Continents – Idle Hands

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Avis :

Le pays de Galles commence à avoir son petit lot de groupes de métal pas si dégueulasses que ça. On pense bien entendu à Bring Me The Horizon, avec leur dernier album très réussi, Sempiternal, mais d’autres groupes venus de ce froid pays ont commencé à émerger comme les excellents Gallows. Continents est un groupe tout frais tout jeune, qui s’est formé en 2009. En ne sortant qu’un seul titre sur un EP, le groupe se faite vite connaître et signe avec un célèbre label de Chicago, Victory Records en 2011. Idle Hands sort alors en 2013 dans nos vertes contrées et propose un hardcore nerveux, rapide et ne laissant aucun répit. Seulement, le monde du hardcore est déjà peuplé de bons groupes, dont le plus emblématique reste Hatebreed qui survit depuis de nombreuses années et propose quelque chose de propre et de fort. On pourrait citer d’autres groupes comme Emmure mais tout ce petit monde est un peu plus discret et underground. Sortir un album aussi tôt est-il une bonne idée ? Continents est-il un nouveau groupe de surdoués qui va durer ? Le skeud n’est-il pas trop redondant et peu technique comme c’est souvent l’adage du hardcore ? Allons écouter ça de plus près au risque de se crever les tympans !

Le principal défaut que je retrouve dans le hardcore, c’est une certaine redondance et un manque flagrant de variation. Hatebreed a trouvé la parade à cela en incluant des refrains entêtants malgré les braillements de Jamey Jasta. Malheureusement, cet écueil ne sera pas éviter par Continents qui propose un album violent, dynamique, mais qui manque résolument de variations. D’ailleurs, j’ai souvent eu en tête le passage des skinheads dans Didier, le film de Alain Chabat, où ils écoutent du métal et où toutes les pistes se ressemblent. C’est un pu le cas avec Idle Hands, premier album du groupe, qui malgré quelques morceaux sympathiques s’enlisent dans une redondance assez énervante. Néanmoins, tout n’est pas à jeter et on ressent un gros potentiel derrière ces petits mecs. Si des morceaux demeurent anecdotiques comme Lions Den qui clôt l’album, ou encore Inhale qui reprennent les poncifs du genre avec des guitares saturées sans saveur ou une grosse batterie à double pédale, d’autres titres sont beaucoup plus intéressants car ils présentent une certaine variation dans l’approche du hardcore. En effet, on se surprendra parfois à avoir une certaine ambiance comme le prouve le morceau Land of the Free vers son final ou encore l’intro de Loathe qui est vraiment réussi. Ainsi, le groupe n’essaye pas de faire du hardcore pur jus avec un braillasse et des sons saturés. Mais, il n’y a pas de morceaux qui restent bien ancrés dans nos petites têtes et en ce sens, le groupe passe relativement inaperçu. La redondance est de mise et cela aura une certaine tendance à agacer celui qui écoute le skeud. Et cela malgré la faible durée de l’album qui fait un poil plus d’une demi-heure ! On pourra aussi pester contre le manque de technicité des musiciens, surement pas à cause de leur talent, mais à cause de leur volonté de faire un hardcore binaire et sans réelle dimension.

continients

Au niveau de la voix, le chanteur, Phillip Cross ne s’en sort pas trop mal. Bien loin d’égaler la puissance de Emmure ou de Hatebreed, il s’en sort tout de même en grossissant sa voix en la collant au micro et en poussant de longs mugissements plutôt convaincants. Néanmoins, on se rend vraiment compte de sa palette vocale sur un seul morceau, surement celui qui est le moins apprécié par les amateurs de hardcore pur, Pegasus Pegasus où le refrain est plus chanté que hurlé. On voix qu’il possède une voix claire intéressante et qui pourrait introduire le groupe dans une espèce de fusion intéressante avec des morceaux qui rentreraient plus facilement dans la tête des gens. D’ailleurs, les deux morceaux que j’apprécie le plus sont ceux où il s’essaye au chant comme sur Truths ans Lies.

Au final, Idle Hands, le premier album de Continents n’est pas un album si dégueulasse que ça. Nerveux et puissant il affiche un groupe qui possède une bonne marge de progression mais dont le premier album reste mal dégrossi et possède encore beaucoup de défaut. Bien trop redondant et répétitif, le skeud a juste le mérite de montrer un groupe à fort potentiel et qui peut frapper fort à la prochaine sortie.

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  2. Idle Hands
  3. Pegasus Pegasus
  4. Inhale
  5. Land of the Free
  6. Sheep in Wolves Clothing
  7. Regrets
  8. Loathe
  9. Trials
  10. Exhale
  11. Truths and Lies
  12. Lions Den

Note : 13/20

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Par AqME

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