octobre 26, 2020

Le Vol de l’Intruder

Titre Original : Flight of the Intruder

De: John Milius

Avec J. Kenneth Campbell, Jared Chandler, Dann Florek, Madison Mason

Année: 1991

Pays: Etats-Unis

Genre: Guerre

Résumé:

Le difficile parcours de Jake Grafton, pilote de l’aéronavale américaine pendant la guerre du Vietnam. Alors que son co-pilote est tué, il remet en question les frappes aériennes de l’armée américaine, et en particulier les ordres donnés par son supérieur cynique Virgil Cole…

Avis:

Le brillant John Milius vient de conclure une décennie parfaite, les années 80. « Conan, le barbare« , « L’aube rouge » et « L’adieu au Roi« , trois films incroyables tous aussi importants dans la filmographie du réalisateur. On ajoutera à cette excellence, les scénarios de « 1984 » de Spielberg, et « Préjudice extrême » de Walter Hill et l’on peut aisément dire que les années 80 sont les plus belles années de la carrière de Milius. Bien entendu, on n’oubliera pas « Apocalypse Now« .

Avec les années 90 vient le commencement de la retraite de Milius, puisqu’il ne réalisera plus que deux films et une mini-série et malheureusement, ce n’est pas avec ce premier film sorti en 1991 que l’on va retrouver l’excellence du réalisateur.

Porté pourtant par un casting fort, « Le vol de l’intruder » se trouve être un film de guerre lambda qui n’arrive pas à intéresser et plus étrange encore venant de la part de Milius, ne racontant pas grand-chose finalement.

Ne laissant pas un souvenir impérissable, on ressort donc déçu, surtout quand on pense que le coup précédent de Milius frôlait le chef d’œuvre…

Deux pilotes de l’air américains, vers la fin de la guerre du Viêtnam, sont envoyés en mission afin de frapper une base rebelle. Après avoir lâché leurs bombes, sur le retour, l’un des deux pilotes est tué. Dès lors, le pilote survivant remet en question ces missions imprécises qui finalement coûtent plus de vie qu’elles offrent de victoires.

La guerre du Viêtnam remise en cause sous l’œil de John Milius, autant dire que sur le papier, « Le vol de l’intruder » a de quoi faire saliver d’avance. Surtout qu’on ajoutera à cela une foule d’ingrédients qui rehaussent le fantasme. Danny Glover, Willem Dafoe, Rosanne Arquette, Tom Sizemore, Ving Rhames, et même une petite apparition de David Schwimmer (« FRIENDS« ), qu’on trouvera devant la caméra. On ajoutera aussi l’immense Basil Poledouris pour s’occuper de la bande originale.

Mais voilà, malgré ces arguments géniaux, « Le vol de l’intruder » n’arrivera pas à nous captiver. Le souci principal de ce « … vol de l’intruder« , c’est qu’il offre un film qui ne fait que survoler le sujet qu’il voulait apporter et bien souvent, entre deux survols, il a tendance à alourdir le tout, offrant des moments parfois très bêtes et l’on se demande ce que tout cela vient faire dans l’histoire.

Plan-plan, sans envergure, le film passe bien trop vite sur son contexte, et les réflexions que se font les personnages sont assez insignifiantes, alors qu’elles auraient mérité une dimension bien plus soutenue, bien plus creusée et bien plus tragique. Ici, même si le film parle de la guerre du Viêtnam et de ces soldats, « Le vol de l’intruder » donne plus l’impression d’un film qui voudrait surfer, bien trop tard, sur le succès d’un certain « Top Gun« . Plusieurs scènes, la façon de filmer les avions et les moments aériens, y font penser indubitablement.

On aurait pu se rattraper alors sur un bon petit film de guerre, ou d’action, mais là encore le film n’arrive pas vraiment à nous captiver. On a peu de choses à se mettre sous la dent et il va falloir attendre les dernières scènes pour voir enfin ce vol décoller. Malheureusement, le vol est de trop courte durée, même si on retrouve le John Milius qu’on adore, et il n’arrivera pas à rehausser le sentiment qui nous a submergés depuis un bon bout de temps.

Dernier coup alors, on aurait pu se raccrocher à ses acteurs. Il faut dire que le réalisateur nous a réuni une jolie petite bande à l’écran, mais là non plus, ça ne fonctionne pas ou qu’à moitié. Peu attachants, il faudra encore une fois attendre les dernières scènes du film pour que l’alchimie prenne un peu.

Il n’y a donc vraiment pas grand-chose à retenir de cet avant-dernier film pour John Milius, sinon la déception qui nous envahit à la fin de ce film. Insignifiant, oubliable et triste, le réalisateur ne nous aura même pas fait le plaisir de nous offrir une bonne petite série B. C’est vraiment dommage.

Note : 06/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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