Iced Earth – Incorruptible

Avis :

Certains groupes sont précurseurs d’un genre et marquent un style à jamais, restant affilié à cela. On pense bien évidemment à Iron Maiden ou Black Sabbath, mais aussi à Judas Priest par exemple. Et puis il y a ceux qui vendent des disques, mais qui se font plus discrets, restant perpétuellement dans l’ombre des plus grands, la faute à une médiatisation amoindrie alors que la qualité est au rendez-vous. Iced Earth fait partie de ces groupes. Originaire de Floride, le groupe se forme en 1985 et malgré une pause au milieu des années 90 et un changement perpétuel de line-up au fur et à mesure des années, le groupe n’a jamais cessé d’enregistrer, proposant constamment des albums, allant même parfois jusqu’au concept, avec les deux albums Something Wicked. Trois ans après Plagues of Babylon, qui signait aussi le deuxième album avec Stu Block au chant, Iced Earth revient avec Incorruptible, un douzième album qui, si l’on en croit la pochette, va déchaîner les flammes de l’enfer. Est-ce vraiment le cas ? Avec seulement dix titres pour un peu plus d’une heure d’écoute, on peut dire que Iced Earth tient ses promesses et livre un album impeccable, puissant, varié et techniquement irréprochable.

Le skeud démarre avec Great Heathen Army, un long morceau qui dépasse allègrement les cinq minutes. Le début est une introduction tout ce qu’il y a de plus basique dans ce genre de production, à savoir une batterie lourde, des chœurs chantés faisant référence à des chants religieux, puis d’un coup, un riff de guitare se fait entendre et le rythme est lancé avec un cri aigu du chanteur qui montre sa capacité à monter très haut. Très sombre, le titre se veut aussi très accessible sur sa durée, n’allant jamais dans quelque chose de très violent ou de trop rapide, restant dans un heavy classique, bien que très efficace. Il y a une maîtrise technique, que ce soit au niveau du chant ou des instruments qui est relativement impressionnante. Le solo est d’ailleurs présent pour bien montrer que le guitariste n’est pas là pour faire de la figuration. Dans le même ordre d’idée, on peut aussi citer Black Flag et son ambiance de piraterie qui s’emballe petit à petit pour encore une fois aller vers du heavy classique, mais qui fonctionne à plein régime, avec tous les atours qui vont avec, à savoir du solo et des breaks. Dans le même style, on peut aussi évoquer Brothers et son début très touchant et qui joue à fond la carte de l’émotion. Encore une fois, le chanteur démontre sa capacité vocale à s’adapter à tous les rythmes et c’est assez intéressant.

Mais Incorruptible ne se limite pas seulement à des morceaux heavy qui démarrent lentement et montent au fur et à mesure que le temps passe. Le premier titre qui marque une certaine rupture avec le reste de l’album, c’est Raven Wing, qui est l’un des morceaux les plus longs et qui prend son temps pour peaufiner une ambiance mélancolique, douce, avec un léger rythme à la guitare sèche. C’est simple, beau et efficace, avant bien entendu d’entamer quelque chose de plus classique et donc de plus violent. En parlant de violence, il est de bon ton d’évoquer Seven Headed Whore, le titre le plus court, faisant moins de trois minutes, mais qui envoie sévère du bois, se situant entre le Black et le Death, marquant une nette brisure dans l’album, permettant de ne pas s’ennuyer pendant l’écoute. Et c’est là que le groupe marque des points, en proposant quelque chose de varié et alternant entre des styles qui ne sont pas si éloignés que ça. Mais le morceau le plus marquant dans cet album, c’est Ghost Dance (Awaken the Ancestors). Pourquoi ? Tout simplement parce qu’en plus d’être un titre entièrement instrumental, c’est aussi un titre qui possède une identité forte, faisant référence aux amérindiens et donc aux premiers êtres à fouler le terre américaine. Le morceau est puissant, touchant, et techniquement irréprochable. Et que dire de Clear the Way (December 13th, 1862), qui clôture l’album du haut de ses neuf minutes que l’on ne voit pas passer.

Au final, Incorruptible, le dernier album en date de Iced Earth, est une belle réussite. Varié, puissant, technique, le groupe de vieux briscards montre qu’il en a encore sous le pied et qu’il mérite amplement sa place parmi les leaders du heavy metal. Alternant avec les genres et les rythmes, ce nouvel album fait partie des belles réussites de cette année, sans aucun doute possible.

  1. Great Heathen Army
  2. Black Flag
  3. Raven Wing
  4. The Veil
  5. Seven Headed Whore
  6. The Relic (Part 1)
  7. Ghost Dance (Awaken the Ancestors)
  8. Brothers
  9. Defiance
  10. Clear the Way (December 13th, 1862)

Note: 17/20

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Par AqME

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