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Golden City

Auteurs : Daniel Pecqueur, Nicolas Malfin

Editeur : Delcourt

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Golden City est une ville majestueuse bâtie sur l’océan, à l’abri de la surpopulation et de la violence qui règnent sur le continent. Seuls les citoyens les plus fortunés y sont acceptés. Lors d’un survol des terres, l’avion transportant l’épouse du président de Golden City, Harrison Banks, s’écrase mystérieusement. Commence alors pour Banks une périlleuse enquête en territoire inconnu.

Avis :

Quand on évoque la science-fiction, le commun des mortels pense immédiatement à Star Wars et au space opéra. Seulement, la science-fiction, ce n’est pas seulement des vaisseaux spatiaux dans l’immensité de l’espace, c’est aussi de l’anticipation et la capacité de voir les futures technologies. Ce genre essaye aussi de mettre en avant de futures tares humaines afin de changer de cap aujourd’hui avant que tout ne nous pète à la gueule. Que ce soit les thèmes sur les robots, les intelligences artificielles ou encore sur la servitude de l’homme face aux machines, le genre SF grouille d’idées et d’univers à explorer. Golden City est une série qui date depuis une bonne dizaine d’années et qui, pour l’instant, se compose de onze tomes et un douzième devrait paraître, car la fin du dernier tome sorti nous laisse sur un happening insoutenable. Mais plus globalement, que vaut cette série éditée chez Delcourt et qui a connu un joli petit succès, à un tel point qu’une spin-off a vu le jour sur une course automobile futuriste, Golden Cup.

Golden City est une série qui prend lieu sur la planète Terre et qui montre une immense structure au milieu de l’océan. Il s’agit donc d’une ville pour les riches afin de les protéger du continent et de la pauvreté qui s’accumule. D’entrée de jeu, le lecteur est placé face à un monde connu qui semble submergé par les eaux. Les villes sont toutes noyées et les habitants de la terre ferme vivotent dans des appartements au bord de l’eau et le bateau semble être l’embarcation de prédilection. Sauf pour les habitants de Golden City, possédant toutes les richesses du monde et pouvant se payer le luxe d’un avion ou même d’un engin capable d’aller dans l’espace. C’est dans cet univers, pas très loin de Waterworld, que la première intrigue (les tomes 1 à 6) prend place. Harrison Banks est le PDG de l’entreprise ayant contribué à la construction de Golden City, et sa vie est bousculée lorsqu’il apprend que l’avion de sa femme vient d’être abattu. Il décide alors de partir à sa recherche sans avertir ses collaborateurs et il va se rendre compte que tout cela n’était qu’un coup monté, car un sosie va prendre sa place et il va se faire arrêter pour usurpation d’identité et meurtre.

Très clairement, nous sommes face à un récit futuriste mais dont le fond pourrait se placer dans n’importe quelle époque. Mais alors, à quoi bon placer cette intrigue dans le futur ? Tout simplement pour mettre en avant des thématiques contemporaines mais qui sont les conséquences d’un passé mal maîtrisé. Harrison Banks est une sorte d’Indiana Jones du futur et avec l’aide de quelques enfants orphelins et vivant difficilement en bord de plage, il va résoudre le mystère de sa vie. Relativement rythmé, ce premier cycle laisse peu de temps mort et permet de parler des manipulations génétiques, de ses dérives et bien entendu de la jalousie que provoquent les postes à haute responsabilité et l’argent. Se perdant de temps à autre dans la jeunesse du héros, le récit suit une narration classique qui tourne autour d’un seul méchant, le professeur Seed, une femme sans scrupule et parfaitement détestable. En fait, ce qui est intéressant avec ce premier cycle, hormis la thématique sur la génétique, les clones et l’argent, c’est que tous les personnages sont relativement bien travaillés et que le background de chacun est assez intelligent. Si l’on reste tout de même dans quelque chose de basique, la série bascule vite dans l’aventure et les trois derniers tomes de ce cycle sont percutants. On retrouvera aussi une certaine violence entre les protagonistes, et notamment des tueurs à gages pas si mauvais que cela (le personnage d’Amber est complexe), mais qui ne font pas de sentiments quand il s’agit de gros sous.

Et l’argent sera le principal thème du cycle suivant qui n’a pas encore de fin. Si on retrouve le même méchant et quelques atermoiements autour des enfants qui aident Banks, le second cycle se focalise sur la folie de l’argent et cette nécessité que l’on se crée pour en avoir, quitte à y risquer sa peau. De l’autre côté, Banks est devenu un paria et il va nettoyer son entreprise pour redevenir une société propre, et généreuse. Le problème avec ce cycle, c’est qu’il reste un peu redondant au niveau de l’action et l’on a bien du mal à creuser d’autres thématiques. La narration est encore plus classique et certains tomes seront presque inutiles, comme celui sur la jeunesse des enfants perdus, un tome qui creuse ses personnages inutilement et n’apportant rien à l’intrigue du fil rouge. C’est d’ailleurs l’un des principaux points faibles de cette bande-dessinée, qui a tendance maintenant à tourner en rond, malgré un dernier cliffhanger qui appelle à la lecture d’un dernier tome pas encore sorti. Mais l’ensemble se rattrapera sur les dessins de Nicolas Malfin, qui évoluent perpétuellement à chaque tome. Si le début semble hasardeux et un poil brouillon, le trait s’affine rapidement pour donner des vignettes de toute beauté, affichant des idées technologiques parfaites et cohérentes.

Au final, Golden City demeure une saga majeure de l’œuvre SF dans le monde de la bande dessinée. Si tout n’est pas parfait et que les derniers tomes sont un peu en deçà des attentes et du premier cycle, il n’en demeure pas moins que la série reste prenante, dynamique et brasse des thèmes importants qui retrouvent un certain écho dans notre société moderne. Bref, une série que l’on conseille, même s’il manque un ultime tome pour conclure la saga.

Note : 16/20

Par AqME

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