Free Fire – Couchez-vous sous mes douilles !

Titre Original : Free Fire

De: Ben Wheatley

Avec Sharlto Copley, Armie Hammer, Brie Larson, Cillian Murphy, Sam Riley, Noah Taylor

Année: 2017

Pays: Angleterre

Genre: Action

Résumé:

Une vente d’armes clandestine doit avoir lieu dans un entrepôt désert. Tous ceux qui y sont associés se retrouvent face à face : deux Irlandais, Justine, l’intermédiaire, et le gang dirigé par Vernon et Ord. Mais rien ne se passe comme prévu et la transaction vire à l’affrontement. C’est désormais chacun pour soi… pour s’en sortir, il va falloir être malin et résistant.

Avis:

Oui, ce titre est bien une contrepèterie d’un goût exquis. D’ailleurs, un Carambar au premier qui la trouvera.

C’était juste histoire de vous mettre dans l’ambiance du film explosif d’un auteur qui n’est jamais vraiment où on l’attend.

Car Ben Wheatley est en train de se faire une petite réputation de touche-à-tout dans la communauté cinéphile. Parti de rien (qui connaît vraiment ses premières œuvres, ses séries Modern Toss et The Wrong Door, ou Down Terrace ?), il s’est fait découvrir grâce à la carrière de Kill List en festivals, un film présenté un peu partout en France, de Strasbourg à Beaune, et qui a autant enthousiasmé de spectateurs qu’il en a déçu. Le pari était réussi, quelle que soit les critiques, le nom de Ben Wheatley circulait chez les amateurs de thrillers hardcore.

Et pourtant il a surpris tout le monde l’année suivante en bifurquant de style, avec un Touristes toujours saignant mais parsemé d’un délicieux humour noir.

Depuis, le réalisateur n’a jamais cessé de slalomer entre les styles en se renouvelant sans cesse, participant à l’anthologie d’horreur ABC’s of Death, plongeant dans le film historique quasi-psychédélique avec English Revolution, réalisant même deux épisodes de la saison 8 de Doctor Who.

Et cette année, à peine remis de son High Rise conceptuel, il revient par la grande porte avec un projet qu’on attendait pas (enfin je sais pas vous mais moi avant d’en voir l’affiche au BIFFF je n’en avais jamais eu vent ) mais qui fait saliver rien que par son casting et son concept : Free Fire.

Film d’action pétaradant, Free Fire est une véritable gourmandise joviale dont le scénario tient sur un coin de table et qui préfère trouver toutes les manières les plus intéressantes et fun de défourailler plutôt que de construire une histoire compliquée.

À mi-chemin entre un Tarantino période Reservoir Dogs et le Guy Ritchie des débuts, il réunit pas moins que Sharlto Copley, Cillian Murphy, Armie Hammer, Brie Larson, Sam Riley ou encore Noah Taylor dans un hangar à l’abandon en 1978, pour une vente d’armes qui tourne mal et va transformer l’entrepôt en zone de guerre pour grandes gueules énervées.

Avec ses camés en roue libre, ses teubés en costard de couleur et ses anglais vanneurs, Wheatley s’amuse autant avec les échanges verbaux que les échanges de tirs, et crée quelque part un nouveau concept, le film d’action statique. Pas de chorégraphie virevoltante à la John Woo ou de déluge de pyrotechnie ici, les protagonistes sont coincés derrière des éléments de décors, se tire dessus au petit bonheur la chance (et parfois au hasard), se blesse par petit bout, tout le monde rampe au sol ou galère à changer de place, on se fout de la gueule les uns des autres plus qu’on ne se colle des bastos (tant qu’on a finalement l’impression qu’ils ne s’en veulent pas tellement et ne cherchent pas vraiment à s’entretuer), et quand le film balance ce qui ressemble le plus à une poursuite en voiture, c’est au pas !

Au premier abord, il semblera au spectateur que le film risque fort de s’essouffler, tant il table sur un canevas linéaire (des malfrats s’entretuent dans un endroit clos) et un récit minimaliste. Et pourtant, non content d’enchaîner des situations qui permettent au rythme de rester constant, Wheatley se permet de créer un véritable scénario en filigrane, le statu quo explosif trouvant ses racines dans une successions de malentendus et de mauvaises décisions, les antécédents et caractères des différents protagonistes se dessinant peu à peu et quelques coups de théâtre venant redonner régulièrement un coup de boost à l’histoire.

Avec le recul, Free Fire ressemble à une version verbale du magnifique Mean Guns d’Albert Pyun, qui confrontait Christophe Lambert à Ice T et un tas d’autres trognes prêtes à en découdre, troquant l’action non-stop mutique et toujours en mouvement, pour une action non-stop bavarde et statique.

Cela sonne comme un défaut, et pourtant ça marche du tonnerre, tant les conditions sont réunies pour que l’attention du spectateur soit constamment mise à contribution, entre saillies cynique, coups d’éclat qui sentent la poudre et plans gores furtifs.

Bref, un beau bordel organisé par Ben Wheatley, qui avec sa gestion de l’espace impeccable, son sens du renouvellement, son Sharlto Copley on fire, son Armie Hammer barbu pince-sans-rire ultra classe ou encore son Sam Riley en camé débile qui trouve là le rôle de sa vie, nous offre une pépite d’humour noir explosive, absolument hilarante et finalement plutôt originale.

Note : 18/20

 

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Par Corvis

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