novembre 30, 2020

Le Lion et le Vent

Titre Original : The Wind and the Lion

De: John Milius

Avec Sean Connery, John Huston, Brian Keith, Candice Bergen

Année: 1975

Pays: Etats-Unis

Genre: Aventure

Résumé:

Par une belle journée d’octobre 1904, un groupe de cavaliers, mené par le chef berbère al-Raisuli le Magnifique, enlève, en plein quartier européen de Tanger, Eden Pedecaris, une jeune américaine et ses deux enfants. Al-Raisuli veut prouver aux tribus la compromission de son frère le pacha avec les grandes puissances occidentales.

Avis:

Deux ans après la sortie de « Dillinger« , son premier film, John Milius revient avec un second métrage, « Le lion et le vent« . Grand scénariste, John Milius a toujours écrit pour les autres, tout en écrivant ses propres films et si bien entendu, c’est lui qui a écrit le scénario de « Le lion et le vent« , il faut noter qu’à la même période de sa vie, le réalisateur collaborait aussi au scénario d’un tout petit film qui allait faire énormément de bruit, « Les dents de la mer« .

Après un premier film particulièrement réussi, John Milius revient donc avec un film qui se veut plus grand. Adapté du roman de « The Sultan of the Mountains: The Life of Story of Raisuli » de Rosita Forbes (1924), avec John Milius derrière la caméra, on s’attendait à un film épique, beau, dont l’histoire aurait été prenante. Mais à la place de cela, c’est l’ennui qui n’a fait que gagner du terrain. L’ennui, mais aussi les sourires gênés, car certains éléments de l’intrigue et certains acteurs prêtent à sourire et malheureusement, on n’y croit pas vraiment. Dommage.

Tanger, un après-midi de 1904. Un groupe de cavaliers berbères, dirigé par El-Raisuli le Magnifique, saccage le quartier européen et tue aveuglément avant d’enlever Madame Eden Perdicaris et ses deux enfants.

Le président américain Theodore Roosevelt apprend le rapt de la jeune femme et lance alors une armée au Maroc afin de la délivrer. Pendant ce temps, Madame Perdicaris va apprendre à mieux connaître ce chef berbère qui se revendique pieux et respectueux. Un chef aussi aimé et admiré qu’il est craint de tous.

« Le lion et le vent » est donc une belle déception de la part de John Milius (la première même). Avec ce film, on peut s’attendre à trouver un film qui soit en quelque sorte son « Lawrence d’Arabie« , mais bien peu de choses se sont relevées être captivantes, et même crédibles.

Le premier souci que le film a, c’est qu’il n’est qu’une caricature. Une caricature agaçante, entre la femme fragile mais pas tant que ça, et les berbères ne sont qu’une sorte de sauvages qui ne savent pas retenir leur pulsion devant la lingerie d’une femme. C’est bien simple, on croirait des autistes et c’est assez dégradant. Et au milieu d’eux, pour le diriger, il y a ce grand chef charismatique, aussi bon qu’il peut être une ordure, tuant la veuve et orphelin pour dénoncer les Européens et finalement, il se trouve être une crème avec les gens qu’il enlève. Bref, on a bien du mal à y croire, et même comprendre le personnage.

De plus, ce personnage berbère est tenu par l’immense Sean Connery. Le comédien, dont on lui connaît peu de fausses notes, peut rajouter « Le lion et le vent » dans ces dernières, car Connery en chef berbère, on a bien du mal à y croire. Il même tendance à nous faire sourire malgré lui, tant le rôle ne lui va pas. Non pas qu’il soit mauvais, c’est simplement le rôle en lui-même qui ne lui va pas. D’ailleurs, si Sean Connery n’est pas mauvais, on ne pourra pas en dire autant de Candice Bergen qui donne la sensation d’être totalement éteinte.

Le deuxième point qui dérange, c’est ce scénario et ce montage. Si vous vouliez un grand film d’aventures, passez votre chemin, car le tout apparaît longuet et trop étiré. Le film a de grands passages à vide, où les personnages se regardent dans le blanc des yeux et c’est bel et bien l’ennui qui s’installe, même s’il faut lui laisser une très belle photo et des plans à tomber par terre.

Mais bon, plus le film avance et plus on se détache de son histoire et de ses personnages. Reste toutefois quelques bonnes scènes d’action, Milius étant un excellent réalisateur, même si ici, on s’ennuie ferme, on lui laissera le fait qu’il assure un beau spectacle sur certaines séquences. Malheureusement, ça ne sauvera pas le film.

Reste alors l’excellente caricature des Américains. Si le côté berbère est peu crédible, la réaction américaine est excellente et subtile. Moqueur, cinglant et irrévérencieux dans son discours, John Milius se moque et s’amuse de la supériorité américaine. On sourit, autant qu’on peut être catastrophé des discours de Theodore Roosevelt. C’est vraiment dommage que John Milius n’ait pas été aussi subtil sur tout son film, car le sujet reste bon et intéressant.

Puis enfin, il y a la sublime BO de Jerry Goldsmith. Si le film n’invite pas à l’aventure, les notes du compositeur, elles, sont clairement une belle invitation. Ces notes laissent même un goût de regret, car à l’écoute, on imagine l’aventure que le film aurait pu être.

Je ressors donc déçu de ce deuxième John Milius qui s’avère très inégal, car tout n’est pas raté. Mais « Le lion et le vent« , malgré ses bons côtés, reste un film ennuyeux, caricatural, incohérent, mal fichu et parfois même dégradant et c’est vraiment dommage. En espérant que le réalisateur se rattrape avec « Graffiti Party« , son troisième film, qui suit cette fois-ci des surfeurs.

Note : 08/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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