octobre 28, 2020

Graffiti Party

Titre Original : Big Wednesday

De : John Milius

Avec Gary Busey, Jan-Michael Vincent, William Katt, Patti D’Arbanville

Année: 1979

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie, Drame

Résumé :

Matt, Jack et Leroy sont trois jeunes surfeurs californiens originaires de Malibu. Véritables vedettes des plages et des vagues dans les années 60 et 70, ils n’ont cependant pas un quotidien facile. Alors que Matt est sujet à l’alcoolisme, ils voient se dresser devant eux des surfeurs nazis.

Avis :

Toujours sur la même ligne, John Milius continue son parcours entre ses propres réalisations et l’écriture de scénarios. D’ailleurs, à cette époque, on peut même dire que John Milius collabore à d’immenses films, choisissant à la perfection ses films, puisque en dehors de l’écriture de ses propres films, Milius collabore coup sur coup à l’écriture des « … dents de la mer » de Spielberg, puis il collabore à l’écriture de « Apocalypse Now« , film qui sortira à quelques mois d’intervalles avec « Graffiti Party« , sa troisième réalisation.

Après les gangsters de « Dillinger« , après les plaines marocaines de « Le lion et le vent« , John Milius revient avec un film sur le surf et plus largement sur l’amitié. « Graffiti Party » (on cherchera encore le pourquoi de ce titre) est un tournant dans la carrière de son réalisateur, qui s’aventure sur le chemin du drame, aussi doux qu’amer. Un joli drame qui nous offre une belle intrigue, des personnages attachants et une ambiance délicieusement sixties. Si la deuxième réalisation de John Milius avait déçu, le réalisateur quitte les années 70 sur une jolie note.

Matt, Jack et Leroy sont trois amis qui sont unis par leur amour de surfer la vague des plages californiennes. Les trois jeunes gens se connaissent depuis toujours et leur amitié est presque indéfectible et pourtant, cette amitié, justement, va être mise à l’épreuve par les aléas de la vie. Innocences perdues, responsabilité plus grande, désillusions, alcoolisme, et surtout la guerre du Viêtnam, s’invitent.

Qu’il est cool et qu’il est beau ce « Graffiti Party« . Intime et démesuré à la fois, ce troisième film pour John Milius est un joli film, quoi qu’un peu long sur la fin, qui aborde l’amitié, la vie et la passion. Auréolé d’un scénario pointu, « Graffiti Party » est un film qui va s’attarder sur chacun des points qu’il va aborder.

« Graffiti Party« , c’est trois sujets mis en avant à part égale. Le film est une ode à la passion du surf. Allant chercher dans sa culture, dans cet amour de la vague, cette liberté qu’apporte ce sport, John Milius parlera du surf presque amoureusement à travers ce film. D’ailleurs, à plus d’une reprise, cet amour transparait dans la mise en scène de Milius qui est bien souvent impressionnante, tant il filme au plus près ces surfeurs. « Graffiti Party« , c’est bien souvent des scènes de surf tout bonnement bluffantes et incroyablement osées. John Milius a su capturer quelque chose d’inédit, encore aujourd’hui.

Bon, on notera toutefois que le film ayant vieilli, l’illusion que ce sont ses acteurs qui surfent ces immenses vagues a perdu de sa magie avec les années et les doublures prêtent quelque peu à sourire.

« Graffiti Party« , c’est aussi deux autres sujets distants et pourtant qui vont aussi se relier pour ne faire qu’un. Avec ce film, le réalisateur s’attarde sur la vie et ses aléas, et l’amitié, et ce qui fait qu’on peut se perdre de vue, puis se retrouver. « Graffiti Party« , c’est un film qui se déroule sur quinze ans et à travers ces années, John Milius analyse et porte un regard doux et dur sur la vie, les amis, sur le temps qui passe, sur la mort, sur la chance et le bonheur d’être en vie. Il abordera aussi la guerre avec une séquence sur la guerre du Viêtnam ubuesque et délirante, qui critique autant qu’elle se moque de la dite guerre. Une séquence pleine de drôleries et de vie qu’on n’est pas prêt d’oublier.

Pour incarner ses surfeurs, John Milius nous a trouvé de jeunes acteurs plein de promesses qui se sont confirmés pour la suite. Si l’on suit principalement l’évolution de Jan-Michael Vincent (« Supercopter« ), excellent dans le rôle d’un surfeur qui voit le temps passer, c’est principalement William Katt qui sera le plus touchant, à travers un personnage très attachant qui va se voir confronter à la guerre du Viêtnam. On n’oubliera pas Gary Busey qui nous offre de sacrées scènes mémorables.

Un souffle d’air frais envahi « Graffiti Party« . Avec ce film, John Milius change encore une fois de style, et s’offre une belle réussite, et même si le film tire un peu trop sur la corde à la fin, l’amour, la générosité et la coolatitude qu’il laisse transparaitre, excuse les longueurs et ravit nos cœurs.

Note : 15,5/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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