octobre 27, 2020

Le Géant de Fer

Titre Original : The Iron Giant

De : Brad Bird

Avec les Voix de Eli Marienthal, Vin Diesel, Jennifer Aniston, Harry Connick Jr.

Année : 1999

Pays : Etats-Unis

Genre : Animation

Résumé :

Quelque chose de gigantesque se profile à l’horizon. Hogarth Hugues vient tout juste de sauver un énorme robot tombé du ciel. Le jeune Hogarth a désormais un très grand ami et un problème encore plus grand : Comment garder secrète l’existence d’un géant de 15m, mangeur d’acier (avec un penchant pour les voitures de la décharge qui sont délicieuses) ? Cette mission se complique encore plus lorsqu’un agent du gouvernement un peu trop curieux arrive en ville pour chasser « l’envahisseur alien » et que les forces terrestres, maritimes et aériennes des militaires américains sont envoyées pour démolir le géant. Résultat : une incroyable aventure faite de métal, de magie, mais surtout pleine de cœur.

Avis :

On a souvent tendance à réduire le film d’animation à l’enfance et à nos chères têtes blondes. Or, depuis quelques temps déjà, le cinéma d’animation s’évertue à proposer des films ayant plusieurs niveaux de lecture, pouvant ainsi plaire aussi bien aux enfants qu’aux parents. Il y a un autre phénomène, qui ne date pas d’hier mais qui a refait parler de lui l’année dernière, c’est le film d’animation pour adultes. En effet, si Sausage Party a fait naître des polémiques autour des gens qui ne se sont jamais renseignés sur l’objet, le cinéma d’animation pour adulte ne date pas d’hier, en atteste La Honte de la Jungle et son Tarzan se faisant trimballer par des zizis en marche. Mais là n’est pas le propos et revenons-en plutôt aux films d’animation qui propose deux (ou plusieurs) niveaux de lecture. Si aujourd’hui c’est chose commune, à l’aube des années 2000, ce n’était pas tout le temps le cas. Et si on doit choisir un dessin animé qui se démarque complètement des autres, c’est bien Le Géant de Fer de Brad Bird.

Ce film d’animation est très particulier car dès le départ, il se démarque de Disney avec un ton plus mature, des dessins plus « pulp » et surtout une époque assez complexe, puisque nous sommes plongés en pleine guerre froide dans un petit bled des Etats-Unis. L’histoire raconte comment un petit garçon, plus ou moins brimé à l’école et n’ayant pas de camarades, va trouver un géant de fer dans la forêt et s’en faire un ami. Cependant, ce géant un peu pataud et peu discret vient de l’espace et le gouvernement craint une attaque russe ou extraterrestre. Hogarth va alors tout faire pour cacher et protéger son ami gigantesque du gouvernement et de l’armée. Alors bien entendu, le message principal de ce film, c’est l’amitié entre un enfant qui est en dehors des codes et un robot géant qui va devoir apprendre à vivre sur une terre où l’inconnu n’a pas vraiment sa place. Un message universel, qui ressort très souvent dans les dessins animés, sauf que là, Brad Bird y apporte une nuance et va gratter la surface pour aller en profondeur dans une amitié qui frôle l’amour et l’adoration. Si effectivement le robot n’est pas aussi innocent qu’il le laisse paraître, le film lutte contre le déterminisme et cet adage qui dit que l’on ne peut lutter contre sa nature.

Il réside un message de résistance dans ce film. L’enfant résiste aux brimades de ses camarades mais aussi au manque affectif de son paternel (qu’il comble avec la présence du robot), le robot essaye tant bien que mal de résister à sa nature de machine à tuer, le meilleur ami du garçon, un adulte, résiste aux dictats de la norme, faisant des sculptures étranges et vivant un peu en autarcie, bref, Le Géant de Fer montre à quel point la vie n’est pas facile quand on est en dehors d’une normalité imposée alors que finalement, tout un chacun est un peu fou à sa façon. Mais ce n’est pas tout. Le film pose un regard ultra cynique sur les Etats-Unis d’Amérique et cette façon obscène de s’attaquer à des choses inconnues sans prendre le temps et la peine de les connaître. C’est ainsi que le grand méchant est incarné par un agent complètement frappé, parano au possible et qui voit dans le robot une arme russe. La guerre froide est à peine évoquée au détour de quelques lignes de dialogue ou d’une image montrant un satellite russe, mais elle reste bien présente dans tous les esprits, tout comme les ravages de la bombe nucléaire, qui prend ici un sens fataliste, surtout si on la laisse entre les mains de gens incompétents ou complètement fous. Des messages très adultes au sein d’un film qui prône aussi le courage et qui montre que peu importe l’âge, on peut aussi réaliser de grandes choses.

Alor son pourrait croire que le film ne s’adresse qu’aux adultes avec des thématiques aussi riches et puissantes, mais non, car le film a su garder un ton relativement enfantin, sans jamais tomber dans le niais. Le film peut paraître naïf par moments, et c’est ce qui fait son charme, et que les thématiques sont d’autant plus fortes. Le tout est bien entendu mis en avant grâce à la mise en scène grandiose de Brad Bird. Les changements de plan, les perspectives, les mouvements de caméra, Le Géant de Fer a tout du vrai film et une adaptation live ne changerait pas grand-chose, tout du moins dans la mise en scène. Brad Bird libère une idée à la seconde et le film est un enchantement à voir, malgré les années qui passent.

Au final, Le Géant de Fer est tout simplement un chef d’œuvre du cinéma d’animation. Sorti en 1999, le film a fait un flop complet au box-office alors qu’en plus de livrer des messages puissants et intelligents, il est aussi le révélateur d’un metteur en scène de talent, qui ne cessera de proposer des films ambitieux et d’une beauté sans faille. Pour en revenir au Géant de Fer, nous sommes face à film important et qui mérite d’être montré dans toutes les écoles. A la fois puissant, drôle et touchant, avec ce film, Brad Bird touche au sublime.

Note : 19/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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