octobre 24, 2021

Severed

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Résumé :

Début du XXe siècle. Sur les routes d’une Amérique à l’aube de sa modernisation, le Mal rôde à la recherche de sa prochaine victime. Son apparence et son origine importent peu. Il est. Il est celui qui entraînera l’enfant hors des sentiers, hors d’atteinte de la civilisation, hors de portée de tout secours. Ce mal, le jeune Jack Garron l’a rencontré.

Avis :

Pouvons-nous dire que nous n’aimons pas telle ou telle histoire parce qu’il s’agit d’un récit d’horreur ou d’un récit fantastique ? Je ne pense pas, car comme l’indique la préface du comic Severed, nous aimons les bonnes histoires. A partir du moment où le scénario est bon, où l’histoire est prenante et intelligente, où les personnages deviennent une part de nous-même, alors peu importe alors le thème de cette histoire, de ce roman, de ce film ou de ce comic, nous l’aimons. Maintenant, il est vrai que parfois, et suivant le média utilisé, une historie peut se révéler plus ou moins intéressante. Par exemple, Whiteout marche très bien sur format papier, mais se révèle moins intéressant en format cinéma. Suivant la réalisation, le dessin, l’ambiance, une histoire, en passant d’un format à l’autre peut perdre ou gagner en crédibilité. Qu’en est-il alors de Severed, histoire écrite par le prolifique et excellent Scott Snyder ? Partons au début du XXème siècle pour de quoi il en retourne !

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L’histoire de Severed se déroule principalement au début du XXème siècle. On commence dans les années 70, où l’on voit un grand-père, à qui il manque un bras, et qui reçoit un message qui vraisemblablement l’affole. Il va alors raconter son histoire de jeunesse et donc la perte de son bras. On va rester dans cette période jusqu’à la fin du récit. Alors enfant, Jack apprend qu’il a été adopté et il reçoit une lettre de son père, un violoniste comme lui qui lui demande de la rejoindre. Il fugue alors et rencontre d’autres jeunes vagabonds comme lui dans le train. Il va se lier d’amitié avec Sam, une jeune fille qui préfère se faire passer pour un garçon. Il rencontre alors un vieil homme un peu bizarre, qui leur propose de faire le voyage en voiture avec lui pour retrouver le vrai père de Jack. Malheureusement, cet homme n’a rien d’humain, se repaissant de jeunes enfants, et cachant très certainement des pouvoirs surnaturels assez glauques. Sur une histoire assez simple, Scott Snyder et son acolyte Scott Tuft propose une histoire horrifique assez glauque, mais puisant une force émotive incroyable. En effet, plutôt que de proposer quelque chose de gore et d’idiot, comme une vulgaire torture-porn, l’histoire va s’imprégner des peurs de jeunesse, des vilains monstres qui se cachent dans l’ombre et de la force qui peut naître de l’amitié. Ainsi, et en rendant son histoire très crédible sur l’histoire des deux jeunes enfants, le récit tire une force incroyable où l’horreur arrive comme des coups de poignard et ne fait pas dans le détail. Totalement libérés d’un cahier des charges parfois bloquant, les deux auteurs se permettent de tuer et même torturer des enfants, dans un récit qui peut rappeler certaines histoires de Stephen King comme Ça. L’autre point fort, c’est l’empathie que l’on ressent rapidement pour nos deux jeunes héros, chose assez rare dans les récits d’horreur, où en général on se fout pas mal du devenir des protagonistes. Enfin, le grand méchant est formidable, sorte de monstre séculaire et intemporel qui cache un lourd secret et qui est hors de portée de tout et de tout le monde. Bref, ici tous les éléments sont réunis pour faire une histoire forte, qui assimile les phases mélancoliques et douces avec des passages stressants et gores, dans un grand-huit impressionnant de maîtrise.

Au niveau du dessin, on trouve Attila Futaki, qui a déjà travaillé sur l’adaptation de la série Percy Jackson en BD, et qui signe ici un travail incroyable de réalisme. L’ambiance de début du siècle est vraiment bien rendue, notamment grâce à des plans sublimes, rappelant les plus beaux plans du cinéma mais aussi grâce aux couleurs chaudes, allant chercher vers l’ocre et l’orange. Mais au-delà des décors et de l’ambiance, ce sont les personnages qui sont vraiment bluffants. Nos héros, en plus d’être terriblement attachants, possède un design très agréable et très réaliste, renforçant ce sentiment de de sympathie. Mais le mieux demeure le méchant, ce vieil homme si puissant et si sombre, où les apparitions sont vraiment effrayantes. Attila Futaki arrive à mettre en avant un monstre froid, calculateur et terrifiant, grâce à des planches splendides, axées sur la mâchoire du monstre. Les effets gores sont excellents, parfaitement rendus, où l’on a mal pour eux et devant lesquelles on grince facilement des dents. Puisant son inspiration dans le cinéma, le tout demeure dynamique, sombre et puissant, comme un métrage horrifique. D’ailleurs, ce comic possède tous les éléments d’un bon film d’horreur.

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Au final, Severed est un excellent comic horrifique. Puisant sa force dans les terreurs de la jeunesse, dans un monstre mystérieux et implacable et dans les relations amicales entre deux jeunes enfants aux portes de l’adolescence, Severed possède tous les ingrédients d’une bonne histoire qui évite les facilités tout en restant simple. Bref, une historie hautement recommandable et vraiment poignante aux dessins splendides.

Note : 18/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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