Seether – Poison the Parish

Avis :

On ne le dit pas assez, mais le grunge a été un moment important pour beaucoup de monde lors de son avènement durant les années 90. Entre Nirvana ou encore Alice in Chains, le son qui trouve son origine dans la ville de Seattle fera de nombreux émules et aujourd’hui encore, certains groupes ne se gênent pas pour citer leurs références et fournir des pièces qui rappellent ce doux moment. Parmi les groupes qui ont le plus versé dans le grunge, il y a Seether, fondé à la toute fin des années 90 sous le nom de Saron Gas. Porté par son frontman Shaun Morgan, ce groupe origine de Pretoria en Afrique du Sud va connaître un essor assez fulgurant, notamment grâce à ses multiples références, qui vont de Nirvana (bien sûr) à Deftones ou encore Nine Inch Nails. De bien jolis groupes pour une formation qui ne va jamais cesser de produire malgré les addictions du leader. Après un excellent album en 2014 avec Isolate and Medicate, qui semblait un peu dépressif, le groupe revient en grande forme avec un huitième album qui, selon les dires de son auteur, serait une bénédiction, une seconde jeunesse après une cure de désintoxication difficile. Et il est compliqué de ne pas le croire quand on écoute Poison the Parish, un album généreux et d’une puissance sans équivoque.

Le skeud débute avec Stoke the Fire et le groupe annonce d’entrée de jeu que cet album sera nerveux et contiendra une puissance destruction. Entre les riffs bien gras, la rythmique très scandée et les cris rauques de Shaun Morgan lorsqu’il faut donner de la voix, le groupe ne laisse rien au hasard et vide son sac comme jamais. Exit les mélodies lancinantes, on est clairement dans de l’énergie pure et ça déboîte sévère. Le deuxième morceau sera d’ailleurs dans le même moule, et Betray and Degrade lâche encore une fois la bête dans des refrains ultra nerveux et très marquants. Cette énergie va servir alors au groupe à fournir des pièces puissantes, mais complètement maîtrisées comme le montre Let You Down, qui n’est qu’une montée en puissance avec pourtant un refrain plus calme mais avec des grattes incisives et une rythmique lourde et rapide. Très rapidement, le poison s’infiltre dans notre cerveau et à plusieurs reprises, on va se surprendre à hocher vigoureusement la tête sur des titres tels que Nothing Left, un morceau relativement sombre ou encore Count me Out, qui pour le coup, ressemble à s’y méprendre à du Nirvana pure souche avec un refrain catchy et survitaminé. Bref, Dans ses grandes lignes, Poison the Parish est fort et s’émancipe du disque précédent, qui se voulait plus lancinant, plus insidieux, alors que celui-ci est plus vivant, donnant certainement lieu à des performances scéniques intéressantes.

Mais ce n’est pas tout, le groupe arrive aussi à fournir des pièces moins fortes, mais plus douces et plus posées. Si la formation évite avec brio l’étiquette « ballade obligatoire », Against the Wall démontre non seulement toute la puissance vocale du frontman, mais aussi et surtout la capacité du groupe à toucher avec des rythmes plus tendres, mais qui savent partir quand il le faut pour attraper et toucher l’auditeur. Au même titre, on peut citer Let me Heal, un morceau tout calme, mais très sombre et relativement intimiste. Et en dehors des ballades clichées, le groupe préfère se la jouer rock sudiste avec le morceau Sell my Soul, un petit bijou que ne renierait pas un certain Zakk Wylde et qui aurait pu parfaitement paraître dans un épisode des Sons of Anarchy. Là encore, le groupe surprend et fournit une nouvelle corde à son arc, utilisant violons pour accentuer son côté mélo et véritablement donner de la profondeur à son œuvre. Les solos de gratte sont à tomber et l’ensemble baigne dans une osmose idéale. Et le groupe réitèrera même l’exploit avec le morceau suivant, Feels Like Dying, qui est là aussi un morceau excellent et entêtant. Bien évidemment, certaines pièces seront moins fortes que d’autres, comme I’ll Survive, Misunderstood ou Saviours, mais malgré tout, ces morceaux fonctionnent même s’ils sont moins marquants que le reste de l’album.

Au final, Poison the Parish, le dernier album de Seether, pourrait bien concourir pour le meilleur effort de l’année. Non seulement l’album est puissant, mais en plus de cela, il demeure touchant et maîtrisé de bout en bout, réussissant à remettre le grunge au goût du jour, tout le peaufinant avec des sonorités plus modernes ou plus hard. Bref, un album totalement réussi.

  1. Stoke the Fire
  2. Betray and Decade
  3. Something Else
  4. I’ll Survive
  5. Let You Down
  6. Against the Wall
  7. Let me Heal
  8. Saviours
  9. Nothing Left
  10. Count me Out
  11. Emotionless
  12. Sell my Soul
  13. Feels Like Dying
  14. Misunderstood
  15. Take a Minute

Note : 17/20

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Par AqME

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