Voice From the Stone

De : Eric D. Howell

Avec Emilia Clarke, Marton Csokas, Edward Dring, Caterina Murino

Année: 2017

Pays: Etats-Unis, Italie

Genre: Thriller

Résumé:

Dans une vieille maison de la campagne italienne, une infirmière découvre que l’enfant dont elle s’occupe est hanté par des forces malveillantes présentes dans les murs de la bâtisse. Alors qu’elle entretient une relation amoureuse avec le père du garçon, elle devient à son tour la proie des mauvais esprits.

Avis :

Le cinéma d’horreur a une histoire particulière. Si les débuts se traduisent par un expressionnisme flirtant avec le romantisme, rapidement, le cinéma d’horreur a pour vocation de traiter les fleurons de la littérature fantastique comme Dracula ou encore Frankenstein. Puis dans les années 50, les anglais ont débarqué avec la Hammer et ont en quelque sorte changer la face de l’horreur, proposant quelque chose de plus brumaux, de plus éthéré et donc de plus angoissant. Dans les années 70, deux pays se démarquent alors, l’Italie et l’Espagne. En effet, les deux pays vont alors se livrer une guerre sans merci pour concurrencer les anglais sur le film d’épouvante. Utilisant les mêmes ressorts atmosphérique, les deux pays vont alors fournir des histoires plus surnaturelles, avec quelques esprits malins et de-ci de-là quelques femmes dénudées. Cet âge d’or, complètement libertaire, a forgé des esprits qui aujourd’hui sont devenus pour certains des cinéastes. Et pour sûr qu’Eric D. Howell a bercé là-dedans durant sa jeunesse, car son premier film, Voice From the Stone, détient tous les stigmates des deux maisons d’édition.

Ce qui va frapper en premier lieu, c’est l’ambiance du métrage. On retrouve une nurse soignant les enfants malades qui vogue de famille en famille, aidant des enfants à passer des caps douloureux. Elle se retrouve donc dans une grande demeure italienne avec le petit Jakob, qui ne parle plus depuis que sa mère est décédée. Un grand manoir, une sensation de froid permanent, une brume omniprésente, des statues renversées dans le jardin. Bref, pas de doute, nous sommes bien dans un film qui lorgne vers le gothique du point de vue de son ambiance. Et le début est terriblement accrocheur. Le jeune réalisateur possède un œil averti et certains plans sont vraiment très beaux. Le problème, c’est qu’il ne faut pas confondre une bonne ambiance avec un rythme lent. Car c’est là tout le problème de Voice From the Stone, qui est un film agréable, mais qui se repose sur ses acquis et n’arrive pas à tenir son ambiance étrange sur toute la longueur.

La faute certainement à un scénario qui rappelle des œuvres comme Les Autres, L’Orphelinat ou encore, dans une moindre mesure, Le Labyrinthe de Pan. En fait, on se retrouve face à une histoire mettant en scène un enfant qui a des problèmes dans un monde où il n’a pas vraiment de place. Et là aussi, le début est intéressant, notamment dans le rapport qu’il y a entre le père, froid et distant, et son fils, qui obéit au doigt et à l’œil, de manière à ne plus rien exprimer. Les tensions sont palpables et il y a d’autres personnages énigmatiques qui circulent autour de l’héroïne et de cet enfant. Comme il y a bien évidemment un secret au sein de la maison et de la mort de la mère. Voulant rendre un hommage aux films qui lorgnent dans le même sens, le film se perd totalement dans sa seconde partie, essayant vainement de partir dans le cauchemar, mais perdant en route le spectateur qui se retrouve face à des situations incongrues qui s’enchaînent et qui n’ont ni queue ni tête.

Et c’est dommage car le film avait un véritable potentiel. Le mélange entre une intrigue qui fait penser au cinéma fantastique ibérique et une image qui fait penser aux films gothiques de la Hammer, il y avait de quoi faire un joli film, aussi touchant qu’effrayant. Malheureusement, les accumulations sur la fin et quelques scènes gratuites de nudité ne sauvent pas le film d’un certain ennui. Le réalisateur se repose trop sur son image et oublie souvent de relancer l’intrigue à travers des éléments surprenants. De plus, les personnages ne sont pas vraiment empathiques. Emilia Clarke est, comme à son habitude, insipide et seul son jeu de sourcil est expressif. Les pervers seront néanmoins conquis par sa scène de nu frontal. Marton Csokas fait ce qu’il peut, mais son personnage reste trop sur la retenue et la défensive pour que l’on ressente quoique ce soit pour lui. D’autant plus qu’il ne semble pas très attristé par la disparition de sa femme. Reste le jeune garçon, joué par Edward Dring, qui tient bien son rôle mais qui n’est pas suffisamment mis en valeur, ne le rendant jamais vraiment inquiétant pour qui que ce soit.

Au final, Voice From the Stone est un film qui n’est pas rate, mais ce n’est pas une réussite pour autant. En fait, pour un premier métrage, on peut dire que c’est relativement réussi au niveau de la mise en scène et de l’ambiance recherchée, même si on a déjà vu cela. Cependant, l’intrigue n’est pas très cohérente et les personnages manquent réellement d’épaisseur pour sublimer l’ensemble et du coup, le film a tendance à ronfler en son milieu, tournant en rond et n’arrivant plus à relancer à la fois l’intrigue et l’intérêt du spectateur. Il en résulte donc un joli film sur le plan formel, mais assez creux dans son fond et qui se complexifie à la fin pour pas grand-chose. Bref, c’est dommage, surtout quand on voit le potentiel qu’il y avait.

Note : 10/20

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Par AqME

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