La Colle – La Chanson du Samedi

De : Alexandre Castagnetti

Avec Arthur Mazet, Karidja Touré, Thomas VDB, Alexandre Achdjian

Année : 2017

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Benjamin hérite injustement de deux heures de colle un samedi. Il réalise une fois sur place que Leila, la fille dont il est secrètement amoureux, fait partie des collés ce jour-là. Et mieux encore : elle vient s’asseoir à côté de lui car il est le seul à avoir son livre de maths ! Alors qu’il va aux toilettes se rafraîchir les idées, lorsqu’il en revient, il se retrouve projeté comme par magie au moment où Leila vient s’asseoir à côté de lui !
Benjamin est bloqué dans une boucle temporelle : s’il s’éloigne de Leila plus de trois minutes, il est renvoyé au début de la colle ! Et tout ça parce que le génie de l’application Akinator a exaucé son vœu de la veille : « Je voudrais que Leila et moi on soit ensemble »…
Coller aux basques de Leila jusqu’à la sortie, obtenir un baiser de gré ou de force, Benjamin va tout tenter pour sortir de ce piège, en se coltinant un pion tortionnaire, un gardien libidineux, une infirmière un peu spéciale et la pire bande de cancres du lycée….

Avis :

Alexandre Castagnetti, c’est l’autre parti du duo Marchand/Castagnetti, les deux mecs qui faisaient « La chanson du Dimanche« . Mais mis à part ça, on ne peut pas dire qu’Alexandre Castagnetti nous ait offert du bon, car c’est aussi lui qu’on trouve derrière des films comme « L’Incruste, fallait pas le laisser » ou « Le Grimoire d’Arkandias« . Que nous réserve-t-il avec La Colle, sa nouvelle comédie ?

Et bien ce n’est pas si mal que ça. Alors certes, c’est parfois lourdingue, et il faudra passer le côté poussif du début, mais au final, on se laisse prendre au jeu et sur l’instant, « La colle » peut faire passer un bon moment.

Ben est amoureux de Leila depuis plusieurs années, mais il est incapable de lui parler. Collégien modèle, Ben va pourtant se faire coller un samedi après-midi sur un malentendu. Ben pensait passer deux heures de colle interminables en compagnie des cas sociaux de son lycée ce samedi après-midi-là, mais ce qu’il ne savait pas, c’est que premièrement, Leila est collée elle aussi et beaucoup plus étrange, dès que Ben va s’éloigner de Leila plus de trois minutes, il va revenir systématiquement au début de la colle.

Voilà donc la toute petite surprise de ce mois de Juillet. Avec ses bandes-annonces qui n’annonçaient rien de bon. Avec cet humour lourd (lourd mais pas gras) que l’on reproche si souvent au cinéma français, « La colle » n’avait pas beaucoup d’arguments pour lui, et pourtant, le petit « miracle » s’est passé, puisque cette « … colle » est comme qui dirait pas si mal que ça.

Doté d’un scénario qui oscille entre facilité déconcertante et de vraies bonnes idées, le film d’Alexandre Castagnetti va pourtant trouver son charme et sa vitesse de croisière. Ce qui est bien avec cette « … colle« , c’est l’envie d’essayer de faire autre chose. C’est l’envie, avec quelque chose qui se veut et qui est parfois cool, de faire un film qui porte de belles valeurs, tout en s’essayant ici au fantastique.

« La colle » est un film qu’il faut prendre comme il nous parvient, avec sa masse de défauts, et même ses agacements au début, mais surtout ses qualités, car il en a.

Il est vrai que lorsque l’on entre dans cette « … colle« , le portrait donne pas envie. Tout ou presque est abusé, grossi et cliché. Les blagues ont plus tendance à faire souffler que rire et bien souvent ça tombe à l’eau. Mais quand on s’accroche, peu à peu, l’humour lourd s’estompe et il laisse place à un film plus intéressant.

Plus intéressant, premièrement dans son histoire et la façon dont le héros va bien pouvoir se sortir de cette boucle temporelle. Chaque nouveau voyage s’approche d’une enquête et le héros va devoir découvrir pourquoi ceci lui arrive, comment rompre le tout et surtout avancer. Et c’est là que le deuxième entre en action, car c’est à travers ce piège que va vivre son personnage que le réalisateur va prendre le temps d’explorer ses personnages ô combien caricaturaux. Plus subtil qu’il n’en a l’air, « La colle » va prôner de belles valeurs, comme le fait d’aller plus loin que l’apparence des autres. Que derrière chaque personne qui s’invente un personnage, il y a une histoire et que peut-être que certaines choses peuvent être expliquées. Alexandre Castagnetti aborde aussi le regard des autres et surtout celui qu’on s’impose à soi-même, qui est sûrement celui qui est le plus dur. Il parle aussi de la confiance en soi ou encore du passé et les écorchures qu’on peut en garder. Bref, c’est assez surprenant et surtout, c’est assez touchant.

Visuellement, « La colle » a son petit quelque chose. Il a sa sincérité, sa petite folie, tenue par de bons comédiens, Arthur Mazet, Karidja Touré et Noémie Chicheportiche en tête. La dernière est vraiment très très drôle dans son rôle de fausse racaille.

On remarquera aussi que « La colle » développe même son propre univers, ce qui est plaisant (un univers coloré, chapitré de jolie manière). Alexandre Castagnetti capture un instant sympathique et offre un film urbain, moderne, qui certes a des défauts, (et sur les années, il sera même vite oublié, la faute à cet humour lourd et son ouverture qui ne donne pas forcément envie, et ce final, un peu trop naïf) reste, je le répète, divertissant et sympa sur l’instant.

« La colle » est donc une petite surprise qui se laisse regarder, qui sera même capable de vous faire rire de temps en temps, et même s’il a ses inconvénients, de manière optimiste, c’est plus ses qualités et le bon moment passé que l’on a envie de garder en tête.

Note : 11/20

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Par Cinéted

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