La Momie – Tombe Cruise

Titre Original : The Mummy

De : Alex Kurtzman

Avec Tom Cruise, Sofia Boutella, Annabelle Wallis, Russel Crowe, Jake Johnson

Année : 2017

Pays : Etats-Unis

Genre : Fantastique

Résumé :

Bien qu’elle ait été consciencieusement enterrée dans un tombeau au fin fond d’un insondable désert, une princesse de l’ancienne Égypte, dont le destin lui a été injustement ravi, revient à la vie et va déverser sur notre monde des siècles de rancœurs accumulées et de terreur dépassant l’entendement humain. Des sables du Moyen Orient aux pavés de Londres en passant par les ténébreux labyrinthes d’antiques tombeaux dérobés, La Momie nous transporte dans un monde à la fois terrifiant et merveilleux, peuplé de monstres et de divinités, dépoussiérant au passage un mythe vieux comme le monde.

Avis :

Durant les années 30 et 40, Universal a connu un âge d’or qui lui a permis de sortir un peu tout ce que le studio voulait. C’est durant cette période faste que l’on a vu naître les monstres de la littérature fantastique sur grand écran avec des adaptations qui ont aujourd’hui un statut de film culte. Que ce soit le Dracula de Tod Browning, Frankenstein de James Whale ou encore Le Loup-Garou de George Waggner, toutes ces créatures connaissent une nouvelle jeunesse dans des métrages courts mais efficaces, arborant une atmosphère gothique qui sied parfaitement à ce genre. Etrangement, si toutes ces créatures ont connu d’autres films plus ou moins réussis, Universal souhaite faire un monde cohérent où chacune de ces bestioles coexistent. C’est ainsi que naquit le projet du Dark Universe, à savoir remettre au goût du jour les films de monstres, évoluant tous dans le même monde.

Un projet assez étonnant de la part du studio, puisque plusieurs métrages ont déjà tenté le coup et chacun s’est littéralement pété la gueule au box-office, que ce soit le sympathique Wolfman de Joe Johnston ou le lénifiant Dracula Untold de Gary Shore. Autre choix étrange, prendre La Momie comme début à cet univers alors que ce n’est clairement pas la créature la plus attractive et que parmi les tous les films de monstres de chez Universal, c’est certainement le moins bon, celui qui possède une ambiance moins marquée. Bref, tous les éléments étaient réunis pour que ce premier film soit une catastrophe au box-office, et là-dessus, il n’y eu aucune surprise, puisque le film a totalement floppé aux States, remettant en cause l’existence même du Dark Universe, malgré des castings luxueux à l’image de Scarlett Johansson pour L’Etrange Créature du Lac Noir, Angelina Jolie pour la Fiancée de Frankenstein ou encore Jason Momoa pour le Loup-Garou. Mais en termes de qualité, que vaut vraiment le nouveau film mettant en vedette Tom Cruise ?

Et bien à vrai dire, pas grand-chose. D’entrée de jeu, le film débute sur un chantier qui permet de trouver des sépultures de templiers à Londres. Alors qu’un homme énigmatique prend le contrôle des fouilles, on se retrouve propulsé avec une voix-off dans l’Egypte ancienne, racontant comment Ahmanet fut momifiée en pactisant avec Seth, le Dieu de la Mort. Une introduction explicative, renforcée à grands coups de flashbacks et d’un montage cut qui laisse dubitatif sur les enjeux du film. Pourquoi à Londres ? Pourquoi on nous explique directement la légende de la momie alors qu’il n’y a qu’un symbole sur une énorme roue percluse de runes ? Bref, tout cela sent le prétexte et plonge le spectateur dans une aventure qui ne semble pas de cohérence en termes d’espace. Et ce problème de cohérence va se faire ressentir durant tout le film et dans tous les domaines. Pourtant le début, avec l’apparition de Tom Cruise en Irak, est plutôt sympathique malgré un sidekick insupportable (Jake Johnson). En effet, les scénaristes et le réalisateur place l’action dans un pays en crise avec les terroristes qui détruisent les antiquités. Seulement, là où on aurait pu avoir une courte critique sur les actions immondes de ces personnages et la destruction d’un patrimoine mondial, on se retrouve à suivre les fusillades entre un Tom Cruise en grande forme physique et un acolyte qui essaye de faire de l’humour en toute circonstance. Bref, très clairement, on est face à un sous Uncharted qui va se conclure par la trouvaille du sarcophage dû à un heureux hasard.

A partir de là, on aurait pu croire à un changement d’ambiance. Entre les différentes pièces de la tombe et l’apparition du sarcophage au faciès si particulier, on s’attendait à partir vers une horreur plus prégnante et des moments de tension palpable. Malheureusement, le réalisateur se trompe complètement de cible et livre un film poussif qui ne choisit jamais le bon ton. On ne saura jamais si l’on est dans un film d’action, dans un film d’horreur ou dans une comédie fantastique. Il y a un réel manque d’équilibre dans le film qui ne parvient jamais à susciter la peur, l’angoisse ou encore le rire. En fait, les ruptures de tonalité sont trop nombreuses et interviennent à chaque fois pour dédramatiser une autre ambiance. C’est-à-dire qu’un moment de tension, voire même de peur, va se conclure par une farce ou une blague douteuse du personnage principal. Ainsi donc, La Momie possède des moments intéressants (certaines apparitions dans le noir sont proches du film d’horreur contemporain) mais qui sont de suite saccagés par une blague à deux balles. Même les moments d’action qui participent au climax du film sont de suite contrebalancés par un plan foireux d’un Tom Cruise cabotinant à mort.

D’autant plus que le film ne possède une mise en scène marquante. On retrouvera dans ce film des plans qui feront immédiatement références à d’autres films, et pas toujours de bons métrages. On pense notamment à La Ligue des Gentlemen Extraordinaires de Stephen Norrington ou encore à Van Helsing de Stephen Sommers pour le côté mélange de créatures issues de la littérature anglaises, mais aussi à La Momie du même Stephen Sommers, dont certaines séquences sont carrément copiées ici, avec une tempête de sable qui prend la forme du visage de la momie. Sauf que si le film de Sommers était familial et plutôt réussi, ici, les problématiques de tonalité et cette volonté de quand même mettre des passages horrifiques posent problème. Il n’y a qu’une scène qui finalement vaut le coup, c’est lors du crash aérien, où l’on ressent une réelle pression. Mais encore une fois, cette séquence plutôt marquante va être effacée par une vilaine blague d’un Tom Cruise à poil dans une morgue.

Enfin, il y a un énorme problème d’écriture dans les personnages et dans leurs relations. En premier lieu, Tom Cruise n’est pas du tout convaincant. Son personnage immoral et cynique est tout simplement insupportable, notamment à cause des vannes qu’il balance dans des moments importants ou stressants, mais en plus de cela, l’acteur ne sera pas réellement investi dans son rôle. Annabelle Wallis, qui joue son acolyte féminin, n’est que la faire valoir de l’acteur et n’apporte rien à l’intrigue, si ce n’est une romance détestable et qui ne tient pas debout. C’est d’ailleurs presque gênant de voir ces deux acteurs se rendre la pareille lors de dialogues lourdingues, faisant ralentir un rythme déjà délétère, mais en plus n’offrant pas de réels sentiments et ne créant pas l’empathie avec le spectateur. On ne s’attache pas du tout à eux, on aura même tendance à les détester. Et que dire de Russell Crowe, qui est en quelque sorte le liant entre les tous les films du Dark Universe, mais qui semble n’être là que pour prendre un gros cachet et tourner une bagarre avec son ami Tom Cruise. Enfin, il reste Sofia Boutella, sexy en diable malgré son papier toilette autour d’elle, ce qui reste la meilleure idée du film et que l’on sent investie dans son rôle. Malheureusement, elle n’est pas bien servie à cause de personnages creux et sans réel intérêt, mention spéciale à Jake Johnson qui est le sidekick rigolo et qui demeure parfaitement insupportable.

Au final, La Momie version 2017 est un mauvais film qui ne rend pas hommage aux films des années 30 et 40. Universal fait le mauvais choix en commençant sa licence avec ce métrage, laissant les commandes à un Yes Man (Alex Kurtzman qui n’avait pas touché une caméra depuis cinq ans et est responsable du scénario de Transformers 2 entre autres) et ne sachant pas sur quel pied danser entre l’horreur et la comédie. Il n’y a quasiment rien à sauver de ce métrage, pas même un message positif et si le Dark Universe n’est pas mort, on espère trouver mieux la prochaine fois. D’un autre côté, le film est à l’image de notre époque, lisse, vide de sens et sans aucun parti pris pour plaire à la masse populaire.

Note : 05/20

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Par AqME

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