décembre 5, 2020

Odd Thomas Contre les Créatures de l’Ombre

Titre Original : Odd Thomas

De : Stephen Sommers

Avec Anton Yelchin, Addison Timlin, Willem Dafoe, Patton Oswalt

Année: 2013

Pays: Etats-Unis

Genre: Fantastique

Résumé:

L’adaptation des livres de Dean Koontz, racontant l’histoire d’un homme qui a le pouvoir de voir les morts, sans pouvoir les entendre.

Avis:

Au même titre que Stephen King, Graham Masterton ou Peter Straub, Dean Koontz fait partie de ces auteurs littéraires horrifiques qui connaissent un succès retentissant à chaque sortie de livre. Peut-être moins mis en avant en France, l’auteur n’en demeure pas moins convaincant et livre à intervalles réguliers des romans de plus ou moins bonne qualité. Alors forcément, quand Stephen Sommers commence à s’intéresser à l’Etrange Odd Thomas, cela attise la curiosité. Sauf en France. Sorti en 2013 aux States, le film subira les foudres des distributeurs et ne sortira jamais en salles, se condamnant à une simple sortie DVD, dans un anonymat complet. Un destin funeste pour un film qui n’en méritait pas tant, loin de là et qui en plus d’avoir un réalisateur ayant plutôt bonne presse (qui de plus familial et entertainement que Stephen Sommers, le papa de La Momie avec Brendan Fraser), se compose aussi d’un casting de choix avec un regretté Anton Yelchin parfait et un Willem Dafoe en grande forme.

Odd Thomas (que l’on gratifie en France d’un futile « contre les créatures de l’ombre ») raconte l’histoire d’un jeune homme pas comme les autres, puisqu’il peut voir les fantômes et ces derniers, sans lui parler, lui donne des indices quant à leur mort. Bien évidemment, la suite est assez logique, Odd va aider les fantômes pour qu’ils puissent retrouver la paix et partir. Mais pour éviter de faire comme la lénifiante série Ghost Whisperer, Odd peut aussi voir les Bodachs, des créatures maléfiques qui ne sont attirer que par l’odeur du sang et présagent un futur massacre. Bien évidemment, Odd commence à s’inquiéter lorsqu’il voit des centaines de Bodachs envahir sa ville et il perçoit l’imminence d’un attentat. En lien avec le chef de la police, qui est au courant des pouvoirs du jeune homme, Odd va tout faire pour éviter le massacre.

Dans les faits, Odd Thomas n’a rien de vraiment original. Un jeune homme que tout le monde trouve bizarre, a la capacité de voir les morts et de les aider à rejoindre l’au-delà. On a déjà vu ça des centaines de fois et ce n’est pas là-dessus que Stephen Sommers va miser, fort heureusement. L’intrigue principale tourne autour du pouvoir d’Odd, qui va s’en servir pour mener une enquête. Ainsi donc, on est clairement dans un film policier fantastique avec une grosse enquête et un montage qui fait exprès de laisser des zones d’ombre afin que le spectateur se fasse piéger à chaque fois. S’aidant d’un montage dynamique, très frais, qui lorgne parfois du côté de Detention (autre excellent film), Odd Thomas fait la part belle aux multiples pistes et suscite ainsi l’attention du public. Mais en plus de cela, Stephen Sommers renforce la mythologie de cette œuvre avec les Bodachs, des créatures difformes hargneuses, qui rajoutent un élan dramatique. En effet, Odd doit faire semblant de ne pas les voir, sous peine de se faire tuer par elle. Cela rajoute du piment et force Anton Yelchin, excellent dans ce rôle, à trouver des petits trucs pour feindre l’ignorance. Un rôle complexe que le jeune et regretté comédien subjugue facilement.

D’ailleurs, le film ne sera pas qu’une enquête avec des indices que seul le personnage principal pourra voir, c’est aussi un film sur des personnages. Odd Thomas est considéré par tout le monde comme quelqu’un de bizarre et qui n’a pas toute sa tête. Pourtant, on ressent rapidement un grand élan de sympathie pour lui, notamment grâce au montage qui montre quelques petits flashbacks sur son enfance, mais aussi et surtout grâce à sa bienveillance. Odd Thomas est un vrai héros, qui se surpasse pour sauver les siens, même si cela doit lui coûter une certaine disgrâce. Il arrive à se maintenir grâce à son histoire d’amour avec Stormy (sublime Addison Timlin), une jeune fille dynamique, qui connait son secret et l’accepte depuis leur plus tendre enfance. Cette romance renforce vraiment toute l’empathie que l’on a pour les personnages car elle est saine et simple. Elle est même crédible dans un film où pourtant, rien ne l’est vraiment. On se réjouira aussi du rôle paternaliste de Willem Dafoe, lui aussi touchant et bienveillant. Tout cela renforcera le rôle des méchants, leur donnant un aspect ignoble, souhaitant tuer de simples innocents pour paraître ensuite comme des héros. Stephen Sommers gère tout ce petit monde à la perfection et c’est en grande partie pour cela que le film fonctionne, grâce à ses personnages attachants.

Alors oui, tout n’est pas parfait non plus dans ce métrage. On pourra regretter des effets spéciaux numériques un peu dégueulasses, notamment lorsqu’il s’agit d’animer les bodachs. On remarquera les images de synthèse et certains effets sont grossiers. On pourra aussi pester contre le fait qu’il soit impossible de deviner les meurtriers avant la fin. Si certaines pistes s’offrent à nous et que parfois les « macguffins » sont un peu grossiers, comme le coup de la nana qui se fait bouffer par deux rottweilers, mettant en scène un nouveau personnage, il sera très difficile de deviner tous les protagonistes du complot avant le dénouement final. Mais encore une fois, ce n’est pas bien grave, puisque le réalisateur trouve la recette parfaite entre divertissement et émotion. Au-delà des personnages, la toute fin sera terriblement sensible, allant même jusqu’à tirer une larme au spectateur (oui, je pleure facilement devant les films, mais pour le coup, ça fonctionne parfaitement). Cette fin fonctionne aussi parce que l’on s’est attaché aux personnages et que la romance initiée depuis le début du métrage est parfaitement orchestrée sur la fin. Stephen Sommers crée une émotion inattendue, et qui prend encore plus d’ampleur avec la mort d’Anton Yelchin.

Au final, Odd Thomas contre les Créatures de l’Ombre est un excellent film que rien, absolument rien, ne destinait à finir dans les bacs à DVD sans aucune sortie en salles. Film fantastique prenant et touchant, Stephen Sommers livre une petite bombe aussi bien divertissante qu’émouvante sur sa fin, alternant avec un certain génie entre les genres, puisant dans la comédie et l’horreur, mais aussi le policier et le fantastique, pour fournir une pellicule de qualité qu’il serait de bon ton de réhabiliter.

Note: 18/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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