Diabulus in Musica – Dirge for the Archons

Avis :

Mais d’où vient le métal symphonique ? Si l’on en croit les origines du sous-genre, il apparait au milieu des années 90 en Scandinavie et aux Pays-Bas sous l’impulsion de deux groupes majeurs, Nightwish et Within Temptation. Par la suite, et grâce au succès des deux formations, le genre commence à prendre de l’ampleur et à se faire une place de choix dans le monde du métal. Sirenia, Xandria, Rhapsody ou encore Therion sont autant de groupes qui sont arrivés par la suite dans le genre. C’est en 2006 que l’Espagne décide de s’intégrer au milieu de toutes ces formations issues du nord de l’Europe ou d’Italie. En effet, c’est cette année que Diabulus in Musica, sous l’envie de la chanteuse Zuberoa Aznarez, se forme et sort sa première démo. C’est quatre ans plus tard que sort Secrets, le premier album du groupe sous le label Metal Blade Records. Moins de deux ans plus tard, c’est au tour de Wanderer de pointer le bout de son nez, chez Napalm Records, et le groupe subit les départs consécutifs de son guitariste, de son batteur et de son bassiste. Survivant malgré tout à toutes ces pertes, le groupe continue son petit bonhomme de chemin et c’est fin 2016 qu’il livre son quatrième album, Dirge for the Archons, un très bon opus qui reste dans la veine de ce que sait faire le groupe.

Le skeud débute, comme tout bon album de Métal Symphonique, par une introduction grandiloquente, avec ce qu’il faut de cordes et de cuivres, entrainant alors des chœurs masculins qui vont chanter en latin, histoire de rajouter une bonne grosse dose d’épique. Allez savoir pourquoi, le latin, surtout en chœur, ça en jette. Bref, après cette introduction sans surprise, le groupe lâche Marble Embrace, qui va dénoter de cette entrée en matière par quelques sonorités électro assez étranges et qui ne collent pas vraiment avec le style voulu. Fort heureusement, cela ne s’entend que dans le tout début du morceau, laissant ensuite un rythme plus lent et plus lourd s’installer, permettant à la chanteuse de poser sa voix et d’alterner avec le chanteur au growl. Encore une fois, le titre demeure assez classique, que ce soit dans ce qu’il propose ou dans sa structure, et même si l’ensemble demeure sympathique, cela ne marque pas vraiment. Il faudra attendre le titre suivant, Earthly Illusions pour que le groupe se lâche vraiment. La rythmique est ultra rapide, les riffs sont très agressifs et l’ensemble de cordes rajouter derrière sied parfaitement à l’ensemble, donnant vraiment une ampleur spectaculaire au titre. Et étrangement, cela s’accorde aussi parfaitement avec la voix de la chanteuse qui semble aussi bien à l’aise sur des passages plutôt graves et des moments plus lyriques. Malheureusement, avec Invisible, le groupe retombe dans ses travers et même si le titre est parfaitement maîtrisé, offrant un break puissant vers la fin, le morceau ne marque pas. C’est bien, c’est beau, c’est techniquement irréprochable, mais ce n’est pas aussi prégnant que ce que l’on aurait aimé.

Et c’est bien là tout le problème de cet album. Aussi excellent soit-il, il lui manque la petite étincelle pour qu’il atteigne le nirvana des meilleurs albums de métal symphonique. A titre d’exemple, on peut citer le très bon Crimson Gale et son introduction dantesque, ainsi que son rythme ultra rapide, mais malheureusement, il ne sort pas forcément de la masse et demeure très (trop ?) propre sur lui. Heureusement, il arrive parfois que le groupe subisse des fulgurances, à l’image de Ring Around Dark Fairie’s Carousel. Voulant faire un titre qui possède une ambiance particulière, le groupe parvient à livrer un morceau prenant, ayant une vraie personnalité et montrant une technique absolument irréprochable, et cela dans tous les instruments, même les moins conventionnels. Et c’est dommage que tous les autres titres ne soient pas dans cette veine. Alors certes, c’est très très loin d’être mauvais, on prend même un plaisir monstre à écouter cet album, mais rien ne reste vraiment en tête à la fin de plusieurs écoutes. Et puis on n’échappera aux imputables du genre, à savoir la petite rupture qui va bien ou encore la ballade comme A Speck in the Universe (non je ne pense pas que cela parle de jambon). Encore une fois, c’est très bon, mais on a déjà entendu cela des milliers de fois. Par contre, si l’on veut vraiment se faire une idée du groupe en live, il y a deux titres en fin d’album qui sont incroyables et on a même l’impression que le groupe joue en studio, tellement le son est parfait.

Au final, Dirge for the Archons, le dernier effort de Diabulus in Musica, est fort plaisant à l’écoute et rentre parfaitement parmi les meilleurs groupes de métal symphonique. Néanmoins, il manque à cet album un petit quelque chose pour le rendre inoubliable. Si l’ensemble est très beau et maîtrisé à la perfection, la magie n’est pas tout le temps au rendez-vous et le groupe livre finalement un album classique, efficace mais qui ne marque pas forcément les esprits.

  1. Battle of of Atlantis
  2. Marble Embrace
  3. Earthly Illusions
  4. Invisible
  5. Crimson Gale
  6. Ring Aroung Dark Fairie’s Carousel
  7. A Speck in the Universe
  8. Hiding From You
  9. The Voice of Your Dreams
  10. The Hawk’s Lament
  11. Bane
  12. The River of Loss
  13. Zauria
  14. Lies in Your Eyes (Live)
  15. St Michael’s Nightmare

Note: 15/20

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Par AqME

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