avril 16, 2021

Looper

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De : Rian Johnson

Avec Joseph Gordon-Levitt, Bruce Willis, Emily Blunt, Paul Dano

Année: 2012

Pays: Etats-Unis

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Dans un futur proche, la Mafia a mis au point un système infaillible pour faire disparaître tous les témoins gênants. Elle expédie ses victimes dans le passé, à notre époque, où des tueurs d’un genre nouveau (les « Loopers ») les éliminent. Un jour, l’un d’entre eux, Joe, découvre que la victime qu’il doit exécuter n’est autre que… lui-même, avec 20 ans de plus. La machine si bien huilée déraille…

Avis :

Les voyages dans le temps fascinent encore beaucoup de monde. Mais à quand remonte le premier film ou livre qui parle de ce sujet ? Il faut remonter en 1895 avec le roman de H.G Wells, pionnier de la Science-Fiction, La Machine à Explorer le Temps. A partir de ce livre, un grand nombre de films ont fait l’objet de ce thème, propice à de bons scénarios et aux idées les plus folles. Parmi les plus marquants que j’ai pu voir, on peut citer sans aucun doute, C’était Demain (1980) de Nicholas Meyer avec Malcom McDowell et David Warner, où Jack l’Eventreur emprunte une machine temporel pour échapper à la police. Malgré toute l’inventivité que peut procurer ce genre de situation de départ typique de la SF, on se retrouve bien souvent avec des films d’aventure pour enfants, ou peu engageant, comme en témoigne le remake infâme de La Machine à Explorer le Temps (2002) de Simon Wells et Gore Verbinski. Qu’en est-il avec Looper, qui propose une situation de départ très intéressante ? Le film est-il bon ou bien mal ficelé ? Allons faire un tour dans le futur proche où la mafia joue avec les fils du temps.

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Kaaaammeeeehaaaaameeeeehaaaaaa !!!!

Le scénario de Looper part sur un vrai bon point, car il est innovant, intéressant, et constitue une boucle temporelle complexe mais facile à suivre. Dans un futur relativement proche, la mafia peut se débarrasser des éléments gênants en les renvoyant dans le passé. En arrivant sur place, le voyageur se fait abattre à bout portant par un Looper, un agent qui est payé pour éliminer des corps qui finalement, n’existeront jamais dans le futur. Seulement, les Loopers le savent, leur arrivera fatalement et ils devront se tuer dans passé. Ils touchent alors une grosse prime pour les trente prochaines années, où ils se feront tuer à leur tour par leur version jeune et ainsi de suite, ce qui constitue une boucle temporelle. Joe est un looper efficace et charismatique. Sauf que lorsqu’il doit se tirer sur sa version vieillie, il se fait avoir et doit se retrouver avant son agence. Il apprend alors que dans le futur, un garçon aux pouvoirs télékinésiques prend le pouvoir et fait tuer tous les loopers. Son double du futur lui explique qu’à cause de ce garçon, sa femme bien aimée est morte et qu’il ne veut pas revivre ça. Il est donc revenu avec des indices pour retrouver le futur garçon, alors âgé de quelques années pour le tuer. Joe version jeune veut se retrouver pour finir sa mission et par la même occasion sauver la vie du jeune garçon.  Le scénario est assez complexe sans l’être, puisque tout se suit sans perdre le spectateur, ce qui est une très bonne chose. Si on prend L’Armée des 12 Singes, je me souviens n’avoir rien compris à la première vision (et puis j’étais trop jeune !), mais dans Looper, il n’y a pas ce problème. Alors les plus tatillons trouveront que le scénario demeure trop léger, que certains points ne sont pas assez travaillés, comme par exemple, cette volonté de tuer le jeune enfant alors qu’en apparaissant et en parlant à son lui-même jeune, il change forcément son futur. Mais, cela reste très divertissant et vraiment bien fichu. La photo et la réalisation du métrage sont plutôt bonnes, sans grande inventivité et sans grands effets. D’ailleurs, on remarquera que c’est de la SF qu’à quelques insertions malines, comme les motos volantes ou encore le pouvoir de télékinésie. C’est plutôt bien vu, car je ne suis pas sûr qu’en 2044, les avancées technologiques soient si puissantes comme des voitures volantes ou encore des vaisseaux surpuissants. Par contre, la réelle prise de risque va venir du ton du film.

En effet, bien loin des films sérieux de SF comme Blade Runner, Looper entame avec une voix-off désabusée expliquant tout le bordel puis présente des personnages qui restent dans une espèce d’opulence au milieu de pauvres et de gens vivant dans la rue. L’esprit est tourné vers l’humour noir où finalement, le looper est un crétin qui profite de la vie en tuant et où ses supérieurs sont de sombres crétins orgueilleux et stupides. Certaines situations demeurent cocasses, voire lourdingues, comme le bras droit utilisant un flingue qui se prend une porte dans le gueule et se tire une balle dans le pied, et surprennent le spectateur qui ne sait plus trop sur quel pied danser. Alternant avec un sujet sérieux possédant des phases suggérées  relativement dures où le héros vieux tue de jeunes enfants pour sauver sa future femme et un ton léger et parfois cynique, le film ne laisse pas indifférent et fait ressentir plusieurs types d’émotion aux spectateurs. Les acteurs sont assez bons dans ce métrage. Le meilleur étant résolument le jeune garçon qui possède des pouvoirs télékinésiques incroyables et qui demeure à la fois touchant et terrifiant. Joseph Gordon-Levitt, malgré ses cheveux gominés et sa peau bien trop lisse dans ce métrage, prouve qu’il est capable de jouer les vrais héros comme dans The Dark Knight Rises et les mecs péteux et drogués prenant conscience de l’importance de l’amour et de la vie. Il s’agit là d’un très bon acteur promis à un futur iconoclaste. Bruce Willis, en bon baroudeur signe le minimum syndical, mais donne une prestation intéressante, celle d’un homme prêt à tuer des enfants pour sauver sa femme et qui se retrouve confronté à quelques problèmes moraux. Enfin, Emily Blunt, très bizarre sur le début de son apparition, se révèle être touchante et charmante dans un rôle difficile et complexe. Les seconds couteaux sont intéressants et possèdent aussi un double emploi, entre dureté et humour comme le personnage de Jeff Daniels.

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Je lui tire dessus ou pas ? Non parce que c’est quand même Bruce Willis dans le sac là !

Au final, Looper est un film intéressant, pas dénué d’intérêts et qui suscite plusieurs interrogations de la part du spectateur. Si tout n’est pas parfait, comme une réalisation classique et un double ton déroutant, le film se veut touchant, malin et l’histoire de SF n’est qu’un prétexte pour se concentrer sur un personnage qui évolue de manière différente en fonction de son double. Bref, une belle histoire avec une très bonne fin et qui demeure bien divertissante. Très sympathique !

Note : 15/20

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Par AqME

316356_10201093379436910_1464413393_nNote de Trasher: 16/20

ServalNote de Serval: 11/20 A voir pour une première partie de SF urbaine assurément bien, pleine de bonnes intentions et d’une authentique ambiance. Mais ensuite le revirement est très décevant. Vraiment dommage.

cobra-original-1-290x290Note de Casey Slyback: 14/20

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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Une réflexion sur « Looper »

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