octobre 29, 2020

Quand on a 17 Ans

De : André Téchiné

Avec Sandrine Kiberlain, Kacey Mottet Klein, Corentin Fila, Alexis Loret

Année : 2016

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Damien, 17 ans, fils de militaire, vit avec sa mère médecin, pendant que son père est en mission. Au lycée, il est malmené par un garçon, Tom. La violence dont Damien et Tom font preuve l’un envers l’autre va évoluer quand la mère de Damien décide de recueillir Tom sous leur toit.

Avis :

Après être revenu avec talent sur l’affaire Angelet, avec « L’homme qu’on aimait trop« , l’infatigable André Téchiné, soixante-treize ans au moment de la sortie de « Quand on a 17 ans« , nous offre un vingt cinquième film.

Et quel film ! Avec « Quand on a 17 ans« , André Téchiné nous invite dans une ode à la découverte, à l’innocence et à l’amour. Écrit par Céline Sciamma, interprété par des comédiens très touchants, cette histoire d’amour et de retenue trouve les mots et les scènes justes pour nous toucher et nous surprendre. On quitte cette amourette avec le sourire aux lèvres et la nostalgie d’un premier amour. Bref, « Quand on a 17 ans » est une madeleine de Proust qui fait du bien.

Damien a 17 ans et habite avec sa mère dans une petite ville perdue dans les Alpes. Dans son lycée, des tensions se créent avec un jeune camarade, Tom.

Tom, lui, fait tous les jours une heure et demie de marche pour venir au lycée et étudier. La mère de Damien est médecin et quand la mère de Tom est souffrante, cette dernière décide d’héberger l’adolescent chez elle, malgré les tensions qui existent entre Damien et Tom.

Les deux adolescents vont devoir composer l’un avec l’autre, mais peut être que cette haine et ces provocations cachent autre chose…

« Quand on a 17 ans » ou l’excellence d’un cinéma français.

Alors c’est vrai que le film d’André Téchiné est un peu fourre-tout (même s’il en parle bien) et qu’il veut aborder bien trop de sujets. La famille de militaire, le front et le devoir pour le pays, les derniers vrais agriculteurs, le racisme, le travail des médecins de campagne, ici, à la montagne… Le tout apparaît brouillon et parfois même un peu syndicaliste. Mais ce n’est pas ça le plus important et surtout le plus beau dans « quand on a 17 ans« .

Avec ce film, André Téchiné traite à merveille le doute, la découverte de soi, la pudeur et l’impudeur des premiers émois, ici entre deux garçons. Incroyable de justesse, de sensibilité, et même de poésie, André Téchiné nous fait vibrer et arrive même à nous tenir en haleine.

Grâce à une mise en scène qui n’est que retenue, le réalisateur fait naître peu à peu des sentiments qui vont bouleverser ses personnages, et son public par la même occasion. L’amour bouscule l’incertitude, le réalisateur filme les doutes de ses personnages comme rarement. Le regard des autres ou la peur d’une vérité, le déni, la maladresse d’un sentiment exprimé, la chaleur d’une bien trop belle première fois, une séduction presque permanente, volontaire ou inconsciente, puis l’endroit, la région et la société qui complique ce que l’on ressent et qui fait qu’on impose des interdits, quitte à en souffrir. Bref, André Téchiné, avec le scénario de là ô combien talentueuse Céline Sciamma, sait capturer ces instants uniques et nous les rendre au plus véridique et chacun, dans les petits détails, les petites maladresses, les regards envieux, les vibrations d’un premier touché, ou encore les tensions et appréhension d’une conversation, fait qu’on peut s’y reconnaître. Ici, homosexuel ou hétérosexuel, peu importe, tout n’est que sentiments et amour et ça c’est universel.

Ce qui est très beau, voire même parfait, avec « Quand on a 17 ans« , c’est la distance que prend André Téchiné avec la façon de raconter cette histoire. Évitant de tomber dans le film pédagogique, évitant de tomber dans un film vulgaire ou racoleur, évitant aussi de tomber dans les clichés, le réalisateur laisse ses personnages et son histoire se faire d’elle-même.

Puis que dire, des deux acteurs qui sont à l’écran, si ce n’est qu’ils sont parfaits et de sacrées jolies révélations. Kacey Mottet Klein crève l’écran dans un rôle pas si évident que ça, surtout pour un jeune comédien qui a sensiblement le même âge que son personnage. Corentin Fila, lui, sait captiver et bouleverse la caméra, dans un rôle encore moins évident. L’alchimie entre les deux est parfaite, André Téchiné a réussi à piéger l’étincelle en plus. Bien entendu, Sandrine Kiberlain est parfaite dans le rôle de la maman qu’on adorerait tous avoir, mais ça, on le savait déjà.

« Quand on a 17 ans » est donc un très bon cru pour André Téchiné, qui livre là un film aussi beau que tendre, juste et nécessaire. Réaliste, sensible, loin des clichés, et malgré les maladresses d’un scénario qui s’évade un peu trop, il n’en reste pas moins que l’amour dont parle le film, l’histoire de ces deux garçons, nous prend et jamais ne nous lâche avant son générique.

Note : 16/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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