The Crow – La Cité des Anges

Titre Original : The Crow : City of Angels

De: Tim Pope

Avec Vincent Perez, Mia Kirshner, Richard Brooks, Iggy Pop

Année: 1997

Pays: Etats-Unis

Genre: Action, Fantastique

Résumé :

Cette fois, le corbeau va choisir Ashe et son petit garçon Danny, témoins involontaires d’un règlement de compte entre bandes qui provoqua leur mort, pour revenir parmi les vivants et assouvir une implacable vengeance malgré Sarah, qui cherchera à retenir par son amour cet être surnaturel.

Avis :

Depuis quelques années maintenant, les adaptations de comics fusent dans tous les sens au cinéma. Entre le Marvel Universe et DC Universe, les fans de super-héros en ont pour leur argent, malgré le fait que les films soient relativement formatés. Mais on a tendance à oublier qu’avant ces deux grosses machines à fric, d’autres réalisateurs et studios ont déjà adapté du comics, essayant de coller au maximum à l’intrigue originale et de plaire aux fans du format papier. Si Hellboy peut faire partie d’outsider, ne correspondant à aucune des deux maisons de production, puisqu’il est édité chez Image Comics, on oublie aussi The Crow, un film sorti en 1994 et qui a un passif relativement tragique. Ecrit en 1989 par James O’Barr afin qu’il puisse surmonter le décès de sa petite amie à cause d’un conducteur ivre, le comics finit par trouver un petit succès, mais c’est surtout son adaptation qui va devenir un film iconique pour une génération. Et bien évidemment, qui dit succès au cinéma, dit suite. Et généralement, on tombe rapidement sur tout ce qu’il ne faut pas faire dans le cinéma.

Suite au décès de Brandon Lee sur le tournage du premier opus (ce qui alimenta la légende et la réputation du métrage), il a fallu trouver un remplaçant et donc une nouvelle intrigue. Exit donc Eric Draven et bonjour Ashe, un jeune papa qui va trouver la mort avec son fils de huit ans à cause d’un gang de malfrats qui ne voulait pas laisser de témoins gênants. Revenant d’entre les morts, il comprend rapidement, avec l’aide d’une jolie jeune femme, qu’il est revenu sur terre pour se venger et dézinguer tout le gang de celui que l’on appelle Judas. Nouveau pitch donc, pas si éloigné que ça du précédent et surtout héros, incarné ici par le frenchy Vincent Perez. Faut-il rajouter autre chose ? C’est-à-dire que Brandon Lee incarnait The Crow, c’était lui et personne d’autre. C’est comme filer le costume de Freddy à quelqu’un d’autre que Robert Englund, ça ne marche pas. Rajoutons à cela que Vincent Perez joue très mal, devenant un guignol pleurnichard qui utilise très mal ses pouvoirs. Mais ce n’est pas le seul miscast. On peut aussi compter sur Richard Brooks dans le rôle du grand méchant qui se trimballe torse nu avec une serviette de plage autour des hanches, Thomas Jane en voyeur amateur de la branlette ou encore Iggy Pop qui pense détenir le rôle de sa vie et qui ne sait pas tenir un pistolet. On obtient donc un conglomérat de non charisme assez gênant.

Mais ce n’est pas tout. L’intrigue est d’une banalité affligeante. On a donc un père qui vient venger son fiston et qui va buter tous les membres du gang les uns après les autres. Le film se suit donc à une vitesse folle, presque hystérique où toutes les dix minutes, un méchant meurt et The Crow s’amuse à faire des dessins en forme de corbeau. Parfois avec du verre, des fois avec du sang et on aura même un dessin avec des fleurs. Bref, c’est très stéréotypé mais c’est surtout très pauvre. On aura bien du mal à se prendre d’affection pour ce père qui pense son temps à ressasser le passé tout en pleurnichant. Les flashbacks sont mal amenés, cassent le rythme et sont très redondants. D’autant plus que la raison de la mort est complètement incohérente, avec un gosse qui entend un coup de feu et qui va quand même voir ce qui se passe. Et que dire du twist final qui est complètement hors de propos. Bref, d’un point de vue scénaristique, c’est la douche froide, pour ne pas dire l’abîme profond.

Et tout ça ne sera jamais rattrapé par la mise en scène. Il faut dire que Tim Pope était un rookie à l’époque et qu’il faisait ses premières armes sur ce métrage. Ce sera d’ailleurs le seul qu’il réalisera. Et on comprend très vite pourquoi il a laissé tomber les commandes. Premièrement, le film est très mal étalonné. On a une saturation de teintes jaunes qui font que l’on a l’impression de voir le film à travers les yeux de quelqu’un qui a une maladie du foie. Les couleurs sont inexistantes et ne réside que ce jaune pisse dégueulasse. On comprend bien que c’est pour donner un aspect maladif à la ville, mais cela ne marche vraiment pas. D’autant plus que de la ville, on ne verra que trois plans aériens suivant un corbeau, puis trois hangars et un concert de métal. C’est peu et ça sent le tout petit budget. Et que dire que la réalisation pure. C’est une catastrophe. Le montage est hyper cut et clipesque, les courses-poursuites sont incohérentes et la shaky-cam pousse à l’envie de vomir, tout ça sans parler des scènes d’action illisibles. Le seul point positif de ce film, c’est que finalement, par moments, c’est un peu osé pour une adaptation de comics. On aura donc un Thomas Jane en pleine branlette, mais aussi un meurtre d’enfant avec des personnages qui en rigolent. C’est peu de chose, mais il faut bien se rattraper là où l’on peut.

Au final, The Crow – La Cité des Anges est un navet pur souche, celui que l’on regrette d’avoir vu et qui nous laisse les yeux rouges sang, la faute à des couleurs imbuvables et une mise en scène surexcitée. Pour couronner le tout, le casting n’en a clairement rien à foutre et l’histoire est insipide au possible, voire nauséabonde, avec son pseudo message sur la vengeance, comme quoi, tuer tous les responsables apportent la paix. Bref, un film qui ne restera pas dans les annales et qui mérite une fois de plus qu’on lui vole dans les plumes.

Note : 03/20

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Par AqME

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