La Planète des Singes – Suprématie – Ape-ocalypse Now

Titre Original : War for the Planet of the Apes

De: Matt Reeves

Avec Andy Serkis, Woody Harrelson, Steve Zahn, Terry Notary

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Science-Fiction

Résumé :

Dans ce volet final de la trilogie, César, à la tête des Singes, doit défendre les siens contre une armée humaine prônant leur destruction. L’issue du combat déterminera non seulement le destin de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète.

Avis :

Saga initiée en 1968 avec un premier volet qui marquera à jamais le cinéma d’anticipation et plus globalement de science-fiction, La Planète des Singes fait peau neuve en 2011 avec une préquelle qui se divisera en trois actes. Tout d’abord Les Origines, qui montrera comment le premier singe, César, est devenu intelligent et doué de parole, mais aussi comment une grippe simiesque décime une grande partie de la population. Puis ensuite l’Affrontement, où singes et humains se côtoient dans un équilibre précaire qui explosera par la faute de Koba, un singe guerrier et virulent. Enfin, vient la Suprématie, le dernier volet qui cette fois expose comment un noyau de soldats veut exterminer les singes pour une bonne et simple raison, ils sont la cause de la décimation humaine. Le succès du premier épisode fut assez inattendu, récoltant plus de 400 millions de recette et le deuxième opus fit presque deux fois mieux. IL faut dire que la qualité était au rendez-vous et que chaque film s’impose comme un des seuls blockbusters estivaux intelligents. Quid de ce troisième volet ?

On peut directement dire qu’encore une fois, c’est un très grand film que nous livre-là Matt Reeves. Outre le fait que le film suit une logique implacable par rapport aux deux opus précédents, c’est clairement dans son message et son clairvoyance que le cinéaste fait des merveilles. Le début du métrage ne laisse aucun doute sur la place des singes, qui seront les gentils, et des humains, qui seront rapidement identifiés comme des méchants. Mais ce schéma simpliste et manichéen va petit à petit s’équilibrer autour de deux axes majeurs : l’amour et la vengeance. L’amour en premier lieu, puisque malgré des différences, certains humains sont profondément bons et croient aux singes. Perdant petit à petit la parole suite au développement du virus, l’homme va régresser tandis que le singe évolue, changeant le rapport de force, mais changeant aussi la perception du monde. On verra donc naître un amour entre une petite fille et ces singes qui vont l’accepter car ils font preuve d’amour, de compassion et de sentiments bien plus humains que ceux évoqués par Woody Harrelson. Qui pourtant ne sera pas en reste lors d’un monologue éprouvant et touchant, expliquant pourquoi il en veut tant aux singes, incluant un message à la fois bouleversant et terriblement violent. D’un côté, l’amour mène à la compassion et de l’autre, l’amour mène à la folie. Le second axe majeur de réflexion porte sur la vengeance et la haine. A quoi ça sert de se venger ? Est-ce que cela nous apportera un réconfort ? Des questions que l’on a déjà vues dans des centaines de films, mais qui prennent ici un sens différent puisqu’elles sont inversées, plaçant le singe au centre de cette réflexion.

Mais là où le film frappe fort, c’est dans l’inversion des rôles. Aussi manichéen soit-il, le film change la donne, plaçant le singe comme le plus humain des deux créatures. Les échanges entre eux, les façons de réfléchir, la compassion ou même la pitié, l’absence de peur de l’autre, tout ça forge un caractère humaniste aux animaux alors que dans un autre sens, l’humain perd peu à peu de son intelligence, de sa faculté de pardon et devient un loup. Un loup pour les singes, mais aussi et surtout un loup pour lui-même, n’hésitant pas à s’entretuer pour des différences alors que l’humanité est sur le point de décliner. De ce fait, La Planète des Singes – Suprématie peut aussi se voir comme un pamphlet contre la guerre et non pas contre l’humain, puisqu’ici la transposition se fait à travers le singe. La guerre ne mène qu’à la destruction et le combat final n’est qu’une démonstration de ce nihilisme qui nous caractérise de plus en plus. Matt Reeves signe donc un film puissant dans son message et intelligent dans sa façon d’amener la réflexion chez le spectateur.

D’ailleurs le réalisateur n’en oublie pas pour autant le divertissement. Le film est tout bonnement incroyable dans sa gestion du rythme. Dès le départ, les actions n’arrêtent pas et on a toujours quelque qui bouge, qui interpelle, mais de façon maîtrisée et apportant constamment du grain à moudre dans le scénario. D’ailleurs, le film se divise en quatre actes très précis, à savoir un début guerrier avec des hommes attaquant le fort des singes. Puis la traque de César pour retrouver ces soldats qui ont massacré sa famille. Pour aller ensuite vers l’emprisonnement et le calvaire du héros dans un camp de concentration. Et enfin, l’évasion des singes avec la bataille finale. Cette structure permet à chaque fois de faire évoluer les personnages et notamment César, qui gagne en ampleur et en épaisseur. Le personnage est terriblement attachant et le travail sur les effets visuels est à tomber par terre. On dirait clairement de vrais singes. César n’est pas le seul personnage à prendre de l’importance, on retrouvera aussi d’autres primates qui seront très intéressants, comme ce singe issu d’un zoo ou encore ce gorille qui aide les hommes et qui va découvrir le pot aux roses à la toute fin. Cette structure permet aussi de caler un rythme de croisière très soutenu, offrant beaucoup d’action, assez peu de dialogues, donnant ainsi une importance supplémentaire au discours de Woody Harrelson en milieu de métrage. Rien n’est laissé au hasard et la mise en scène demeure là aussi exemplaire.

Au final, La Planète des Singes – Suprématie est résolument LE blockbuster intelligent de l’été et certainement la plus belle façon de clore une trilogie de très grande qualité. Offrant à la fois un divertissement éclatant et une réflexion intéressante sur l’humanisme et la destruction de l’homme par lui-même, Matt Reeves réalise un grand film comme on en voit que trop rarement dans le domaine du blockbuster.

Note : 18/20

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Par AqME

 

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