Hilight Tribe – Temple of Light

Avis :

Il y a deux écoles dans la musique électronique. En premier lieu, il y a le cheminement commercial avec tous ces DJs qui passent plus de temps les mains en l’air au lieu de les avoir sur les platines et qui proposent un écho aseptisé que l’on entend un milliard de fois par jour, jusqu’à ce que les ventes explosent (ou votre cerveau si vous êtes trop sensibles). Puis il y a ceux qui essayent de proposer autre chose, ceux qui s’éloignent des terrains minés des grandes boîtes de production et qui préfèrent s’abîmer les doigts sur les disques plutôt que de chopper des courbatures aux épaules à force de lever les mains. Parmi ceux-là, on peut compter sur C2C ou encore Kavinsky, dans des genres complètement différents. On peut aussi compter sur Hilight Tribe, même si là encore, les sonorités sont complètement différentes. Formé à la fin des années 90 en région parisienne, ce groupe électro fait ses armes dans ce que l’on appellera la Natural Trance. Voulant une sorte d’osmose entre la musique du monde et la musique contemporaine, le groupe mélange allègrement les instruments étonnants comme le didgeridoo ou les congas avec des boîtes à rythme plus conventionnelles, même si globalement, l’ensemble va bien plus vite que pour un David Guetta par exemple. Temple of Light est le septième album du groupe et, malheureusement, il ne réserve pas que de bonnes surprises.

L’album s’ouvre sur Wind Raker, un morceau assez long, dépassant les sept minutes (ce qui sera une récurrente dans cet effort) et qui sera finalement sans grande surprise. Très cadré avec une vitesse propre à la Trance, le groupe ne trouve le truc pour que le titre soit inoubliable. Alors on aura bien des percussions sur la fin du titre, mais ce sera une bien maigre consolation. On retrouvera cette difficulté à accrocher l’auditeur dans quasiment toutes les pistes qui parsèment cet album. Par exemple, Eagle Eye, un titre très marqué par ses origines amérindiennes, est d’une redondance agaçante. Les mêmes schémas musicaux reviennent à chaque fois, le rythme ne s’arrête jamais, ne bénéficiant pas de break ou d’accélération et finalement, l’ennui viendra poindre le bout de son nez. Alors oui, c’est original et il n’y a qu’eux pour proposer une telle musique, mais force est de constater que cela ne marche pas forcément à tous les coups. Et des titres pénibles qui ne semblent jamais se terminer, il y en a plusieurs, comme Rainbow Serpent et ses presque neuf minutes, et cela malgré la présence d’un didgeridoo et de percussions intéressantes sur la fin du titre. En fait, ce qu’il manque vraiment à cet album, c’est de la variation dans la rythmique. Il ne suffit pas d’inclure un ou deux instruments inédits dans ce genre de musique pour satisfaire tout le monde, il faut aussi des titres plus doux, d’autres plus puissants et cela, Hilight Tribe ne le propose pas.

Fort heureusement, le disque est sauvé par deux/trois pistes qui valent le détour, notamment par leur forte identité et cette vraie volonté cette fois, de proposer quelque chose de nouveau et de plus prégnant. En premier lieu, il faut citer Esperanza et sa guitare espagnole qui démarre une introduction sublime et qui change des sempiternelles boîtes à rythmes que l’on entend tout le long de l’album. Le morceau est plutôt intéressant, parfois touchant et il change des autres titres. Bien entendu, une fois que la partie Trance commence, le morceau prend une autre ampleur et le seul reproche que l’on peut clairement faire au titre, c’est de durer trop longtemps, finissant dans la redite inutile. Ensuite, on peut gentiment parler de Inti Raymi, même si le début du titre reste très conventionnel par rapport à ce que propose le groupe. Cependant, la fin du morceau vaut son petit coup d’oreille puisque l’on va pouvoir entendre un sublime solo de guitare électrique que ne renierait pas un bon groupe de rock. Le problème, c’est que c’est presque gâché par la boîte à rythmes derrière, qui passe presque par-dessus la sonorité de la gratte. Enfin, il reste Gayatri, dont les origines indiennes sont très fortes et qui permet au morceau de sortir du lot et donc e se démarquer des autres titres. Alors il semble évident que le groupe se vend mieux en live (c’est d’ailleurs pourquoi ils font énormément de concerts), mais ce septième album peine clairement à convaincre.

Au final, Temple of Light, le dernier album en date de Hilight Tribe, est une petite déception à cause du manque de renouvellement à chaque titre. Hormis un ou deux titres, les variations sont inexistantes et les beats des boîtes à rythmes prennent tout le temps le dessus sur les autres impressions, que ce soit la guitare, la basse ou encore les instruments plus originaux. De ce fait, ce dernier album est redondant et comme les morceaux sont très longs, on sent vraiment poindre un ennui au bout de seulement une écoute. C’est dommage, car de l’électro de cet acabit, on n’en entend pas tous les jours, les intentions sont louables, mais le résultat est trop répétitif pour pleinement convaincre.

  1. Wind Raker
  2. Eagle Eye
  3. Rainbow Serpent
  4. Esperanza
  5. Inti Raymi
  6. Gayatri
  7. High Jump
  8. Didge Kaida
  9. Temple of Light

Note : 08/20

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Par AqME

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