octobre 24, 2020

Event Horizon – Le Vaisseau de l’Au-Delà

Titre Original : Event Horizon

De : Paul W.S. Anderson

Avec Sam Neill, Laurence Fishburne, Kathleen Quinlan, Joely Richardson

Année: 1998

Pays: Etats-Unis, Angleterre

Genre: Horreur

Résumé:

En 2047, le vaisseau spatial « Lewis & Clark » s’apprête à regagner sa base quand l’équipage reçoit l’ordre de gagner la station Daylight pour embarquer le physicien William Weir, avec lequel il doit repartir en direction de Neptune. Quelques années plus tôt, Weir avait conçu un engin spatial révolutionnaire capable de se déplacer plus vite que la lumière mais qui disparut corps et biens aux abords de Neptune. La mission du « Lewis & Clark » consiste à repérer l’épave de l' »Event Horizon », à déceler les causes de sa mystérieuse avarie et à récupérer les éventuels survivants.

Avis:

Parmi les réalisateurs qui ont une réputation de faiseurs de nanars, Uwe Boll n’est plus seul sur terre. En effet, il a un concurrent de haut vol avec Paul W.S Anderson, un américain qui a pour fait d’armes des films tels que la licence Resident Evil ou encore Pompéi avec Kit Harrington ou bien le savoureux Alien Vs Predator. Bourrin sans âme qui nourrit un culte immodéré pour les ralentis et les combats en ligne droite dans un couloir, le cinéaste a pourtant connu des heures de gloire, notamment à ses débuts, avec Soldier mais aussi et surtout Event Horizon – Le Vaisseau de l’Au-Delà. En effet, malgré sa propension à adapter des jeux vidéo (Resident Evil bien évidemment, mais aussi Mortal Kombat et prochainement Monster Hunter) ou à dénaturer des œuvres historiques (Les Trois Mousquetaires et Pompéi), il a connu son apogée avec un film d’horreur spatial qui aujourd’hui encore fonctionne à plein régime et s’avère d’une efficacité sans faille.

Dès le départ, on est happé par le score de Michael Kamen, très angoissant et qui montre un Sam Neill torturé par le fantôme de sa femme. Il n’en faut pas plus pour installer une tension palpable et surtout un scénario assez simple, mais qui montre à quel point dans l’espace, nous sommes seuls. Ce ressenti se fait grâce à une mise en scène ingénieuse de Paul W.S. Anderson qui, à l’aide de plan large, faire ressortir la petitesse de l’être humain face à l’immensité de l’espace, mais aussi sa solitude. Les structures spatiales sont grandes mais vides et ce n’est pas en montant à bord du vaisseau de sauvetage que cela va changer. Les présentations avec l’équipe de secours sont sommaires, mais l’ensemble fonctionne plutôt bien, s’appuyant sur très clairement sur Alien, Le Huitième Passager, lorsque tous les passagers se réveillent. On retrouve donc des personnages bien à leur poste, avec des fonctions utiles et des façons de penser bien personnels. Entre le sanguin, le cool ou encore la mère de famille qui doit faire des sacrifices, le scénario met en avant des personnages assez clichés, mais simples et donc crédibles.

En fait, ces personnages ne sont pas attachants en eux-mêmes. C’est-à-dire qu’ils ne créent pas de suite une empathie avec le public. Leurs réactions sont parfois démesurées ou inappropriées, mais ce qui compte vraiment, c’est que la cohésion d’équipe est là et qu’il n’y a pas de personnages à part, hormis peut-être le médecin de bord, mais encore une fois, les relations au sein de l’équipage est saine et c’est ce qui fait que l’on va aimer les suivre à la rescousse de ce vaisseau. Et de là va provenir la tragédie, où chacun va essayer de sauver la peau de l’autre en faisant face à ses propres démons. Rarement exploiter au cinéma (voire jamais), Paul W.S. Anderson décide de revisiter l’enfer au sein d’un vaisseau perdu aux confins de Neptune. Laissant toujours planer le doute sur la menace qui tue à petit feu tous les membres de l’équipage, le réalisateur s’amuse à torture tout ce petit monde avec des images fantomatiques et qui approfondissent en plus la psychologie de certains protagonistes. La jeune maman revoie son fils dans un état lamentable, le chef d’équipe voit un ancien ami brûlé vif, alors que le docteur Weir, celui qui a conçu ce vaisseau, voit sa femme, alors qu’elle s’est suicidée. Des flashbacks sous forme horrifique qui vont hanter les personnages pour faire monter une tension palpable. Event Horizon est un film d’horreur qui prend aux tripes car chaque passage horrifique sert à quelque chose et apporte soit un élément du scénario, soit un approfondissement du personnage.

On pourra peut-être reprocher au film de partir dans le grand-guignol sur la fin et notamment sur la baston entre le chef d’équipage et le docteur Weir qui, sans surprise, sera le grand méchant du film. Cependant, c’est lorsque le compteur des morts se débloque que le film va pleinement s’ouvrir sur l’enfer. On ressent l’influence de Hellraiser dans ce film, avec des séquences gores qui ne sont pas sans rappeler les délires sadomasochistes des cénobites. Sauf que là encore, c’est pour démontrer que c’est bien en enfer que le vaisseau est allé et qu’il n’y a plus de retour possible. Les morts sont assez spectaculaires et certaines séquences demeurent encore aujourd’hui puissantes, comme ce montage hyper cut de l’équipage précédent qui s’entretue dans un déluge de torture et moments trashs, comme on en fait plus. C’est très dark, mais cela correspond bien à cette volonté de montrer l’enfer, et il y a une vraie corrélation entre l’ambiance, poisseuse et sombre, et le côté gore, qui rajoute une dose de malaise. D’autant plus que ce film apporte un certain nihilisme sur la nature humaine, comme quoi on ne peut échapper à ses démons et que chacun d’entre nous à des squelettes dans son placard avec lesquels il faut cohabiter pour pouvoir vivre sereinement.

Au final, Event Horizon – Le Vaisseau de l’Au-Delà est une belle réussite de la part de Paul W.S. Anderson. Souvent décrié comme un crétin sans talent et dont chaque nouveau film est une raison pour se faire un plaisir coupable (ou masochiste), il ne faut pas oublier cette œuvre du réalisateur, qui délivre un film solide, gore, angoissant, étouffant, qui pourrait être le chaînon manquant entre Alien pour l’ambiance et Hellraiser pour la thématique. Bref, un film d’horreur qui fonctionne toujours aujourd’hui et qui, pour l’époque, ne sombre pas dans le teen movie horrifique pour flatter une certaine population. Event Horizon, c’est cru, c’est dur et même si certains effets spéciaux ont souffert, il n’en demeure pas moins qu’il a inspiré d’autres cinéastes par la suite et rien que pour ça, Paul W.S. Anderson mérite tout le respect qu’on lui doit.

Note : 17/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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