Moi et Kaminski

Titre Original : Ich und Kaminski

De : Wolfgang Becker

Avec Daniel Brühl, Jasper Christensen, Amira Casar, Denis Lavant

Année : 2015

Pays : Allemagne

Genre : Comédie, Drame

Résumé :

Un jeune critique d’art, opportuniste et sans scrupules, entreprend de faire la biographie d’un peintre mystérieux, qui vit retiré dans les Alpes.

Avis :

Wolfgang Becker, ce nom ne vous dit rien ? C’est quelque peu normal, car si beaucoup d’entre nous ont vu son deuxième film qui est devenu un incontournable des années 2000, j’ai nommé « Goodbye Lenin !« , Wolfgang Becker reste anonyme du grand public. En même ceci est normal puisque le réalisateur de soixante-deux ans a su cultiver le goût de la rareté, puisque depuis son premier film en 1997, il n’a réalisé que trois films seulement et parmi ceux-là, seul « Goodbye Lenin ! » s’est rendu public.

« Goodbye Lenin ! » est sorti en 2004, il aura donc fallu attendre dix années avant de voir un film signé Wolfgang Becker et pour nous, public français, il aura encore fallu attendre plus, puisque privé de sortie en salle et de sortie DVD, le film reste inédit sur nos territoires et pour le voir, il a fallu faire partie des chanceux qui ont eu la chance de pouvoir assister à une projection unique. Projection qui s’est tenue dans un tout petit cinéma parisien, « L’archipel » qu’on remercie grandement.

Bref, revenons à ce troisième film pour Wolfgang Becker qui pour l’occasion retrouve Daniel Brühl et lui offre un rôle drôle et attachant. Avec « Moi et Kaminski« , Wolfgang Becker adapte le roman du même nom de Daniel Kehlmann et nous offre une toile de maître comme on adorerait en voir plus souvent. Et c’est quelque part entre le drame personnel, le road movie loufoque et l’histoire même de la peinture du XXe siècle que l’on ressort totalement séduit par le tableau, charmé par les couleurs, les touches d’amusement, d’humour ou d’émotion aussi.

Sebastian Zöllner est un critique d’art très ambitieux qui veut absolument écrire la biographie de Manuel Kaminski, un peintre célèbre qui a fini par perdre la vue. Ou pas d’ailleurs, parce qu’une rumeur persiste depuis toujours comme quoi ce serait un mensonge du peintre. Un mensonge qu’il aurait fini par transformer en vérité. Ayant fait un véritable travail de recherche en amont, Sebastian est fin prêt pour rencontrer la légende. Mais cette rencontre excentrique va être très loin de ce qu’il pouvait imaginer.

« Moi et Kaminski » est un road movie tout en peinture, tout en émotion, en amusement, et aussi en comédie. Passant d’un style à l’autre, Wolfgang Becker a parfaitement su tenir le fond et la forme de son film. Riche d’un scénario imprévisible qui surprend tout le temps, le réalisateur balade ses personnages sur les routes d’Allemagne et de France avec une certaine poésie dans sa mise en scène. Avec « Moi et Kaminski« , on s’amuse des situations cocasses que ce duo nous réserve. L’intrigue décrit magnifiquement l’évolution des êtres. La relation que ces deux personnages que tout oppose et que tout rassemble à la fois, démontre avec justesse et simplicité la force de l’écoute. Et finalement, ce peintre excentrique et adulé n’est finalement pas le personnage le plus important de l’histoire, car c’est à son contact, c’est à travers ses caprices, ses mensonges, ses manipulations, mais aussi son sourire, son espièglerie et son franc parler que le personnage joué par Daniel Brühl va se former et se renforcer.

Dans l’histoire, on trouve aussi deux autres histoires, toutes deux très bien racontées elles aussi. La première est une histoire d’amour très touchante qui traverse les âges, pour finir par être retrouvée dans une maison de banlieue banale. Là encore le réalisateur sait comment nous raconter ces souvenirs, mais aussi ces envies, ces désirs et puis ce futur, qui deviendra présent et plus encore…

Enfin, la troisième histoire que nous raconte « Moi et Kaminski« , c’est bien sûr la relation à l’art, l’amour de l’art, l’héritage de l’art sur la civilisation et la culture des pays et des gens. L’introduction du film est même parfaite, tant elle récapitule très bien l’histoire même de la peinture à travers les grands artistes du XXe siècle, Picasso, Matisse, Bellocq, Pollock… Bref, la liste est interminable et tellement évidente.

Pour donner vie à cette histoire loufoque, Wolfgang Becker s’est entouré d’un beau casting et chaque comédien trouve là un rôle notable et différent de tout ce dans quoi on a pu les voir. Daniel Brühl y fait des merveilles en journaliste arriviste, ambitieux, opportuniste, quelque peu malhonnête et tellement attachant en même temps. L’acteur se jette sans filet dans ce rôle et il se révèle être particulièrement drôle, ce qui est quelque peu inédit chez lui. En face de lui pour incarner le peintre aveugle (ou pas) Kaminski, on trouve l’immense Jesper Christensen, grimé en vieillard. Méconnaissable, lui aussi fait des merveilles et malgré un côté insupportable à vivre, c’est le petit vieux qu’on adore. On trouvera aussi Amira Casar, Géraldine Chaplin, Denis Lavant et le regretté Jacques Herlin, qui nous offre une dernière scène pleine de malices.

Wolfgang Becker, c’est bien sûr une grande attente quant à la mise en scène et là encore, on ne va pas être déçu un instant. « Moi et Kaminski« , c’est une œuvre d’art en mouvement permanent. Bourré d’ingéniosité, ayant presque une idée de mise en scène par scène, le nouveau Wolfgang Becker est beau à regarder et l’idée de donner vie à des peintures est sublime.

Et finalement, la seule petite déception qui en ressort, c’est le fait de ne pas avoir une BO aussi forte que dans « Goodbye Lenin !« . Si la BO est bien, elle demeure discrète.

Mais bon, comparé aux émotions et surtout au plaisir de suivre ce nouveau film, c’est bien peu. « Moi et Kaminski » est donc un très bon film. On rit devant l’absurde, les loufoqueries, le burlesque de certaines situations, puis on est touché par le parcours des personnages, par la réflexion qu’engendre le film sur les gens, mais aussi sur l’art. Bref, Wolfgang Becker est un grand réalisateur et cette petite merveille nous démontre toute l’étendue de son talent.

Note : 17/20

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Par Cinéted

One Comment to "Moi et Kaminski"

  1. Jocelyne luethi dit :

    De qui sont les peintures de l’on voit dans le film?
    Merci de votre réponse.

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