octobre 18, 2021

Okja – Quand Notre Cœur Fait Bong

De : Bong Joon-Ho

Avec Seo-Hyun Ahn, Tilda Swinton, Jake Gyllenhaal, Paul Dano

Année : 2017

Pays : Corée du Sud, Etats-Unis

Genre : Science-Fiction, Aventure, Drame

Résumé :

Pendant dix années idylliques, la jeune Mija s’est occupée sans relâche d’Okja, un énorme animal au grand cœur, auquel elle a tenu compagnie au beau milieu des montagnes de Corée du Sud. Mais la situation évolue quand une multinationale familiale capture Okja et transporte l’animal jusqu’à New York où Lucy Mirando, la directrice narcissique et égocentrique de l’entreprise, a de grands projets pour le cher ami de la jeune fille.

Sans tactique particulière, mais fixée sur son objectif, Mija se lance dans une véritable mission de sauvetage. Son périple éreintant se complique lorsqu’elle croise la route de différents groupes de capitalistes, démonstrateurs et consommateurs déterminés à s’emparer du destin d’Okja, tandis que la jeune Mija tente de ramener son ami en Corée.

Avis :

« Barking Dog« , « Memories of Murder« , « The Host« , « Mother« , « Snowpiercer » et maintenant « Okja » … en très peu de films, Bong Joon-ho a su livrer un cinéma absolument génial. Et en seulement six films, le réalisateur coréen s’est imposé comme l’un des auteurs et artistes contemporains les plus importants du moment. Et en seulement six films, Bong Joon-ho a su créer l’attention et l’amour, si bien que l’on attend avec impatience une nouvelle œuvre du réalisateur.

Quatre ans après l’excellentissime « Snowpiercer« , Bong joon-ho est de retour pour nous conter l’une de ses plus belles fables, si ce n’est la plus belle. Après une polémique par rapport à Netflix et le fait que le nouveau film de Bong Joon-ho ne sorte pas en salle (alors qu’il le mérite mille fois), nous avons eu la chance folle de pouvoir assister à l’unique séance parisienne et le moins que l’on puisse en dire, c’est que le film doit absolument sortir sur grand écran, tant le spectacle, le suspense et l’émotion nous rendent la séance incroyable.

En deux heures de film, Bong Joon-ho nous livre un film prodigieux qui détient plusieurs niveaux de lecture. Quand les enfants s’amuseront devant l’histoire d’une petite fille qui veut sauver son ami, les adultes eux, y verront une puissante critique du capitalisme et de la société de consommation. Intelligent, nuancé, ludique, et en même temps divertissant et passionnant, « Okja« , le nouveau Bong Joon-ho fait, sans aucune remise en question, partie des plus grands films de l’année.

Mija est une jeune fille de huit ans qui habite dans la montagne avec son grand-père. Son grand-père est un producteur certifié sans OGM et voilà dix ans, une société américaine lui a confié la garde d’une nouvelle race de porcelet. Pendant dix années, le grand-père, mais surtout sa petite fille, s’est occupé de l’animal qui répond du nom d’Okja.

Un jour, Okja est repris par l’entreprise américaine, car la bête participerait à un concours bien plus sournois qu’il ne le laissait penser. Dévastée, Mija décide alors de tout mettre en œuvre pour retrouver et ramener Okja dans les montagnes avec elle.

Brillant, prodigieux, chef d’œuvre, incroyable, magnifique, les mots manquent vraiment pour qualifier le nouveau film du coréen Bong Joon-ho, tant le réalisateur a su faire un film aussi intelligent que divertissant et esthétiquement parlant bluffant.

Il est vrai que lorsque l’on survole le synopsis du nouveau film de Bong Joon-ho, on pourrait avoir une tendance à la méfiance. Une gamine, amie avec un animal extraordinaire, se lance dans un sauvetage, car le dit animal a « été enlevé » par une société machiavélique. Bref, on pourrait se dire que Boon Joon-ho s’est fait son « Sauver Willy » en gros, mais même si son film pourrait, dans les très grandes lignes, ressembler à ce genre de film qu’on a déjà vu mille fois, il en reste cependant complètement différent.

Comme je le disais, « Okja » est un film qui a plusieurs strates de lecture. C’est donc un film qui parlera aussi bien aux plus petits, car le film est généreux en aventure, drôlerie et amitié, qu’il plaira aux plus grands, pour les mêmes raisons, en ajoutant en plus une critique sévère de l’industrie agro-alimentaire, de la société qui consomme à outrance, de la presse, des médias, et du paraître, de l’être humain, de sa bêtise et surtout de sa folie. Avec « Okja« , Bong Joon-ho livre un film important, à très grosse tendance écologique, qui démontre avec horreur (dans tous les sens du terme) les dérives de l’être humain, sa cruauté, son désir, son ambition, sa jalousie ou encore son amour immodéré de l’argent et de sa surconsommation.

Le scénario d’ »Okja » est un bijou d’écriture qui est renforcé à merveille par la prodigieuse et énergique mise en scène de son réalisateur. « Okja« , de par ce qu’il nous raconte et comment il nous le raconte, est très loin d’être la petite comédie qu’on imaginait. Lourd, dur, injuste, choquant parfois, le dernier quart d’heure est étouffant, et remet tant de choses en question. « Okja » marque durement l’esprit du spectateur. Bong Joon-ho nous touche, nous bouleverse et nous révolte, sans pour autant nous accuser.

Plus haut, je parlais de la mise en scène de Bong Joon-ho et l’on ne peut qu’en parler, tant le réalisateur a su tenir à merveille chaque évolution de son film. Une mise scène qui oscille entre la poésie, le drame, le film d’action (il y a des moments d’action absolument extraordinaires dans ce film), la comédie, l’absurde, voire le burlesque (la BO y est pour beaucoup sur ces scènes-là) ou l’horreur, car oui, « Okja » est parfois un véritable film d’horreur. Bref, Bong Joon-ho maitrise tout à la perfection et arrive à nous surprendre plus d’une fois. On notera que le réalisateur a sublimement réussi son porcelet géant qui est un petit bijou à lui seul et fait penser à l’une des plus belles créatures tout droit sortie d’un Miyazaki. Aussi amusant, que mignon, d’emblée, on a envie de l’aimer et cet amour jamais ne passera.

« Okja« , c’est aussi un véritable plaisir quand on regarde ses comédiens. Emmené par la jeune Seo-Hyun Ahn, dont c’est le premier rôle au cinéma, on restera accroché aux lèvres et aux yeux de ce grain d’actrice en puissance. « Okja« , c’est Tilda Swinton géniale en saloperie de service. C’est aussi un Jake Gyllenhaal que l’on n’a jamais vu dans cet état (oui, on peut parler d’état à ce niveau-là), et qu’on ne reverra sans doute jamais, et il est à se tordre de rire dès qu’il apparaît. « Okja« , c’est aussi Paul Dano et sa bande de fervents défenseurs des animaux (attention, ce ne sont pas des terroristes). Chacun d’eux, même s’il a un petit rôle, arrive à apporter un petit quelque chose en plus au film et à l’équipe.

On ressort donc de « Okja » totalement et irrésistiblement conquis. Avec son nouveau film, Bong Joon-ho nous fait rire, nous fait pleurer, beaucoup pleurer, il nous tient en haleine jusqu’à la dernière scène et surtout, il nous fait réfléchir sur notre mode de consommation, sujet et réflexion on ne peut plus d’actualité. Bref, à bien des qualités, « Okja » s’impose comme un incontournable de l’année et l’un de ses plus beaux chefs-d’œuvre ! À voir absolument.

PS : regardez le générique jusqu’au bout, puisqu’il y a encore une petite surprise après.

Note : 20/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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