octobre 26, 2020

Pirates des Caraïbes – La Malédiction du Black Pearl

Titre Original : Pirates of the Carribean : The Curse of the Black Pearl

De: Gore Verbinski

Avec Johnny Depp, Keira Knightley, Orlando Bloom, Geoffrey Rush

Année: 2003

Pays: Etats-Unis

Genre: Aventure

Résumé:

Dans la mer des Caraïbes, au XVIIe siècle, Jack Sparrow, flibustier gentleman, voit sa vie idylle basculer le jour où son ennemi, le perfide capitaine Barbossa, lui vole son bateau, le Black Pearl, puis attaque la ville de Port Royal, enlevant au passage la très belle fille du gouverneur, Elizabeth Swann. L’ami d’enfance de celle-ci, Will Turner, se joint à Jack pour se lancer aux trousses du capitaine.
Mais Will ignore qu’une malédiction frappe Barbossa et ses pirates. Lorsque la lune brille, ils se transforment en morts-vivants. Leur terrible sort ne prendra fin que le jour où le fabuleux trésor qu’ils ont amassé sera restitué…

Avis:

Bien souvent, un film débute avec une idée principale qui va se décliner par la suite sous la forme d’une histoire complète avec un début, un milieu et une fin. Mais il est plutôt rare que l’idée arrive d’une attraction. Si l’inverse est vrai, c’est-à-dire qu’un film peut donner lieu à une attraction comme c’est le cas chez Disney, Pirates des Caraïbes fait le choix inverse, celui de s’inspirer d’un manège pour en faire un gros film. Et en 2003, c’était un pari risqué puisque les pirates n’ont plus tellement le vent en poupe. Si le genre apparait dans les années 30 avec Le Pirate Noir, un film muet, c’est dans les années 40 et 50 que le genre sera la plus prolifique avec notamment Le Capitaine Blood ou Le Cygne Noir. Malheureusement, le genre connait une dégringolade durant les années 60, récupéré par le cinéma italien et il faudra attendre le film Pirates de Roman Polanski pour que le genre revienne un petit peu à la mode. Et encore, le film L’Ile aux Pirates de Renny Harlin datant de 1995 sera un vrai fiasco. Du coup, Disney se lance un vrai défi avec Pirates des Caraïbes et le moins que l’on puisse dire, c’est que la firme a réussi son coup.

Non seulement le film est un succès au box-office, engendrant aujourd’hui pas moins de quatre suites, mais en plus de cela, c’est un succès critique car force est de reconnaître que ce premier volet de la saga Pirates des Caraïbes est une réussite sur bien des plans. Et en premier lieu sur l’histoire. Outre le respect pour les costumes et les décors (Verbinski ayant fait appel à un historien), c’est surtout la structure narrative qui fonctionne à merveille et le trio que met en avant le métrage. La Malédiction du Black Pearl est un savant mélange d’aventure et d’humour, qui vise aussi bien les enfants que les parents. Enorme blockbuster, le film arrive à trouver un juste équilibre entre une histoire rocambolesque et un scénario assez solide pour plonger le spectateur dans un autre monde. Il est vrai que l’on pourrait reprocher au film de parfois tourner en rond et de notamment revenir plusieurs fois au même lieu (la fameuse cache des pirates avec le trésor), mais dans sa globalité, le scénario est riche et ne laisse pas une seconde de répit.

Il est d’autant plus riche qu’il fournit trois personnages importants qui marqueront à jamais l’histoire de la saga. Sans que ce soit un trio amoureux ou ambigu (il faudra attendre le deuxième volet pour cela), les relations qu’entretiennent les trois personnages principaux sont cohérentes et souvent drôles ou touchantes. Si on sent un réel amour entre Keira Knightley et Orlando Bloom, le capitaine Jack Sparrow (qui collera à Johnny Depp jusqu’à la fin de sa vie) viendra mettre le grain de sel pour donner du sens à leur vie et à leur idylle. Sans jamais tomber dans la mièvrerie, le film arrive encore une fois à faire évoluer ses personnages et à leur donner de l’ampleur, les jaugeant comme trois parties égales, même si Sparrow phagocyte un peu le casting. Il faut dire que le jeu de Johnny Depp, volontairement outrancier, est particulièrement jouissif et on sent que l’acteur s’en donne à cœur joie. D’un autre côté, on a de vrais méchants, Barbossa et sa clique, qui ont toutes les raisons du monde d’être de vilains flibustiers. Geoffrey Rush est convaincant et son équipage, une bande de bras cassés aux faciès difformes, permet rapidement de les identifier comme de vils bougres qui ne veulent qu’une chose, piller.

L’intelligence du film est aussi de jouer avec le personnage de Jack Sparrow. C’est-à-dire que malgré son grand cœur et sa nonchalance, on ne sait jamais si ce qu’il dit ou fait est intéressé ou non. Jouant constamment sur le doute et sa nature même de pirate, Jack Sparrow fait partie de ces personnages de cinéma ambigu, à la fois drôle et gentil, mais qui peuvent agir dans leur seul intérêt, quitte à se faire des ennemis. Cela sera encore plus marqué dans le deuxième film.

Enfin, dernier point qui participe au succès du film, c’est la qualité des effets spéciaux. En le regardant aujourd’hui, on peut s’apercevoir que les effets numériques n’ont pas pris une ride. Le film accumulant près de 15 ans d’existence, il est assez impressionnant encore aujourd’hui de voir les batailles navales ou les pirates se transformer au clair de lune. Des effets qui ont été gérés intégralement par la société de George Lucas et pour le coup, le film n’a pas pris une ride. Alors bien évidemment, ce ne sont pas les effets spéciaux qui font un film, mais il participe grandement au voyage et à la projection du spectateur. Il est ainsi facile de sortir d’un film lorsque l’on voit un amas de pixels. Or, dans ce métrage, il y a une vraie qualité et le tout sera parfaitement lissé pour coller à l’ambiance du film. Une ambiance qui peut sembler bon enfant, mais qui garde quelques fulgurances violentes et des passages effrayants, comme la découverte des pirates squelettes.

Au final, Pirates des Caraïbes la Malédiction du Black Pearl est un excellent film. Blockbuster par excellence, le film fait dans la surenchère, mais il le fait avec goût et qualité. Entre une histoire qui tient la route, mettant en avant un trio intéressant et savamment mis en avant ainsi qu’une réalisation virevoltante de la part de Gore Verbinski, ce premier film est une franche réussite, redorant le blason de la piraterie au cinéma.

Note: 17/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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