décembre 5, 2020

The Taste of Tea

Titre Original : Cha No Aji

De : Ishii Katsuhito

Avec Takahiro Sato, Maya Banno, Tadanobu Asano, Anna Tsuchiya

Année: 2003

Pays: Japon

Genre: Comédie, Drame

Résumé :

Les Haruno habitent une petite ville de montagne près de Tokyo. Sachiko, la cadette de huit ans, cherche à faire disparaître son double géant. Hajime, son frère, lycéen, vit son premier amour.
Yoshiko, la mère, décide de sortir de sa retraite pour faire un retour très remarqué dans le monde du film d’animation, sous le regard de son mari, Nobuo, qui pratique l’hypnose thérapeutique.
Quant au grand-père, ses excentricités inquiètent toute la famille.

Avis :

On ne sait pas grand chose de Ishii Katsuhito, réalisateur japonais qui se fait plutôt discret. Sa carrière débute à la fin des années 90 et depuis, il a réalisé une dizaine de films et s’est même aventuré dans le domaine de la télévision. Mais si le réalisateur tourne très régulièrement, peu de ses films sont arrivés jusqu’à nous. En fait, il n’y en a que deux pour l’instant et « The taste of tea » est le premier de ceux-là, notamment parce qu’il fut présenté à la quinzaine des réalisateurs en 2004 et qu’il avait reçu de jolis éloges venant de la presse.

« The taste of tea » est un film qui donne envie d’emblée, car, il avait l’air de s’échapper de lui une certaine poésie japonaise, folle et pleine d’onirisme. Chronique d’une famille japonaise pour le moins particulière, « The taste of tea » va séduire au départ, autant qu’il va décevoir à la longue. Et je dis bien à la longue, car étalé sur deux heures vingt de film, on passe un très long moment devant cet ovni qui ne nous fait trop rien ressentir et c’est bien dommage.

La famille Haruno est quelque peu à part dans son genre. Chaque membre de cette famille a l’air déconnecté ou trop connecté. Dans cette famille, on trouve la mère, qui veut faire un retour dans le domaine de l’animation. Le père, lui, qui pratique l’hypnose thérapeutique. Le fils aîné est renfermé sur lui-même, mais essaie de s’ouvrir à la rencontre d’une fille. Il y a aussi la petite sœur, qui essaie de faire disparaître son moi géant qui la suit. Quant au grand-père qui habite avec eux, il a le don d’inquiéter tout le monde avec ses excentricités…

« The taste of tea » est donc une déception qui a un goût pour le moins amer, car le film de Ishii Katsuhito avait de jolis éléments pour offrir un moment unique en son genre. D’ailleurs, d’emblée, le film nous entraîne dans une douce folie avec un début assez délirant, surprenant et intéressant. Le réalisateur nous invite à entrer dans cette famille qu’il nous présente de belle façon. Ils sont délirants et sympathiques, et très vite on sent que l’on pourrait bien s’accrocher à eux car ils sont touchants.

Mais voilà, une fois la surprise du début passée, une fois passées ces vingt premières minutes pleines d’intrigues et de charme, on se rend compte que la sauce prend de moins en moins, notamment à cause d’une réalisation plate au possible, qui ne véhicule aucun souffle, aucune vie, aucun punch, et même les moments les plus fous, les plus absurdes et les plus oniriques n’arrivent pas à nous faire décoller.

Finalement, plus le film avance et plus l’on s’ennuie devant son côté contemplatif, devant ses longs plans fixes, devant des séquences qui n’apportent pas grand-chose aux personnages. On se demande même ce que veut nous raconter le réalisateur, tant l’intrigue finit par partir trop loin, appelant métaphore sur métaphore. D’ailleurs, on se pose aussi la question du pourquoi il nous raconte ces moments là, car le film, si on efface son délire visuel et les petits gags, ne parle pas de grand-chose. On a l’impression que « The taste of tea » ne fonctionne finalement que sur son concept et qu’il a oublié de nous chroniquer quelque chose d’intéressant. De raconter quelque chose d’intéressant sur ses personnages, sur leurs vies ou leurs quotidiens.

Mais au milieu de ces longueurs, on pourra apprécier des effets spéciaux terriblement rétros qui si les délires qu’ils racontent nous perdent, ont toutefois un charme certain, qui a tendance à nous faire sourire. Le film avait peu de budget, il voyait grand et avec peu, Ishii Katsuhito arrive à faire quelque chose de très sympa.

« The taste of tea » reste malgré tout une belle déception, pleine d’ennui. Ishii Katsuhito présente un film renfermé sur lui-même, qui a bien du mal à nous emmener dans son intrigue, auprès de ses personnages et les deux heures vingt que dure le film, on les sent vraiment passer. Donc si vous avez envie d’onirisme et de contemplatif, vous allez être servi, pour les autres, mieux vaut savoir où l’on met les yeux.

Note : 06/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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