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Los Angeles 2013

Titre Original : Escape From L.A.

De : John Carpenter

Avec Kurt Russell, Peter Fonda, Cliff Robertson, Stacy Keach

Année : 1996

Pays : Etats-Unis

Genre : Fantastique, Action

Résumé :

Le fameux « Big One » tant redouté a eu lieu en 1998 et a isolé Los Angeles du reste des Etats-Unis. Quinze ans plus tard, les Etats-Unis se sont dotés d’un président particulièrement puritain et politiquement correct qui envoie tous les délinquants à Los Angeles, devenue l’île la plus dangereuse du monde. Cuervo Jones, anarchiste latino-americain, règne sur ce bout de terre et s’est mis dans la tête, avec l’aide de la fille du président qui s’est ralliée à sa cause, de neutraliser toutes les sources d’énergie artificielles de la planète.

Avis :

« New-York 1997 » est l’une des meilleures œuvres de John Carpenter. Que ce soit dans sa critique ou dans son visuel, le film touche bien souvent la perfection. L’idée de donner une suite n’était pas une idée neuve quand celle-ci est entrée en tournage, puisque dès 1985, Coleman Luck écrit un scénario, qui va être abandonné. Puis les relances de Kurt Russell et les évènements à Los Angeles au début des années 90 (tremblement de Terre et émeutes) ont relancé le projet qui a finalement abouti au retour de Snake sur les écrans fin 1996.

Avis quelque peu partagé sur cette seconde plongée dans l’Amérique de Snake et John Carpenter. Encore une fois, John Carpenter nous apporte deux films en un seul et si l’un des deux est une réussite totale, l’autre laisse plus à désirer, car le rendu n’est pas achevé et visuellement, le film a pris une sacrée claque.

Si l’on restera fasciné par la critique de l’Amérique des libertés, on reste quelque peu déçu du spectacle, même si ce dernier nous réserve quelques perles de fun et de n’importe quoi, je pense directement à la scène du tsunami.

« Los Angeles 2013 » reste donc intéressant et dans les grandes lignes, un bon film de Carpenter, ainsi qu’une bonne suite, mais il est vrai aussi qu’on aurait apprécié un film plus abouti dans son spectacle, et même dans quelques idées de son scénario.

En 1998, un tremblement de Terre, suivi d’un tsunami, ont pareillement détruit ce que l’on appelait autrefois la Cité des Anges. Aujourd’hui, Los Angeles n’est plus qu’une île et elle sert avant tout de prison pour tous ceux qui auraient des idées différentes du pouvoir américain. Snake Plissken, l’un des ex détenus les plus connus du pays, se voit alors une troisième chance quand un évènement imprévu impliquant la fille du Président se produit. Dès lors, Snake a dix heures pour retrouver un objet que la fille du Président des Etats-Unis a emmené sur l’île et offert à Cuervo Jones, un anarchiste terroriste latino qui règne en maître sur les ruines de Los Angeles.

Quinze ans après avoir présenté son Amérique et Kurt Russell caché derrière le bandeau de Snake, John Carpenter revient pour parler de l’Amérique répressive. « Los Angeles 2013 » est un film qu’on qualifiera de deux vitesses, car si dans le fond, il reste pour la plupart du temps une excellente satire de l’Amérique et ira même un peu plus loin dans sa critique, dans sa forme, on est vraiment loin de l’incroyable qualité de « New-York 1997« .

Dans sa critique et dans son scénario, « Los Angeles 2013 » est donc un film qui dépeint une Amérique à la dérive. Une Amérique hypocrite qui prône la liberté, mais qui se trouve être liberticide au possible, laissant transparaître un message clair, net et précis, restez dans les rangs, suivez les règles, soyez tous les mêmes, sinon, c’est l’exclusion et la prison à vie (ou la chaise électrique au choix). Bizarrement, ce constat d’une Amérique répressive et agressive a tendance aussi à rappeler « Invasion Los Angeles« .

Avec ce film, John Carpenter n’hésite pas un instant à taper sur qui il faut comme les studios hollywoodiens qu’il a carrément noyé ici, les politiques, les gradés de l’armée, les médias, et même la société qui est au bord de la folie (la scène des chirurgiens…) ou encore le Président des États-Unis qui est rhabillé de manière incroyable. Avec « Los Angeles 2013« , Big John pousse encore plus dans la pénombre cette Amérique qui se veut belle et forte et en tire des défauts, des névroses, des contradictions et une folie générale affolante, pathétique, triste, qui peut faire peur dans ses dérives.

« Los Angeles 2013 » est aussi un film qui offre plus d’action et d’aventure pour notre anti-héros Snake. Ayant plus de budget, John Carpenter n’oublie pas d’offrir un film plutôt cool qui s’avère généreux en aventures et action. Puis c’est toujours avec un plaisir impeccable qu’on suit Kurt Russell dans ce rôle. Un Kurt Russell incroyablement classe, qui a vu son budget look vu à la hausse.

Mais comme je le disais, « Los Angeles 2013 » est un film à deux vitesses et le plaisir jubilatoire d’un côté est amoindri par certains défauts. Des défauts qui colleraient presque l’étiquette nanar sur le film et c’est bien dommage. « Los Angeles 2013« , c’est un visuel qui a mal vieilli et qui n’a pas été aidé dans le sens où beaucoup des effets spéciaux n’ont pas été finis au moment de la sortie du film et ont été abandonnés après la sortie du film. On se retrouve donc devant un film où plusieurs scènes d’action perdent en crédibilité et cachet, allant même chercher dans le ridicule aujourd’hui.

On peut être aussi réticent sur les grands moments de n’importe quoi qu’offre le film. Si d’un côté « Los Angeles 2013 » est un film très noir, de l’autre, il peut être aussi une vraie comédie, avec des instants épiques de n’importe quoi. Je pense d’emblée à Snake surfant sur un tsunami dans les ruines de Los Angeles. Si le moment est cool, on peut aussi se poser la question du pourquoi ? Et des moments un peu cools mais inutiles, le film en détient plusieurs.

On pourra aussi noter que cet opus, hormis Kurt Russell, n’arrive à tenir des personnages hautement charismatiques. Il y a bien des acteurs qu’on apprécie, Steve Buscemi, Pam Grier, Valeria Golino, Peter Fonda, Cliff Robertson, mais hormis un Bruce Campbell comme on ne l’avait jamais vu, aucun n’arrive vraiment à rester en mémoire. Pas même l’anarchiste maître des ruines de L.A joué par Georges Corraface et c’est bien dommage.

« Los Angeles 2013 » est donc un film plaisant, voire ultra plaisant parfois, mais qui reste inférieur à son ainé, car le fait qu’il ne soit pas fini, et que le spectacle tire vers l’approximatif, voire le ridicule parfois, entache le plaisir.

Mais bon, pour le reste, on appréciera énormément la critique toujours aussi bonne et constructive. On appréciera toujours aussi l’univers apocalyptique. On appréciera la BO encore une fois superbe et remise au goût du jour. On appréciera toujours autant Kurt Russell qui s’en donne à cœur joie ici. Et puis il y a ce final, incroyable lourd de résonnance et finalement parfait. Bref, cette suite reste appréciable et vaut le détour, même si elle n’entrera pas au panthéon des meilleurs Carpenter.

Note : 12/20

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Par Cinéted

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