octobre 25, 2021

A Chacun sa Guerre

Titre Original : The War

De : Jon Avnet

Avec Kevin Costner, Elijah Wood, Mare Winningham, Lexi Randall

Année: 1996

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Dans le Mississipi, en juin 1970, de retour du Viêt-nam, Stephen Simmons retrouve sa femme Lois et ses enfants Stu et Lidia. Hanté par de douloureux souvenirs de guerre, il est à la recherche d’un emploi régulier et c’est Lois qui subvient aux besoins de la famille, logée à l’étroit dans une bicoque délabrée.
Malgré ces difficultés, les enfants gardent une part d’insouciance et décident de construire une cabane dans un grand arbre.

Avis:

Excellent producteur qui a souvent fait de bons choix, puisqu’il a aidé à ce que « Le coup du siècle » de William Friedkin, « Pour l’amour d’une femme » de Luis Mandoki, ou « Ce que je sais d’elle… d’un simple regard » de Rodrigo García, voient le jour, Jon Avnet est aussi un bon réalisateur à ses heures perdues. Parmi ses plus notables, il faut compter sur son premier long, « Beignet de tomates vertes » qui bénéficie d’un petit statut culte.

Dans ses autres films notables, il y a aussi « A chacun sa guerre« , qui est un petit bijou d’émotion. Peu connu, « A chacun sa guerre » est un petit bouleversement, qui nous fait passer par toute une palette d’émotions. On se marre, on est pris à la gorge, on s’amuse devant la naïveté de ces gamins et l’on est bouleversé par la morale, belle et universelle, qui parle parfaitement de la bêtise de la guerre. Une morale que Jon Avnet nous livre sans prétention aucune. Bref, « A chacun sa guerre » est un petit film qui fait du bien et en prime, il est tenu par un grand Kevin Costner et un Elijah Wood ô combien talentueux pour son jeune âge.

Mississippi, été 1970, Stephen Simmons est rentré de la guerre du Viêtnam, voilà quelque temps déjà et malgré qu’il soit hanté par cette dernière, il essaie tant bien que mal de subvenir au besoin de sa famille, en essayant de trouver et de garder un boulot.

Pendant ce temps-là, ces deux enfants, Stu et Lidia, avec leurs amis, construisent une cabane. Mais très vite, ils se retrouvent en rivalité avec les enfants Lipnicki, une bande de petits monstres qui font régner la terreur.

Alors que leur père se bat contre ses démons, les enfants ne vont pas tarder à entrer en guerre.

« A chacun sa guerre« , c’est le petit film qui s’avère bien plus intelligent et profond qu’il ne le laisse paraitre. Il est vrai que quand on jette un œil à son affiche et qu’on lit le synopsis, on s’attend à trouver un film pour enfant peuplé de rires, de farces, de gags et bêtises et dans un sens, c’est bien ce que l’on va trouver, mais avec un petit quelque chose en plus qui est très loin d’être négligeable. Ce petit truc en plus, c’est le pamphlet anti-guerre que Jon Avnet livre là.

Grace à un scénario très astucieux, Jon Avnet, dans ce petit coin du Mississippi, va peu à peu créer toutes les circonstances d’un conflit. Petit à petit, le réalisateur fait naître ce conflit, l’attise avec de petites provocations de plus en plus importantes, pour finalement le faire exploser dans un moment qui touchera presque à la folie, et c’est ainsi qu’il va livrer le plus beau des discours. Haine, incompréhension, réflexions, courage du pardon et humanisme sont au cœur de cette guerre des tranchées modèle réduit. On appréciera que le réalisateur offre au personnage le temps de la réflexion. Des personnages qui évoluent, sans qu’ils ne soient vraiment bons ou mauvais. Chacun a des torts et Jon Avnet démontre qu’il est plus intelligent d’essayer de comprendre, de se remettre en question, plutôt que de foncer tête baissée, aveuglé par la colère et la provocation.

On appréciera aussi que le film mette subtilement en parallèle le vécu de ce vétéran de la guerre face au problème des enfants, ce qui offre de jolies scènes de réflexions, même si la dite réflexion doit prendre le temps de faire effet dans l’esprit du gamin.

De plus, le scénario va plus loin, puisqu’il creuse aussi du côté de la vie à cette époque. Préjugé, racisme, difficulté financière, religion, deuil, ou encore valeur de la famille et l’amour fraternel sont évoqués.

« A chacun sa guerre« , c’est aussi un film joyeux même si son histoire demeure assez sombre. C’est un film que Jon Avnet a voulu plein de bêtises et de rires, et le tout se mélange très bien face à la bêtise de la guerre. Sa mise en scène est discrète mais très efficace, on ne voit pas le temps passer, et finalement, on s’amuse autant que les gamins. D’ailleurs, « A chacun sa guerre » renvoie à une certaine nostalgie, puisqu’il évoque un temps où l’enfance et la jeune adolescence étaient bien plus belles que maintenant. Un temps où les gamins sortaient faire des cabanes, un temps où il y avait plus de place pour l’imagination, au lieu des tablettes et autres jeux-vidéo. Bref, en vieillissant, « A chacun sa guerre » renforce son goût.

Si le film est tenu en partie par Kevin Costner, super star de l’époque, nul doute possible que « A chacun sa guerre« , c’est Elijah Wood et sa bande de potes et d’ennemis. Si l’on suit le film, comme les mémoires de sa sœur génialement jouée par la jeune Lexi Randall, c’est bien en suivant le jeune et futur « Frodon » de Peter Jackson que l’émotion va être à son comble. Comment ne pas être ému devant ces grands yeux bleus qui prennent peu à peu conscience du monde, des réalités et plus largement ces yeux qui abandonnent l’enfance sans pour autant passer à l’âge adulte ?

« A chacun sa guerre » est donc un très beau souvenir d’enfance que je redécouvre avec des yeux d’adulte et ce second film de Jon Avnet mérite vraiment d’être bien plus mis en relief. Poignant et intelligent, c’est en faisant cette « … guerre des boutons » que le réalisateur dénonce, de manière géniale et juste, toute la bêtise de la guerre. Bref, un film à voir, à découvrir, et redécouvrir, simplement pour le plaisir.

Note : 16/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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