La Malédiction de Molly Hartley

Titre Original : The Haunting of Molly Hartley

De: Mickey Liddell

Avec Haley Bennett, Chace Crawford, Annalynn McCord, Shannon Woodward

Année: 2008

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Molly, une jeune adolescente de 17 ans, doit faire face aux problèmes psychotiques de sa mère. Le jour où sa vie est en danger, elle décide de déménager pour recommencer une nouvelle vie: nouveau lycée, nouveaux amis…Mais tout bascule le jour où elle est hantée par des visions, qui lui révèlent alors un sombre aspect de son passé…

Avis:

Mickey Liddell est un producteur américain qui officie depuis la fin des années 90. Si l’on sait peu de choses sur lui, sa filmographie en tant que producteur laisse à penser qu’il est un fan de films d’horreur, puisque c’est notamment à lui que l’on doit The Collector, un très bon film typé Home Invasion réalisé par Marcus Dunstan. Cependant, on le sait tous, il y a un moment où créer son propre bébé devient une nécessité vitale et plus on ingurgite de films de genre, plus on pense pouvoir maîtriser le genre. Malheureusement, ce ne serait pas vraiment le cas avec La Malédiction de Molly Hartley, seul et unique film réalisé par Mickey Liddell.

Il faut dire que dans son ensemble, le film est totalement raté. Tourné en 2008 et arrivé chez nous deux ans plus tard, le film n’a pas fait grand bruit, si ce n’est dans le mauvais sens du terme, à savoir un lot impressionnant de critiques négatives. Et on comprend vite pourquoi. Si l’on s’intéresse au marketing du produit, on peut lire çà et là qu’il s’agit d’une relecture de Rosemary’s Baby de Roman Polanski, à la sauce Twilight. Deux termes antagonistes qui peuvent faire fuir tous les publics visés. En effet, si les amoureux du genre aura tôt fait de lire l’inspiration sur Polanski, les jeunes y verront une alternative aux suceurs de sang imberbes brillant en plein jour. Mais les deux sont clairement incompatibles. Du coup, La Malédiction de Molly Hartley ne trouve jamais son équilibre et se présente comme un film d’épouvante éventé, qui ne fera jamais peur et qui aura un scénario totalement indigne.

On sent, dès la mise en scène, que le film est complètement fauché. Certes, cela limite beaucoup de choses, mais on a vu des films faire des merveilles avec trois fois rien. L’intrigue se place donc au sein d’un lycée où l’on va suivre les premiers pas d’une jeune adolescente dont on apprend que la mère est internée dans un hôpital psychiatrique, car elle a voulu tuer sa fille à grands coups de ciseaux. La jeune demoiselle, un peu dérangée, a peur de finir comme sa mère et se met à avoir des visions et des vertiges. On peut alors se poser la question sur l’état mental de la demoiselle, si elle porte les gènes de sa mère ou s’il y a quelque chose d’autre. Mais le film rate totalement son coup, car l’introduction, qui présente une autre nana dix ans plus tôt, annihile tout questionnement et comme le titre le laisse à penser, on aura droit à un énième cas de possession, sans que cela ne finisse par un exorcisme (malgré la nullité du film, une suite vient de sortir, portant sur l’exorcisme de la jeune fille). De ce fait, le spectateur navigue en terrain conquis et ne sera point surpris par les différents éléments du film. Enchainant les clichés et les personnages secondaires vides de sens que l’on éjecte sans aucune raison, La Malédiction de Molly Hartley fait dans le bâclage pur et dur.

Point de mise en scène donc, point d’ambiance, et surtout pas de gore, ni d’effets un peu recherchés. Ici, le réalisateur se contente du minimum syndical et offre quelque chose de totalement aseptisé. La première scène qui se veut un peu horrifique, c’est lorsque l’héroïne se retrouve seule dans les chiottes de son bahut et un pied apparait dans des toilettes qui semblaient inoccupés. Effet éculé depuis des lustres, présenté ici sans aucune musique ou effet nébuleux pour donner un sens éthéré à la scène, ce dit pied est celui d’une jeune fille de sa classe, un peu grunge sur les bords. S’ensuivront ensuite divers scènes complètement anodines qui, en plus de ne susciter que du désarroi, ne serviront absolument pas le film. Et si un film ne présente aucun intérêt sur l’ambiance et la mise en scène, il reste peut-être le gore, mais là aussi c’est la douche froide, puisqu’il n’y aura pas une goutte de sang et le seul passage qui aurait pu en amener (un moment gênant qui s’explique à la va-vite et ne tient pas debout) se résout en deux actions débiles. Bref, là-dessus, il n’y a rien à se mettre sous la dent.

Et le film ne se rattrape même pas sur ses personnages. C’est bien simple, l’héroïne, jouée par la toute mignonnette Haley Bennett, est juste insupportable. Si elle a vécu un traumatisme, son père s’évertue à lui réserver un avenir plus radieux et il fait tous les efforts du monde pour qu’elle se sente mieux. Des efforts rejetés en bloc par sa fille, que l’on a envie de baffer très fort pour la remettre sur le droit chemin. Parmi les autres personnages, on retrouvera le beau gosse dragueur qui ne sert à rien, la copine grunge pas vraiment sympathique, la pieuse qui cache un secret ou encore la connasse de base qui va se faire latter au détour d’une soirée ado par le personnage central. Bref, rien n’est fait pour interpeller le spectateur et qu’il ressente une certaine empathie pour les personnages. Même les adultes seront inintéressants, comme le prof de français qui fait le blasé ou encore le père de famille et sa perruque auburn sur la tronche. Et comme on le sait, si on ne ressent rien pour les personnages, on ne peut se projeter dans le film, sauf si ce dernier est bien fait, ce qui est loin d’être le cas ici.

Au final, La Malédiction de Molly Hartley est un très mauvais film. Aseptisé pour permettre aux pauvres adolescents de voir le film, le métrage ne possède rien pour lui, ni ambiance stressante, ni gore vermillon, ni personnages attachants, ni mise en scène inspirée. Bref, on comprend vite pourquoi Mickey Liddell n’a plus rien fait depuis et on s’étonne de voir une suite à ce bousin, tant tout est mauvais.

Note: 02/20

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Par AqME

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