octobre 26, 2020

Pirates des Caraïbes – La Fontaine de Jouvence

Titre Original : Pirates of the Caribbean : On Stranger Tides

De : Rob Marshall

Avec Johnny Depp, Geoffrey Rush, Penélope Cruz, Ian McShane

Année : 2011

Pays : Etats-Unis

Genre : Aventure

Résumé :

Dans cette histoire pleine d’action, où vérité, trahison, jeunesse éternelle et mort forment un cocktail explosif, le capitaine Jack Sparrow retrouve une femme qu’il a connue autrefois. Leurs liens sont-ils faits d’amour ou cette femme n’est-elle qu’une aventurière sans scrupules qui cherche à l’utiliser pour découvrir la légendaire Fontaine de Jouvence ? Lorsqu’elle l’oblige à embarquer à bord du Queen Anne’s Revenge, le bateau du terrible pirate Barbe-Noire, Jack ne sait plus ce qu’il doit craindre le plus : le redoutable maître du bateau ou cette femme surgie de son passé…

Avis :

Dans le septième art, la loi la plus forte est celle du porte-monnaie. Quand un film fait un carton et qu’il y a la possibilité d’en faire une suite, voire une saga, les producteurs ne se gênent, quitte à produire de mauvais films. S’il a été compliqué de faire une suite à Titanic par exemple (laissant le champ libre pour Asylum et ses bêtises), il ne fut pas compliqué de trouver des spin-off ou des histoires parallèles pour des licences comme le Seigneur des Anneaux avec Le Hobbit ou encore Pirates des Caraïbes et son fameux Jack Sparrow. Il faut dire que les trois films précités font partie des films les plus rentables du tout Hollywood et si James Cameron a eu la décence de ne pas faire couler le bateau une nouvelle fois, ce ne fut pas le cas pour Peter Jackson, même si sa trilogie du Hobbit reste regardable, ni pour Disney qui a vu en Johnny Depp une poule aux œufs d’or. C’est alors que naquit le quatrième volet des Pirates des Caraïbes, Le Fontaine de Jouvence.

Et très clairement, il s’agit de l’épisode de trop dans la franchise, qui commençait déjà à battre de l’aile avec le troisième épisode de Gore Verbinski, la faute à une longueur insoutenable et une intrigue parfois tirée par les cheveux. Sauf que le célèbre réalisateur a eu la décence de dire non à ce projet, et c’est finalement Rob Marshall (Spécialiste des comédies musicales puisqu’on lui doit Chicago, Nine et Into the Woods) qui se lance dans l’aventure. Cependant, quand on prend un univers à bras le corps, il faut s’imprégner de l’ambiance, des personnages et créer une emphase avec les fans. Malheureusement, ce sera tout le contraire avec ce film, qui n’arrive jamais à séduire malgré quelques bonnes idées et qui ennuie plus qu’autre chose.

Le principal souci de ce film, c’est qu’il est bien trop long par rapport à son enjeu dramatique. D’ailleurs, le point de départ de l’aventure ne tient pas vraiment, puisqu’il tient de la rencontre fortuite entre Jack Sparrow et une ancienne compagne. Pensant accrocher son spectateur en reprenant les mêmes codes que précédemment, à savoir une première scène d’action en ouverture, on sent vite que le film fait dans le réchauffé et que la réalisation n’est pas au niveau. Rob Marshall n’arrive pas à obtenir des plans iconiques et il se plante à chaque fois lors des scènes qui bougent un peu. C’est certainement pourquoi le film ennuie tant, car en lieu et place de combats à l’épée ou de batailles navales, le film préfère parler, palabrer et discuter. Ce quatrième épisode est un interminable discours sur la fontaine de jouvence, les liens de parenté avec Barbe Noire et la suprématie des espagnols sur le monde de la mer. C’est long, pas souvent intéressant, et on final, il ne se passe pas grand-chose. Pire que tout, Jack Sparrow devient un vulgaire clown chanceux qui se parle à lui-même pour savoir ce qui est bon ou pas. On retrouve donc quelques clins d’œil aux épisodes précédents, comme le levier pour ouvrir une prison, mais cela reste anecdotique et inutile.

Et si le film manque d’ambition au niveau de son scénario, dévoilant ses enjeux au bout de quelques minutes, il manque aussi d’ambition dans sa réalisation et dans ses décors. Rob Marshall n’arrivera jamais à donner un quelconque sens épique à son film. Les batailles sont vite expédiées, comme sur le final, mais surtout, il n’arrive pas à donner de l’ampleur au métrage. C’est bien simple, on suit un récit tout tracé, avec quelques rencontres fortuites, quelques pièges, puis pour passer de l’un à l’autre des points, quand il n’y a pas moult dialogues insipides, on nous plante un plans aérien d’une île verte que l’on pourrait assimiler à Koh Lanta. C’est assez triste de voir ça, surtout quand on voit tout le boulot qui a été abattu sur la trilogie pour fournir quelque chose de beau et de grandiose (près de 60km de décor mine de rien). Le pire étant lorsque la fontaine est trouvée et que les protagonistes s’extasient devant le décor. Un décor fait de trois pierres cassées au milieu desquelles coule un petit filet d’eau. La brume environnante et le filtre gris faisant le reste, on se retrouve face à quelque chose d’anodin et qui ne rend pas hommage à la première trilogie.

Outre l’ennui et la mise en scène tristounette, La Fontaine de Jouvence peine aussi avec ses personnages. Exit Elizabeth Swann (Keira Knightley) et Will Turner (Orlando Bloom) désormais maudit dans le Hollandais Volant, le scénario incorpore de nouvelles têtes et le moins que l’on puisse dire, c’est que la déception est bien présente. Tout d’abord, Penélope Cruz est insipide au possible, n’arrivant jamais à jouer sur le doute de qui est son père. Elle n’est qu’un faire-valoir des personnages masculins et manque d’épaisseur pour pleinement convaincre. Il n’est d’ailleurs pas étonnant de ne plus la voir dans l’épisode suivant. Ensuite, on nous parle de Barbe Noire, le plus célèbre des pirates et il a vraiment la classe dans le film, puisque c’est Ian McShane qui lui prête ses traits. L’acteur est charismatique, sauf que son rôle est creux. Si l’on retrouve quelques bonnes idées, comme l’épée qui dirige le bateau ou encore les miniatures dans des bouteilles, le pirate n’est qu’une feignasse qui délègue les tâches ingrates à son équipage. De plus, il fait preuve d’une certaine parcimonie et on est loin de la fourberie des pirates. Du coup, Barbe Noire est un personnage raté et inintéressant. Même la fin demeure téléphonée et donc sans intérêt.

Au final, Pirates des Caraïbes – La Fontaine de Jouvence est un ratage complet et le pire épisode de la saga. Doté d’une réalisation bancale et d’un scénario banal, Rob Marshall n’arrivera jamais à redorer le blason de la franchise initiée par Gore Verbinski. Le résultat est navrant, et hormis quelques bonnes idées perdues dans un marasme total, le film se noie complètement sans jamais interpeller le spectateur. Un film pop-corn ennuyeux et pourtant plus court que les trois premiers films.

Note : 06/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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