de se consacrer exclusivement à son nouveau groupe et connait rapidement un joli, notamment avec Time I, le deuxième album de la formation. Annoncé comme un diptyque avec Time II, les fans furent surpris lorsque le groupe annonce un album intitulé The Forest Seasons en 2017. Il faudra donc un peu de patience pour avoir la suite de l’album tant adulé et ce nouvel opus réserve bien des surprises, notamment sur sa thématique, mais aussi et surtout sur le peu de morceaux à l’intérieur, puisque l’album est composé uniquement de quatre titres.

Comme son titre l’indique, l’album se repose sur les quatre saisons, un peu comme la fait Vivaldi et bien d’autres artistes par la suite. Un thème éculé donc, mais qui change du tout-venant, surtout en ce moment où les groupes ne prennent plus de risques et proposent de moins en moins d’albums concepts. Le skeud débute avec Awaken From the Dark Slumber (Spring) et dure pas moins de quatorze minutes. Un premier morceau très riche qui montre toute la maîtrise technique du groupe. A l’image de cette saison, le morceau peut se voir comme un éveil de la nature. Le titre commence avec des bruits d’animaux et l’ensemble se révèle vigoureux, rythmé et d’une grande densité. On ressent vraiment l’apport du thème dans ce titre, qui peut se voir comme un réveil après une longue hibernation. The Forest That Weeps (Summer), le deuxième titre de l’album, sera un poil plus doux, mais aussi plus épique. Si l’on ressent une certaine langueur dans la composition, évoquant par le même temps la chaleur, on retrouve aussi plus de chant clair et une volonté de partir dans quelque chose de plus grandiloquent. Un peu comme si la nature était pleine de vie et de joie, malgré des moments plus posés. Sur ces deux premiers morceaux, relativement longs, Wintersun montre toute sa palette technique et sa capacité à fournir de longs morceaux sans jamais faire ressentir de l’ennui ou de l’hésitation. Mais l’album possède aussi un défaut majeur, celui de faire de longs titres pour faire de longs titres.

En effet, on a parfois la sensation que le groupe se force à dépasser les dix minutes de composition pour faire durer le plaisir ou faire croire à une imagination débridée. Sauf que cela peut s’entendre, notamment sur le premier morceau, qui se relance sur le même tempo qu’au début, après un break qui aurait pu signer une jolie conclusion. Rien de bien de méchant, mais il faut dire que cela se remarque. Néanmoins, on ne peut nier une identité particulière pour chaque titre. Eternal Darkness (Autumn) est résolument le titre le plus black de l’album. Les riffs sont brutaux, rapides et on ressent comme une profonde menace qui plane au-dessus de la nature. Le groupe voit donc cette saison comme un début de décadence, de fin de vie et il arrive à nous le faire sentir avec un titre très sombre, très lourd, s’éloignant du death/folk pour proposer du black presque malsain. Enfin, Loneliness (Winter) est la résultante du titre précédent, à savoir la solitude, le calme, la plénitude. Avec un morceau très doux, baigné par la voix claire du chanteur, on ressent comme une grande mélancolie qui nous imprègne. C’est très beau, c’est parfaitement réfléchi et on ne peut qu’applaudir ce tour de force du groupe. Même si là aussi, on retrouve les mêmes scories que précédemment, c’est-à-dire une certaine propension à faire dans la longueur. Le revers de la médaille, c’est que finalement, aucun morceau ne reste vraiment en tête et il semble difficile pour Wintersun de trouver un tube en particulier pour faire connaître l’album.

Au final, The Forest Seasons est un très bon album de la part de Wintersun. S’il peut faire office de transition ou d’entracte entre Time I et Time II, et peut décevoir certains fans, il n’en demeure pas moins que le groupe livre un album de qualité, puissant, touchant, même s’il manque parfois de moments plus marquants, plus prégnants afin de rester un peu plus en mémoire. Bref, si l’on n’est pas face à l’album de l’année, ce skeud reste d’excellente facture pour tous les fans de death métal qui se respectent.

  1. Awaken From the Dark Slumber (Spring)
  2. The Forest That Weeps (Summer)
  3. Eternal Darkness (Autumn)
  4. Loneliness (Winter)

Note: 15/20

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Par AqME

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