décembre 2, 2020

Wonder Woman – Girl Power

De : Patty Jenkins

Avec Gal Gadot, Chris Pine, Connie Nielsen, Robin Wright

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Super-Héros

Résumé :

C’était avant qu’elle ne devienne Wonder Woman, à l’époque où elle était encore Diana, princesse des Amazones et combattante invincible. Un jour, un pilote américain s’écrase sur l’île paradisiaque où elle vit, à l’abri des fracas du monde. Lorsqu’il lui raconte qu’une guerre terrible fait rage à l’autre bout de la planète, Diana quitte son havre de paix, convaincue qu’elle doit enrayer la menace. En s’alliant aux hommes dans un combat destiné à mettre fin à la guerre, Diana découvrira toute l’étendue de ses pouvoirs… et son véritable destin.

Avis :

Le monde du super-héros est très masculin. Cela n’est un secret pour personne et s‘il existe des super-héros femmes, ce ne sont en général que des seconds couteaux, des faire-valoir pour de puissants hommes, à l’image de la Veuve Noire chez Marvel, qui n’a rien de surhumain. Et ce n’est pas Elektra, Catwoman ou encore les anciennes versions de Wonder Woman qui diront le contraire, si elles ont fait l’objet d’une adaptation particulière, elles restent bien souvent dans l’ombre des encapés. Alors oui, on aurait pu croire que le nouveau projet de Wonder Woman, qui végète depuis 1996 dans les studios de la Warner, ait un relent de féminisme opportuniste, avec une actrice principale ayant le vent en poupe, à savoir la sublime Gal Gadot, et une réalisatrice qui avait fait grand bruit en 2003 en grimant Charlize Theron pour le film Monster. Cependant, à aucun moment le film ne s’est revendiqué tel quel et il est difficile d’y voir un quelconque message féministe au sein de ce film, qui possède autant d’atouts que de défauts. En effet, Wonder Woman est un projet ambitieux, mais qui rétablit un peu les choses en matière d’égalité des sexes et qui surtout se veut plus simple, plus humain que Batman Vs Superman de Zack Snyder.

Le début du film se concentre essentiellement sur la vie de Diana au sein de son île. On va donc voir une jeune enfant impétueuse, pleine de vie et qui a une folle envie d’apprendre à se battre. Toute cette partie se veut lumineuse jusqu’à ce que l’armée allemande, par mégarde, tombe sur île alors qu’elle pourchassait un espion anglais. S’assombrissant face à la violence des hommes, le film va directement mettre en avant un couple de cinéma étonnant et détonant en la présence d’un Chris Pine humble et souvent drôle. Le couple qu’il forme avec Gal Gadot fonctionne parfaitement et la réalisatrice, loin de vouloir à chaque fois Wonder Woman en avant, va créer une harmonie dans le couple, essayant sans arrêt de la mettre sur le même pied d’égalité. Ainsi, au détour d’une discussion, on va voir Chris Pine dire que c’est grâce à Wonder Woman qu’une bataille fut gagnée, mais immédiatement, elle lui rétorque que c’est l’équipe qui a gagné, aplanissant le tout, montrant que chaque être est important au sein d’un succès. De ce fait, on est très loin du pamphlet féministe et plus proche d’une volonté de l’égalité des sexes. D’ailleurs, durant tout le film, l’un sera nécessaire à l’autre, combattant avec ses propres armes, mais donnant toujours un sens à l’autre. Malgré tout, ce duo aura pour impact de ne pas exploiter toute l’équipe. Le sniper, le comédien ou encore le contrebandier ne seront pas des personnages avec un background développé et ils ne seront finalement que des personnages bouche-trou pour évoquer différents destins au sein d’une guerre qui brise les consciences et les espoirs.

D’ailleurs, le film sera vraiment bon lorsqu’il abordera les questions de l’homme sur sa nature et sa nécessité de faire la guerre. Relativement naïf et candide dans sa façon de voir les choses, le film se met à la hauteur de Wonder Woman qui est comme une enfant dans un nouveau monde. Ainsi, elle va donc découvrir les horreurs de la guerre, mais aussi les joies et les plaisirs que peut se procurer l’homme. Cette éducation se fait tout en douceur au départ avant de prendre des aspects plus violents, plus rudes, à l’instar de ce bébé qui revient plusieurs fois, tout d’abord comme un petit bonheur au sein d’une rue à son arrivée à Londres, puis comme un cri déchirant en plein cœur des tranchées et de la guerre. Cette apprentissage va alors permettre à l’héroïne de voir la dichotomie de l’âme humaine, cette noirceur qui se cache derrière la lumière et ainsi de comprendre que l’homme est plus complexe qu’il n’en a l’air et qu’il y a toujours de l’espoir même dans les moments d’apocalypse.

Cependant, le film possède aussi ses tares et il faudra surtout jeter un œil dans son dernier quart qui part complètement en vrille. Si l’on doit comparer les films de chez DC, Wonder Woman a le même défaut que Batman Vs Superman, à savoir une fin gargantuesque qui ne rend pas hommage à l’aspect humaniste tant travaillé auparavant. Offrant un combat mythologique, le film se perd dans un déluge d’effets spéciaux qui dénature l’ensemble et qui ressemble plus à une cinématique de jeu vidéo. Ne doutant finalement jamais de la réussite de la chose, on restera presque atterré par la tournure des évènements, qui sont à la fois téléphonées et presque désagréables. Il est juste dommage de céder aux caprices des studios pour fournir un final dantesque mais moche alors que tout le reste du film était intelligent et mené à hauteur d’homme. D’ailleurs, le climax durant le combat est encore une fois assez ridicule, au même titre que BvS lorsque Batman refuse de tuer Superman parce que leurs mères ont le même prénom. Fort heureusement, les autres séquences d’action sont rondement menées, avec ce qu’il faut de ralenti et une chorégraphie pertinente, permettant à l’héroïne d’user de toutes ses armes, restant ainsi fidèle aux comics.

Enfin, dernier point et non des moindres, la réalisation. Si Patty Jenkins n’a à son actif qu’un film et des épisodes de série, il faut comprendre que les studios n’en avaient rien à faire de sa patte artistique, le but étant de faire faire ce film par une femme. C’est d’ailleurs pour cela que Kathryn Bigelow, Karyn Kusama, Catherine Hardwicke ou encore Angelina Jolie étaient pressenties pour réaliser le métrage. Et on ressent bien un certain manque d’identité dans la bobine. Si certaines séquences sortent du lot et que l’on aura droit à plusieurs plans iconiques, comme lorsque Wonder Woman sort de la tranchée pour affronter les allemands dans le No Man’s Land, il manque une patte graphique à l’ensemble. En fait, on a même l’impression de voir certains passages piqués à Zack Snyder, notamment les ralentis, et cela pourrait presque paraître gênant. Tout comme la photo qui reste assez terne, même si cela correspond assez bien à la guerre. Et c’est dommage, car même si cela donne une certaine uniformité à l’univers DC, le fait de choisir des réalisateurs qui ont un sens visuel tout en les brimant ne rend vraiment pas honneur aux studios, qui finalement deviennent comme Marvel et sa horde de Yes Men.

Au final, Wonder Woman est un film qui souffle le chaud et le froid. Très intéressant et humble dans sa démarche durant une bonne partie du film, le fin se révèle trop explosive et trop saturée en CGI, dénaturant ainsi tous les efforts fournis pour créer un film de super-héros humaniste et porteur d’un message positif. Il en résulte donc un film agréable, malgré quelques menus défauts comme des Bad Guys pas toujours impressionnants et des séquences étranges (le coup de l’épée dans le dos en robe de soirée et que personne ne voit…), mais fort heureusement, l’ensemble est rattrapé par un duo qui marche extrêmement bien et deux acteurs qui s’accordent parfaitement, refusant ainsi le féminisme à deux balles et prônant fièrement l’égalité des sexes.

Note : 14/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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