octobre 26, 2020

Preservation

De : Christopher Denham

Avec Wrenn Schmidt, Pablo Schreiber, Aaron Staton, Cody Saintgnue

Année : 2014

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Une anesthésiste accompagne à la chasse son mari et son beau-frère. Lorsque les 2 hommes sont capturés, la jeune femme doit écouter son instinct…

Avis :

Quand on est un acteur, on a bien souvent envie de jouer aussi les réalisateurs. Jodie Foster, Clint Eastwood, Sean Penn, Albert Dupontel, Ryan Gosling sont autant d’acteurs talentueux qui ont passé le cap de la réalisation avec plus ou moins de succès. Même chez les acteurs un peu moins connus, on peut recenser des personnalités ayant eu une folle envie de changer de casquette. Parmi eux, voilà que Christopher Denham tente l’expérience. Comédien dans des films comme Money Monster, Argo ou encore The Bay, mais aussi dans des séries comme Manhattan ou The Following, Preservation est le premier film de l’acteur. Et comme bien souvent pour un premier film, Christopher Denham choisit l’horreur et signe un survival très classique, peut-être un peu trop, avec des acteurs approximatifs et surtout, une absence flagrante de morale et d’empathie pour ses personnages. Un film raté donc, qui avait pourtant son lot de bonnes idées.

Wit est une jeune anesthésiste qui accompagne son mari et son beau-frère à la chasse. Ce dernier est revenu de guerre et souffre d’un léger syndrome post-traumatique. C’est d’ailleurs pour cela que le couple l’accompagne dans sa virée en forêt. Cependant, lorsqu’au réveil les tentes et les affaires de tout le monde a disparu, le trio se doute bien qu’ils ne sont pas seuls dans cette forêt. Comme on peut s’en rendre compte, le pitch est ultra classique et il n’y aura aucune surprise au bout du film. Christopher Denham choisit la facilité et livre un métrage bien trop classique pour emporter son spectateur. Il dire que dès le départ, on va avoir énormément de mal à ressentir de l’empathie pour les personnages. Entre le frère venant de l’armée qui est colérique, l’autre qui passe son temps au téléphone pour communiquer avec son boulot et qui délaisse et sa femme et cette dernière qui passe son temps à souffler et râler (pour peu, on pourrait croire qu’elle est française), on a beaucoup de mal à s’attacher à eux. D’ailleurs, leur sort nous importera peu et les différentes victimes ne nous toucheront pas. Un comble pour un film d’horreur, dont le but est de susciter l’émoi, la peur, en faisant ressentir les choses au spectateur grâce à leur attachement aux personnages. Les scripts étant quasiment inexistants, c’est clairement la partie la plus raté du film.

L’autre échec critique concerne les effets de peur. Tout, absolument tout, est attendu et prévisible, ce qui ne peut déclencher aucun frayeur, surtout si l’ambiance n’est pas au rendez-vous. Avec Preservation, on se retrouve dans un mélange maladroit de Eden Lake et de Wilderness. On aura donc trois personnages perdus en pleine forêt et pris en chasse par trois jeunes masqués qui semblent jouer à un jeu. Et le film ne va pas chercher plus loin, oubliant même de mettre en place une morale, totalement absente du métrage. En voulant faire au plus simple, Christopher Denham livre un film transparent, insipide et que l’on a la sensation d’avoir vu des centaines de fois. Même au niveau des jeunes tueurs, on n’aura pas vraiment d’explication à leurs motivations et cela ne fera que rendre le métrage encore plus mauvais. Et que dire des meurtres et des effets gores. Ils sont tous insipides et parfois incohérents. On peut blâmer les personnages gentils du film de ne jamais tuer pour de bon les méchants, ce qui les emmène inéluctablement à leur propre mort de façon stupide. On sera même atterré par la bêtise de la scène dans les toilettes de chantier, incohérente au possible. Et pour le sang, il ne sera quasiment jamais présent.

Alors que reste-t-il pour ce film ? Pas grand-chose si ce n’est une réalisation assez propre et qui évite la shaky-cam ce qui est déjà une bonne chose. Par contre, l’ambiance sera au abonné absent, le réalisateur n’arrivant jamais à utiliser de façon concrète la forêt et son allure inquiétante. On retrouve des jeux pour enfants abîmés, un vieux chalet à l’état d’abandon, quelques toilettes de chantier, mais rien qui ne fasse frémir le spectateur. De plus, le film étant tourné de jour, sous un soleil éclatant, il manque vraiment un élément pour susciter de la peur ou de l’inquiétude. C’est dommage car le film possède une bonne scène, dans un vieux musée dégueulasse où l’on suit un des jeunes et là, on sent une certaine pression grâce à l’ambiance imposée par les bestioles empaillées et l’endroit vraiment lugubre. C’est tout de même peu de chose. Et que dire de la fin du film, tout simplement imbuvable et incohérente, qui essaye désespérément de faire monter la tension avec deux/trois retournements pas vraiment intéressants et très téléphonés.

Au final, Preservation est un mauvais film d’horreur, voire même un mauvais film tout court. Christopher Denham essuie les plâtres de la plus mauvaise des façons. Voulant faire un film simple et simpliste, il réalise un métrage sans âme, sans réel savoir-faire et qui ne fait absolument pas peur. La faute à une mise en scène fainéante et des acteurs mauvais en plus de personnages imbuvables et pour lesquels on ne ressent aucune empathie. Bref, un échec sur toute la ligne.

Note : 03/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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