Alice Cooper – Paranormal

Avis :

Dans la tête de la masse populaire, le talent se mesure uniquement aux ventes de singles ou aux morceaux qui connaissent un véritable succès sur les ondes radios ou à la télé. Fort heureusement, le talent ne se mesure pas à la vente et encore moins aux succès éphémères, car s’il est difficile de faire un tube, il est encore plus complexe de résister aux affres du temps et de rester sur le devant de la scène. Ainsi donc, on préfère mesurer le talent à la longévité des artistes. Et n’en déplaise aux réfractaires, des types comme Johnny Hallyday font partie d’un patrimoine culturelle non par hasard, mais aussi grâce à un certain talent. Mais en France, on a aussi tendance à oublier les grands groupes de rock, ceux qui sont nés dans les années 60 et qui perdurent encore aujourd’hui, à l’image d’Alice Cooper et son Shock Rock. Alors ce terme n’a rien à voir avec son style musical, puisque l’on sait que le musicien fait du rock et parfois du hard rock, voire même du blues, mais plutôt avec ses prestations scéniques parfois choquantes pour les ménagères de plus quarante ans. Toujours debout malgré ses 69 ans, le rockeur nous revient cette année avec Paranormal, son vingt-septième  album après plus de quarante ans de carrière. Mais lui reste-t-il des choses à raconter ?

Le skeud débute avec le titre éponyme de l’album et fait directement intervenir un guest, à savoir Roger Glover, le bassiste du groupe Deep Purple. Une association fructueuse puisque Paranormal va montrer qu’Alice Cooper a toujours la forme est qu’il maîtrise parfaitement son art. Entre rock et hard, essayant de placer aussi une ambiance un peu délétère dans son début et l’entame des couplets, le chanteur propose un excellent démarrage qui donne rapidement envie de bouger la tête, le tout avec une structure étonnante et parfois surprenante, comme ce joli solo qui vient agrémenter l’ensemble. Le morceau sera suivi par un autre plus court mais tout aussi dynamique, à savoir Dead Flies. Ce morceau est un pur titre rock, à la lisière du punk, et malgré sa courte durée, il donne sacrément envie de bouger. Alice Cooper démontre alors sa grande forme et sa volonté de se raccrocher à quelque chose de plus simple et de plus pur, ce qui n’est pas pour nous déplaire. D’ailleurs, on retrouvera tout au long de l’album d’autres morceaux aussi courts, moins de trois minutes, mais desquels découleront une énergie communicative, à l’image de Rats ou encore de Dynamite Road, un concentré de rock au rythme endiablé. On retrouvera aussi au sein de l’album des morceaux plus classiques mais tout aussi efficaces comme Private Public Breakdown ou encore Paranoiac Personality et sa jolie ligne de basse en introduction.

Mais réduire Alice Cooper à du bon vieux rock serait bien trop réducteur. Et il le prouve dans cet album avec des titres qui vont chercher d’autres références, à l’image de Fallen in Love, en duo avec Billy Gibbons des ZZ Top. L’ambiance blues rock est incroyable et il ressort de ce titre un vrai bout des Etats-Unis. Si l’imprégnation du groupe des trois barbus se fait sensiblement sentir, elle colle parfaitement au style d’Alice Cooper et on assiste à une sorte de parfaite symbiose entre les deux artistes. Sans compter sur un solo de gratte excellent, montrant, si besoin, tout le talent des musiciens. Mais ce n’est tout, Alice Cooper nous réserve aussi une belle surprise avec Holy Water, un morceau qui fait intervenir des cuivres et qui est un mélange entre rock et soul. Le résultat est juste épique et c’est à travers ce titre que l’on sent la provenance de l’enregistrement. En effet, l’album a été enregistré à Nashville et toute la quintessence de la ville se retrouve dans cet excellent titre. Il est aussi difficile de passer à côté de The Sound of A, un titre très lent, qui mise tout sur une ambiance un peu délétère, aérienne et mélancolique, qui est à l’opposé total de Holy Water, montrant toute la palette artistique que peut couvrir Alice Cooper. Et que dire de Genuine American Girl, qui fait écho au rock des années 60 et même parfois au be-bop. Bref, cet album possède des styles très différents et fait donc étalage de tout le talent de son auteur.

Au final, Paranormal, le dernier album en date d’Alice Cooper, est une franche réussite. S’il n’a pas que des hits en son sein et qu’une ou deux pistes peuvent s’avérer oubliables, cet album se révèle techniquement irréprochable et surtout d’une variation implacable, allant piocher des références dans le rock, bien sûr, mais aussi dans le blues, la soul ou encore le punk et tout cet univers démontre qu’Alice Cooper, malgré son âge, est toujours en grande forme.

  1. Paranormal feat Roger Glover
  2. Dead Flies
  3. Fireball
  4. Paranoiac Personality
  5. Fallen in Love feat Billy Gibbons
  6. Dynamite Road
  7. Private Public Breakdown
  8. Holy Water
  9. Rats
  10. The Sound of A
  11. Genuine American Girl
  12. You and All of Your Friends

Note: 17/20

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Par AqME

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