décembre 2, 2020

La Vague – Boyd Morrison

Auteur : Boyd Morrison

Editeur : Bragelonne

Genre : Catastrophe

Résumé :

Une pluie de météorites d’une violence inouïe s’abat sur l’Océan Pacifique. À Honolulu, Kai Tanaka, le directeur du Centre d’alerte tsunami du Pacifique, relève une légère variation sur ses graphiques. Quand les communications avec l’île Christmas sont interrompues, il comprend que la nature a déjoué tous les pronostics. Un méga-tsunami se précipite sur Hawaï et les minutes sont comptées. Il lui reste moins d’une heure pour faire évacuer un million de personnes. Et pour sauver sa famille, qui profite du soleil à Waikiki…

Avis :

Les aléas éditoriaux étant malheureusement très présents dans le domaine de la publication, le premier livre de Boyd Morrison aura mis davantage de temps à traverser l’Atlantique qu’il n’en faut au tsunami pour ravager l’archipel d’Hawaï. Après sa sortie d’origine, sept années auront été nécessaires pour que les lecteurs de l’hexagone puissent le découvrir. Avec La vague, le créateur des aventures de Tyler Locke, son personnage fétiche, s’attelle à un roman catastrophe. Étant donné les contraintes inhérentes au genre et son côté spectaculaire, celui-ci est plus facilement transposable à l’écran que sur papier. Boyd Morrison réussit-il à nous tenir en haleine ?

Car il faut bien reconnaître que l’un des fondamentaux pour une intrigue se basant sur une catastrophe naturelle reste le suspense. Cette propension à faire monter la tension jusqu’au point de rupture, à susciter une réelle empathie pour les acteurs de pareil cataclysme. Force est de constater que Boyd Morrison y parvient avec une certaine aisance. Le style et le contexte y contribuent grandement, mais ce ne sont pas les seuls critères prompts à accroître l’intérêt du lecteur au fil des pages. La démesure du raz-de-marée contraste avec l’humanité dont font preuve les protagonistes. On reste éloigné des stéréotypes pour se focaliser surtout sur les liens qui les unissent sans pour autant sombrer dans le pathos.

Malgré la simplicité apparente de l’intrigue, les faits s’appuient sur des données scientifiques. La documentation est à la pointe des dernières découvertes en matière de sismologie, d’études de risque des tsunamis et même d’astronomie et d’aéronautique pour soutenir certains passages du livre. En ce sens, le premier tiers est un exposé pertinent et passionnant pour crédibiliser la catastrophe, quand bien même celle-ci grimpe à une échelle inédite de mémoire d’homme. Pour autant, il ne s’agit en rien d’une laborieuse introduction que seuls des esprits érudits pourraient comprendre. La vulgarisation des hypothèses évoquées rend le tout intelligible à tous les lecteurs.

À plusieurs reprises, l’intrigue fait référence au séisme et au tsunami du 26 décembre 2004 dans l’océan Indien. La thématique ne fait guère l’impasse sur cet événement, surtout au moment de l’écriture du livre (en 2009). On a également droit à d’autres anecdotes moins connues telles que le mégatsunami de la baie Lituya en 1958. Toujours est-il que l’on constate une véritable recherche et une volonté de l’auteur à sensibiliser son lectorat, tout du moins à l’encourager pour en apprendre davantage sur le sujet. Là encore, cela reste sous-jacent à la bonne évolution de l’ensemble et n’empiète nullement sur l’histoire ou son rythme.

Étant donné que les vagues arrivent par palier et ont une ampleur variable, la progression joue sur cette surenchère en se servant d’un compte à rebours afin d’accentuer le sentiment d’urgence. Les situations se révèlent assez différentes et plutôt ardues à exposer dans un livre sans risquer de créer l’ennui par une surabondance de détails techniques ou inutiles. Fuir sur la plage, arpenter les étages des immeubles, subir l’assaut de l’océan, sans oublier les effondrements successifs des gratte-ciel alentours… Rien ne manque pour combler l’amateur et le distraire. Car, en dépit de la gravité d’un tsunami (a fortiori de cette taille), La vague reste avant tout un formidable divertissement parfaitement assumé.

Exception faite de quelques blockbusters qui sortent au compte-gouttes sur grand écran (San Andreas, The wave – dont le présent ouvrage possède de nombreux points communs –, Black Storm…), le genre catastrophe semblait vouer aux affres du bis et du marché pour DTV au rabais. Pourtant, La vague démontre que ce type d’histoires (aussi linéaires et prévisibles qu’elles paraissent) a sa place dans le domaine des romans. Si le travail graphique pour dépeindre la catastrophe relève ici de l’imagination pure, il gagne en crédibilité avec suffisamment de données scientifiques avérées. Pour ne rien gâcher, le déroulement se veut dynamique et plausible. Bref, tout est construit pour happer le lecteur dans une intrigue à la fois mouvementée et efficace.

Note : 15/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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