mars 5, 2021

Sherlock Holmes

De : Guy Ritchie

Avec Robert Downey Jr, Jude Law, Rachel McAdams, Mark Strong

Année: 2009

Pays: Angleterre, Etats-Unis, Australie

Genre : Action, Aventure, Policier

Résumé :

Aucune énigme ne résiste longtemps à Sherlock Holmes… Flanqué de son fidèle ami le Docteur John Watson, l’intrépide et légendaire détective traque sans relâche les criminels de tous poils. Ses armes : un sens aigu de l’observation et de la déduction, une érudition et une curiosité tous azimuts; accessoirement, une droite redoutable…
Mais une menace sans précédent plane aujourd’hui sur Londres – et c’est exactement le genre de challenge dont notre homme a besoin pour ne pas sombrer dans l’ennui et la mélancolie.
Après qu’une série de meurtres rituels a ensanglanté Londres, Holmes et Watson réussissent à intercepter le coupable : Lord Blackwood. A l’approche de son exécution, ce sinistre adepte de la magie noire annonce qu’il reviendra du royaume des morts pour exercer la plus terrible des vengeances.
La panique s’empare de la ville après l’apparente résurrection de Blackwood. Scotland Yard donne sa langue au chat, et Sherlock Holmes se lance aussitôt avec fougue dans la plus étrange et la plus périlleuse de ses enquêtes…

Avis :

Dans le cinéma actuel, il y a un réalisateur qui se fait perpétuellement basher à chaque nouveau film. En effet, il semblerait que Guy Ritchie ne soit pas apprécié par les cinéphiles, car hormis son début de carrière tonitruant (Arnaque, Crime et Botanique ou encore Snatch), toutes ses relectures sont suivies par des hordes de commentaires moroses à cause de sa modernité ou de sa non fidélité au matériau d’origine. Si Sherlock Holmes n’était que le début (mais on va y revenir dessus puisque c’est le but de ce papier), il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère avec des films comme Code U.N.C.L.E. ou encore plus récemment Le Roi Arthur qui a longuement divisé la presse spécialisée. Mais il y a quelque chose que l’on ne peut pas enlever au réalisateur, c’est sa mise en scène et cette volonté perpétuelle de bousculer les codes pour fournir des relectures modernes et couillues, quitte à se mettre des pisse-froids à dos. Et Sherlock Holmes n’est que le premier d’une assez longue série, surtout quand on sait qu’il est pressenti pour faire la version live d’Aladdin et de l’île au Trésor de Robert Louis Stevenson.

Sorti début 2010, Sherlock Holmes a pris quelques critiques cinglantes dans la figure à cause des pros Arthur Conan Doyle, ne souhaitant pas voir le détective conseil autrement que dans les romans. Sauf que quand on donne un personnage de fiction littéraire à Guy Ritchie, il ne peut s’empêcher de jouer avec les codes qui le précisent afin d’en tirer quelque chose de plus moderne. Ce fut le cas avec Sherlock Holmes qui bénéficie d’un traitement intéressant entre modernité et classicisme, innovant en même temps sur le personnage que respectant certains traits de caractère. En effet, dans le film comme dans les romans, nous avons affaire à un homme intelligent mais tourmenté, perclus d’addictions et de névroses, comme son fidèle violon, sa pipe ou encore sa capacité à essayer toutes les substances illicites dont la cocaïne. Le réalisateur en fait de même avec Watson, complètement fou des jeux et des paris, mais restant un fidèle associé, indissociable de Holmes. Tout est fait pour que le spectateur repère immédiatement les deux protagonistes, que ce soit le profane ou le fidèle lecteur.

Mais le réel atout de ce film tient à une seule chose, la mise en scène. Si certains critiquent ouvertement ce montage hyper cut et clipesque, d’autres y verront une modernité qui sied parfaitement au personnage. Alternant volontairement les moments très rapides dans les séquences d’action et les dialogues assez drôles et intimistes, le réalisateur arrive à créer un dynamisme inédit dans un cadre pourtant souvent lent, voire lénifiant. Ici, les éléments de l’enquête se mettent bout à bout, mais avec des temporalités différentes afin de dynamiter l’ensemble et de montrer à quel point tous les éléments sont essentiels et le moindre petit plan donne lieu à une réflexion intelligente de la part du héros. On peut donc reprocher beaucoup de choses à Guy Ritchie, mais il y a une certaine logique dans son montage, que l’on retrouve dans quasiment tous ces films, apportant donc une certaine modernité (une alternance de plans parfois loufoques, usant de GoPro pour être au plus près de l’action par exemple) à des personnages qui en ont bien besoin. Sans oublier que ce Sherlock Holmes prend place durant la révolution industrielle et que les décors sont à tomber par terre, malgré quelques fonds verts visibles, notamment sur la fon quand les personnages sont en hauteur.

Le seul petit défaut du film réside dans son intrigue et dans son grand méchant. Si on aurait aimé Moriarty dès le départ, on restera sur notre faim avec Lord Blackwood. Non pas que le personnage soit inintéressant, mais il est moins porteur pour les fans et surtout, même s’il semble intelligent, on a la sensation que Sherlock Holmes a toujours un coup d’avance sur lui. Du coup, il est difficile de mettre en avant des enjeux dramatiques efficaces et surtout des situations tendues, comme à la fin avec l’histoire de la bombe. En fait, il manque quelque chose à ce Sherlock Holmes, c’est une intrigue un peu plus complexe, puisqu’ici, malgré les volontés du réalisateur de nous perdre dans une enquête qui flirte avec l’ésotérisme, on reste dans quelque chose de très linéaire et qui n’a pas de grandes surprises. Le talent de Guy Ritchie fait que l’on ne s’ennuie jamais, masquant le tout avec certaines séquences folles comme le combat de rue du héros ou encore la séquence de l’explosion au ralenti qui reste très forte.

Au final, Sherlock Holmes version Ritchie demeure un excellent divertissement qui sort le personnage fictif de Sir Arthur Conna Doyle de sa zone de confort. A la fois drôle et nerveux, cette réadaptation, cette relecture, demeure un divertissement honnête qui respecte les personnages tout en y apportant une grosse dose de modernité. Si certains fans du héros sont restés sur le banc de touche, préférant le fog londonien et les palabres complexes pour résoudre une enquête, Guy Ritchie fait le pari de dynamiser l’ensemble avec une mise en scène nerveuse et moderne, et force est de constater que cela fonctionne à merveille. Et puis Robert Downey Jr est juste parfait.

Note : 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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