octobre 24, 2020

Les Royaumes Oubliés – La Trilogie des Avatars T.03 – Eau Profonde – Richard Awlinson

Auteur : Richard Awlinson

Editeur : Fleuve Noir

Genre : Fantasy

Résumé :

On a retrouvé l’une des Tablettes du Destin. Le dieu des Conflits est mort avec des milliers d’autres victimes, mais les Royaumes ne sont pas encore sauvés : où est l’autre Tablette ? Alors l’éblouissante Minuit, flanquée de ses compagnons, reprend la quête jusqu’au Royaume des Morts, guettée par le funèbre Myrkul. Bientôt ils atteindront Eau Profonde, la Cité des Splendeurs, où le monde a une chance de retrouver son équilibre … mais à quel prix ?

Avis :

Terminer une trilogie est toujours difficile, surtout quand on s’est attaché à ses personnages. Mettre un point final à une histoire, c’est souvent un crève-cœur pour les écrivains, mais cela peut aussi être vécu comme une délivrance. Avec la Trilogie des Avatars, Richard Awlinson avait une lourde tâche, proposer une histoire originale dans un monde connu pour de nombreux rôlistes et initier une collection qui n’allait s’arrêter que bien des années plus tard. Un défi de taille qui fut moyennement mené par les deux premiers tomes qui, s’ils furent sympathiques, ne furent pas pour autant inoubliables. Très classiques dans leurs démarches, les deux premiers romans étaient des mises en bouche. A-t-il fait mieux avec cette conclusion ?

La réponse est oui. Au risque de paraître étonnant, mais cette conclusion fait du bien et reste relativement cohérente avec les deux premiers volets. On retrouve donc nos quatre personnages principaux, à savoir Minuit la magicienne qui commence à avoir des dons divins, Kelemvor, le guerrier et amant de la magot, qui se sent impuissant face à cette quête, Adon le prêtre qui reprend confiance en lui au point de prendre la direction de la petite troupe et Cyric le voleur qui a trahit ses amis et devient un ennemi redoutable dans ce dernier tome. Les relations entre les protagonistes sont intéressantes et vont toujours dans le bon sens. Si on pourra pester sur les atermoiements des deux amoureux qui se font souvent le gueule, le reste est vraiment bon est intelligent, dans le sens où personne n’est vraiment sauf. On ne sait jamais qui peut mourir, les trahisons sont multiples et Cyric en est l’exemple même. Héros au début, puis ennemi mortel à la fin, ce personnage complexe est certainement le plus intéressant à suivre et l’écrivain ne laisse rien au hasard. Alors effectivement, Adon ou Kelemvor ont des rôles amoindris dans ce roman, mais ce n’est pas bien grave, puisque tout tourne autour de Minuit.

La magicienne contrôle de plus en plus ses pouvoirs mais elle va aussi faire quelques erreurs de parcours lors du récit, comme laisser le bénéfice du doute à Cyric. Cela entrainera alors des rixes au sein du groupe et mettra toute l’équipée en danger. Mais ce n’est pas la seule à faire des bourdes. Kelemvor, libéré de sa malédiction, fait preuve d’un altruisme qui va leur coûter cher, à cause d’une horde de zombies. Des morts-vivants dirigés par Myrkul, le Dieu des morts, qui a caché une des deux tablettes du destin et qui veut récupérer la première, en possession de nos héros. On retrouvera des traces de la mythologie durant le voyage des héros, et on pourra même rencontrer Baal, le Dieu des assassins lors de deux passages fort intéressant. En fait, ce qui marche vraiment avec ce tome, c’est qu’il est épique dans tous les sens du terme. Les péripéties ne s’arrêtent jamais, les combats sont denses et le rythme est très soutenu. Alors oui, on aura droit à quelques personnages à peine entamés comme Malandrin ou Kae Deverell, mais cela n’entachera pas le plaisir de lecture.

Enfin, ce qui fait la réussite de ce tome, c’est sa fin. Inattendu, n’hésitant pas à sacrifier des personnages importants, Richard Awlinson se permet même de placer une critique de la religion dans son sous-texte. En effet, s’il existe bien un Dieu pour Féerune, le monde des Royaumes Oubliés, le message final ouvre d’autres perspectives et essaye de faire comprendre au lecteur qu’il y a une multitude de dieux pour tout autant d’univers et que finalement, nous ne sommes qu’une goutte d’eau dans un immense océan. Cette conclusion peut aussi se voir comme une critique sur la vacuité de nos vies et que nous donnons peut-être trop d’importance à ce qui n’en vaut pas la peine. Bref, quoi qu’il en soit, l’écrivain prouve qu’il a un certain talent et termine son histoire de la plus belle des manières, s’éloignant volontairement des canons du genre.

Au final, Eau Profonde, le troisième et dernier tome de la trilogie des avatars, de Richard Awlinson, est une belle réussite qui clôture en beauté une saga qui commençait pourtant en demi-teinte. Réussissant à rendre son récit dynamique et épique, l’auteur se permet même une petite pique sur la fin, qui montre que même en fantasy, on peut apporter de la réflexion sur le genre humain. On pestera par contre sur les coquilles du livre, qui sont nombreuses et qui gâchent un peu la lecture, une réédition ne serait pas de refus. Bref, un excellent roman qui rehausse le niveau de la trilogie.

Note : 16/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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