Wednesday 13 – Condolences

Avis :

Il est très difficile de se démarquer de la masse quand on fait du métal ou du punk. Tout d’abord parce qu’il faut un certain talent pour sortir du lot, mais aussi parce que le genre est peu représenté dans les médias de masse et que du coup, il faut vraiment avoir le truc en plus pour se faire repérer. Si pour certains c’est dans le maquillage ou les situations scéniques, pour d’autres, ce sera plutôt dans le style, la technique ou les paroles. Wednesday 13 (Joseph Pole de son vrai nom) a fait un double choix judicieux, celui de partir vers un punk qui lorgne grandement vers le métal et de proposer des paroles qui s’inspirent du cinéma horrifique. En ce sens, certains le considèrent alors comme le créateur d’un nouveau sous-genre, l’Horror Punk. Et après avoir été le chanteur de groupes comme Maniac Spider Trash, Frankenstein Drag Queens From Planet 13 et Murderdolls (supergroupe avec Joey Jordisson à la batterie, connu pour son travail avec Slipknot jusqu’en 2013), Wednesday 13 se lance dans une carrière solo en 2005 qui va étonnement mieux fonctionner que ses précédents groupes. Suivant un rythme constant d’un album tous les deux ans, c’est avec une certaine impatience que l’on attendait le nouveau Wednesday 13 et avec Condolences, le chanteur comble toutes nos attentes.

Le skeud commence avec Last Rites, une introduction qui laisse peu de questions sur le retour en force du chanteur, lançant une ambiance horrifique parfaite et lâchant par la suite un What the Night Brings parfait pour commencer les affaires. Ne sortant pas vraiment de sa zone de confort, le chanteur propose néanmoins un morceau nerveux, bien sombre et qui reste dans une horreur prégnante et presque joyeuse. Il faudra attendre le deuxième titre, Cadaverous, pour avoir un rythme bien plus effréné et nerveux. En effet, cette deuxième piste fait partie des meilleures de l’album, notamment grâce à des riffs agressifs et puissants qui rentrent immédiatement dans le crâne. Et on sent que le chanteur revient vers quelque chose de plus pur, de plus binaire et finalement de plus efficace. Il suffira pour cela d’écouter Blood Sick, qui rappellera les meilleures heures de Murderdolls, avec des couplets en mid-tempo ultra efficace et surtout des refrains ultra rapides. Mais ce n’est pas tout, puisque le groupe nous entraine dans des moments de pur métal avec par exemple le splendide You Breathe, I Kill, d’une violence exacerbée mais d’une efficacité à couper au couteau avec notamment un refrain qui rentre de suite en tête, tout comme pour Omen Amen, morceau dans lequel il se prend pour le bras droit de Satan. Un titre diabolique à plus d’un titre et qui s’avère l’un des morceaux les plus puissants de l’album.

Cependant, tout n’est pas forcément rose (ou noir) dans cet effort. On peut ressentir quelques faiblesses, qui sont dues à des rythmiques plus calmes et du coup à quelques coups de mou. On peut citer Good Riddance malgré une batterie omniprésente qui pêche par des couplets très lents et qui manque d’inspiration ou encore Cruel to You qui est, pour le coup, un vrai morceau punk, mais qui manque de noirceur et de puissance, aussi bien vocale que instrumentale. Et étrangement, on se rend compte que le chanteur réussit beaucoup mieux lorsqu’il s’attaque à des titres lorgnant vers le métal. On peut citer Prey for Me qui, malgré un refrain un peu décevant, s’avère rapide et puissant au niveau des grattes, offrant un titre relativement proche du Death. On pourra aussi noter une ligne de basse tout simplement parfaite. On peut aussi parler de Condolences, un long titre de plus de six minutes qui s’avère lourd et assez puissant au niveau des grattes, mais surtout, qui possède une vraie ambiance, ce qui manque clairement à cet album. En effet, voulant toujours jouer sur l’horreur, il manque à cet album une ambiance délétère et anxiogène, chose que l’on retrouve dans le titre éponyme de l’album. Il est d’ailleurs dommage qu’il n’y est pas d’autres morceaux de cette trempe. Enfin, on pourra retrouver un morceau hybride avec Death Infinity, plus doux, mais assez sombre dans son genre et qui colle finalement bien à l’image du groupe.

Au final, Condolences, le dernier album en date de Wednesday 13, est une réussite malgré des faiblesses en cours de route. Le chanteur revient inspiré, volontaire et propose des pistes d’une grande nervosité, côtoyant d’autres morceaux plus calmes, mais narrant toujours des paroles obscures et horrifiques. Il en ressort donc un album prenant, varié, non dénué de scories, mais qui reste une valeur du genre.

  1. Last Rites
  2. What the Night Brings
  3. Cadaverous
  4. Blood Sick
  5. Good Riddance
  6. You Breathe, I Kill
  7. Omen Amen
  8. Cruel to You
  9. Eulogy XIII
  10. Prey for Me
  11. Lonesome Road to Hell
  12. Codolences
  13. Death Infinity

Note : 16/20

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Par AqME

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