Cars 3 – Boîte de Transmission

De : Brian Fee

Avec les Voix de Owen Wilson, Larry the Cable Guy, Armie Hammer, Cristela Alonzo

Année : 2017

Pays : Etats-Unis

Genre : Animation

Résumé :

Dépassé par une nouvelle génération de bolides ultra-rapides, le célèbre Flash McQueen se retrouve mis sur la touche d’un sport qu’il adore. Pour revenir dans la course et prouver, en souvenir de Doc Hudson, que le n° 95 a toujours sa place dans la Piston Cup, il devra faire preuve d’ingéniosité. L’aide d’une jeune mécanicienne pleine d’enthousiasme, Cruz Ramirez, qui rêve elle aussi de victoire, lui sera d’un précieux secours…

Avis :

Depuis la fusion entre Disney et Pixar, les dessins animés qui sortent chaque année sur nos écrans sont de bonne qualité. Si on peut se plaindre parfois de la fainéantise de certains à ressasser les mêmes idées dans des contextes différents, il n’en demeure pas moins qu’au niveau de l’animation, il reste au-dessus de Dreamworks, le principal concurrent. Attention, on ne dit pas que Dreamworks fait du travail de sagouin, mais il est très difficile d’exister quand Disney et Pixar sortent l’artillerie lourde. En 2006, la firme frappait un grand coup avec Cars. Film avec des voitures qui parlent, le succès fut rapidement au rendez-vous et permit à des millions d’enfants de voir que pour réussir ce que l’on veut, il faut s’entrainer, se surpasser et surtout écouter les anciens. Film portant aussi sur l’humilité, Cars était une petite pépite. Sauf que le deuxième volet va complètement changer la donne. Délaissant Flash McQueen pour se focaliser sur Martin et placer une intrigue à la James Bond, le film se perdait dans un spectacle bon enfant, mais qui n’avait pas la force du premier. On était donc en droit de craindre pour le troisième opus.

Les premières bandes-annonces étaient relativement impressionnantes. Technique irréprochable, une tonalité très sombre, une vraie mise en scène dramatique, bref, tout semblait réuni pour que Cars 3 soit un carton. Est-ce vraiment le cas ?

Première réalisation pour Brian Fee, qui n’est pas un inconnu pour autant, puisqu’il était déjà à l’origine des storyboards des deux premiers opus, on peut dire que le jeune cinéaste possède un sacré œil. La première chose qui frappe quand on regarde Cars 3, c’est la technique. S’inspirant des vraies courses de Nascar, le film possède une réalisation dynamique à tomber par terre et des effets visuels tout bonnement bluffants. Utilisant une nouvelle technique de photo-réalisme, le métrage prend une dimension incroyable et titille fréquemment la rétine. Les décors sont splendides, les effets rendus du sable, de l’asphalte ou encore de l’humus dans la forêt force le respect tant on dirait que cela a été filmé en vrai. Mais ce n’est pas tout. Le film arrive à allier des moments assez intimistes, comme des rencontres dans un bar, avec des moments plus grandiloquents, notamment à l’annonce de la dernière course avec un circuit magnifique. Très clairement, le film impressionne et on sent que l’animation vient de franchir un nouveau cap au niveau technique.

Mais que serait un Cars sans son intrigue. Exit les espions britanniques, on revient ici à l’essentiel, à savoir la course automobile et la victoire. Faisant évoluer son film avec son temps, Brian Fee propose alors de voir Flash McQueen à la traine à cause d’une nouvelle génération de voitures, plus puissantes, s’entrainant sur des simulateurs qui montrent les meilleures trajectoires pour gagner. Le film confronte alors le héros du film à sa fin programmée sur les circuits et son départ à la retraite. Un sujet complexe pour les petits, mais qui peut résonner chez les adultes, notamment les sportifs qui voient leurs performances décliner au profit des plus jeunes. A partir de là, le sujet va alors dériver vers ce qu’avait proposé le premier film, à savoir un entrainement intensif, une volonté de se dépasser et de montrer que malgré son âge, on n’a pas à avoir peur de la jeune génération. Classique dans son fond, le film va se différencier du premier sur sa forme. En effet, si on retrouve le fait de s’inspirer des aînés pour réussir, le film fait la distinction entre s’entrainer en salle sur simulateur et l’entrainement dans la nature, le vrai, celui que l’on pourrait apparenter à l’école de la vie. Un message sain et porteur qui va même permettre à notre héros de faire découvrir cela à une nouvelle arrivée, Cruz Ramirez, une jeune voiture hybride et coach sportive de salle, qui va elle aussi évoluer et découvrir de nouvelles choses.

Les similitudes avec le premier film ne s’arrêtent pas là. On pourra reprocher au film de faire dans la redite, notamment avec un autre ancien personnage qui va entrainer Flash, mais c’est pour mieux surprendre par la suite. Oui, le film joue encore sur la passation de pouvoir, mais pas forcément celle que l’on attendait et c’est là toute la justesse du métrage qui prend en compte le temps qui passe, même pour les héros de films. La relation entre Flash et Cruz est saine, drôle, en plus d’avoir une évolution cohérente et convaincante. En dehors des messages sur la comparaison entre le virtuel et l’expérience véritable, ainsi que sur la transmission, Cars 3 propose une vision très cynique de l’entreprise et des sponsors. Comme dans le premier, on retrouve des patrons d’entreprise qui misent gros sur les bolides afin de faire fructifier les ventes de produits dérivés. Le film n’échappe pas à la règle mais il va fournir une petite nuance avec un patron pas forcément désagréable, pas forcément méchant, mais qui pense avant tout à son argent et non pas à l’humain, car ne nous leurrons pas, à travers ces petites voitures, on parle bien d’êtres humains. Ce message s’adresse bien évidemment directement aux adultes qui trouveront donc leur compte avec ce film.

Un film qui va aussi faire exploser les clivages garçon/fille. Qui a dit que les films de la licence Cars n’étaient que pour les petits mecs ? Avec ce troisième volet, Disney et Pixar entendent bien lancer un gros doigt d’honneur à tous ceux qui pensent que les garçons doivent aimer le bleu et les filles le rose. Cruz Ramirez est une jeune fille pleine de désillusions que Flash McQueen va prendre sous son aile et à travers son vécu, on va bien voir les brimades et autres moqueries que subissent les filles lorsqu’elles veulent faire un sport de « garçon ». Cars 3 propose donc une vision féministe saine et nécessaire pour que l’on arrête de croire que certaines choses sont sexuées. D’autant plus que le film est bourré de personnages féminins forts, inspirants, à l’image de cette vieille voiture, première championne de circuit qui explique qu’elle a dû s’imposer dans ce milieu d’hommes pour être acceptée. Le message est important, beau et fait avec une réelle intelligence et surtout une grande tolérance.

Au final, Cars 3 est une réelle réussite, tant sur le plan du fond que de la forme. Puisant son inspiration dans le premier film, Brian Fee propose une relecture plus moderne, qui se base encore une fois sur fois sur la transmission et sur les méthodes anciennes qui sont toujours efficaces, les opposant aux nouvelles technologies qui n’auront jamais la même saveur que les expériences dans la vie de tous les jours. Il en résulte un film impressionnant visuellement, mais surtout intelligent sur son fond, en plus d’être divertissant et s’adressant aussi bien aux parents qu’aux enfants. Bref, certainement l’un des meilleurs films d’animation de l’année.

Note : 18/20

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Par AqME

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