Tol Sirion – The Ashes of a Dark Heart

Avis :

La musique ne connait pas de frontières, et pourtant, certains pays ont bien du mal à exporter leur son au-delà de leurs frontières. Il faut dire que la pop est dominée par les britanniques et les américains, tant et si bien que nos pauvres hères français connaissent un succès en France, mais aucun à l’étranger. SI la barrière de la langue peut expliquer cette désuétude, il faut reconnaître qu’ils sont meilleurs que nous dans la pop. Sauf qu’il y a un genre qui traverse les frontières grâce au net et aux passionnés, c’est le métal. Qu’il vienne de Scandinavie, d’Australie, d’Afrique du Nord ou encore d’Iran (si, si, c’est possible), le métal est une musique qui transperce les préjugés pour fournir une multitude de thèmes et de sonorités différentes. Pour se rendre compte de cela, il suffit d’écouter Aeternam et ses parfums arabisants grâce à son chanteur d’origine marocaine. Concernant l’Amérique latine, c’est un tout autre problème, puisque le Brésil semble avoir une hégémonie sur le métal, notamment depuis l’avènement de Sepultura et ses rythmes tribaux. Sauf qu’une pléthore de petits groupes suivent derrière, et qu’en grattant la surface reluisante, on trouve quelques pépites, dont Tol Sirion, un groupe uruguayen, qui mérite le détour et son arrête sur ce premier album, The Ashes of a Dark Heart.

Que ce soit sur la pochette ou dans les titres des morceaux, les intentions de Tol Sirion sont claires, taper un grand coup dans le temps et raconter une histoire guerrière avec du sang, des tripes et des chants gutturaux que ne renierait pas Satan lui-même. Empruntant son nom à un fleuve inventé par J.R.R. Tolkien, Tol Sirion officie dans un Death Métal traditionnel, assez lent et lourd, mais qui possède une ambiance bien particulière et qui, techniquement, n’a rien à envier aux grands. Le skeud débute avec The Last Ritual a Demon Child. Après une petite introduction à base de sons un peu dégueulasses, le groupe lâche les guitares et livre quelque chose de lourd, de gras, mais de véritablement efficace et puissant. La formation trouvera sa vitesse de croisière avec The Ashes of a Dark Heart, le morceau éponyme de l’album et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ensemble est glauque, puissant, mais savamment dosé pour que le profane profite tout de même d’un rythme plaisant et d’une ambiance délétère. On pourra même parfois y entendre des relents de Thrash métal, ce qui n’est pas pour nous déplaire. La technique atteint son point de paroxysme avec The War, The Last Crack of Doom, qui laisse un champ libre à une basse bien présente, pour ensuite lâcher les guitares une fois de plus et offrir un rythme prenant et entêtant, que l’on reprendra avec joie en tapotant avec ses doigts une batterie présente et puissante.

Le plus étonnant avec cet album, c’est que malgré des rythmes relativement similaires, le groupe ne sombre jamais dans la monotonie et arrive toujours à surprendre l’auditeur, que ce soit avec une guitare omniprésente et puissante ou encore avec un chant parfaitement maîtrisé qui ne laisse aucune place au chant clair, préférant un growl guttural rappelant les thématiques de l’effort, à savoir la guerre et les démons. A titre d’exemple, Ancient Prophecies, Guide of This Time est un morceau ultra violent et très rapide par rapport aux autres titres de l’album. Alors que Spears Over the Hill demeure plus accessible tout en gardant sa violence et sa percussion. Si l’on devait un gros défaut à cet album, c’est qu’il reste un poil trop carré et attendu. Si Battle Begins est plus lourd que le reste et demeure très efficace, il reste un morceau sans surprise et sans rupture au sein de sa structure. Tol Sirion préfère l’efficacité et ne s’embête pas avec des fioritures qui pourtant auraient pu parfaire un univers intéressant et guerrier. Enfin, on peut aussi être déçu par la courte durée de l’album, qui peine à dépasser la demi-heure pour huit titres, ce qui reste honorable, surtout pour un premier album, mais dans le Death, on est habitué à de longues pistes parfois planantes et plus reposantes et c’est un peu ce qu’il manque à cet album et au groupe.

Au final, The Ashes of a Dark Heart, le premier album de Tol Sirion, est clairement une réussite sur le plan technique et sur cette volonté de présenter un Death puissant et enragé. Le groupe respire la maîtrise, que ce soit dans le chant guttural ou dans les instruments, il ne lui manque plus qu’à concrétiser l’essai avec un second album plus approfondi et plus long. En tous les cas, on attend ça avec impatience.

  1. The Last Ritual a Demon Child
  2. The Ashes of a Dark Heart
  3. The War, The Last Crack of Doom
  4. Ancient Prophecies, Guide of This Time
  5. Spears Over the Hill
  6. Battle Begins
  7. A Few Moments to Die
  8. Defenders

Note: 15/20

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Par AqME

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