décembre 5, 2020

La Fleur du Mal

De : Claude Chabrol

Avec Nathalie Baye, Benoit Magimel, Mélanie Doutey, Suzanne Flon

Année : 2003

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

La culpabilité peut-elle se transmettre, comme certaines maladies, de génération en génération ? Quels effets une faute non expiée peut-elle avoir pour le coupable mais aussi pour ses descendants et sa famille ?
A la fin de la Deuxième Guerre mondiale, dans l’atmosphère délétère des règlements de compte liés à la collaboration, une femme est acquittée d’un crime qu’elle aurait peut-être commis. De nos jours, pendant les dernières élections municipales, un tract anonyme adressé à ses descendants vient faire ressurgir ce trouble passé…

Avis :

Alors qu’il entre dans la dernière partie de sa carrière, Claude Chabrol reste toujours aussi prolifique. Ainsi, il entre dans les années 2000 avec un petit cru tenu par sa fidèle Isabelle Huppert, « Merci pour le chocolat« . Si le film se regarde et arrive à être intéressant, on reste loin des Chabrol brillants des années 60 et 70.

Mais bon revenons donc à « La fleur du mal » qui se trouve encore une fois être un petit Chabrol. Comme à son habitude, Claude Chabrol nous entraîne en milieu bourgeois pour y peindre un tableau familial qui n’est pas à leur honneur.

Et si cette « … fleur du mal » reste un petit film agréable à regarder, notamment à cause de la patte du maître, il lui manque ce petit quelque chose dans sa trame qui accroche et qui fait qu’on passe un tout autre moment de cinéma, car finalement, même si le casting est bon, même si l’ambiance est là, « La fleur du mal » n’arrive pas à surprendre et il n’y aura que dans ces derniers coups de pinceau que le tableau changera la donne, mais trop tard pour que le tout marque.

La famille Vasseur est loin de vivre des heures tranquilles en ce moment. Anne, la mère de famille, se présente aux municipales et les coups fusent de tous les coins. Si tout le monde ou presque est derrière elle, cette candidature n’est pas vraiment du goût de son mari.

La famille se voit alors encore plus agitée quand le jeune fils François, qui était parti pour les Etats-Unis, revient à la maison pour les vacances.

Avec « La fleur du mal« , Claude Chabrol nous invite au plus près d’une famille bien sous tous rapports, mais qui en intime, est loin du tableau idyllique qu’elle laisse paraître et c’est là, le point fort du film de Chabrol. Si le scénario, dans ses grandes lignes, reste assez convenu et n’arrivera pas vraiment à surprendre, hormis dans les derniers instants, Claude Chabrol arrive à faire qu’on reste intéressé par ce qu’il nous raconte. Mensonge, hypocrisie, coups bas, « cocufiage », et bien entendu secret de famille sont de la partie. Et d’ailleurs, la sève de « La fleur du mal« , c’est bien ce secret de famille, qui un peu comme un poison, ronge ses personnages sans même le savoir. Au grès des scènes qui s’enchaînent, un peu comme une mécanique trop bien huilée, « La fleur du mal » laisse apparaître un sentiment de lourdeur. Chabrol nous intrigue et sème des indices par-ci par-là. Et ces indices vont finalement nous emmener vers un final, aussi prévisible que surprenant et d’un coup, mais trop tard, « La fleur du mal » devient vraiment passionnant. En fait, on a l’impression que Claude Chabrol n’a fait que démarrer son film pendant une heure et demi, avant d’enfin l’ouvrir et le faire éclater et alors qu’on était prêt à le continuer avec plaisir, curiosité et envie, le réalisateur coupe court… Le résultat donne donc un film qui se regarde, qui se suit avec un certain intérêt, mais qui malheureusement n’arrive jamais vraiment à marquer son spectateur.

Et ce constat se ressent aussi dans la mise en scène du maître. Si le film, là encore, reste intéressant dans ses propositions, dans ses sous-entendus ou dans son final, il a aussi un petit côté brouillon, qui finit par perdre peu à peu celui qui le regarde et là encore, il faudra vraiment attendre les dernières minutes du film pour que tout, ou presque, finisse par prendre un sens.

« La fleur du mal » est donc une petite déception.

Ce Chabrol demeure intéressant, et il se regarde avec intérêt, mais on reste loin de l’intérêt ou la passion qu’on attend d’un film de Claude Chabrol. C’est donc à film mineur, qui reste à voir, sans qu’il soit une priorité, Chabrol ayant fait bien plus à découvrir.

Note : 11/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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