décembre 4, 2020

Bienvenue à Zombieland

Titre Original : Zombieland

De : Ruben Fleischer

Avec Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Emma Stone, Abigail Breslin

Année: 2009

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie, Horreur

Résumé :

Dans un monde infesté de zombies, deux hommes tentent de survivre. Columbus, le plus jeune, est terrorisé à l’idée d’être dévoré. C’est une poule mouillée, mais sa prudence pourrait bien lui sauver la vie… Tallahassee, lui, est un chasseur de zombies qui ne craint plus rien ni personne. Armé d’un fusil d’assaut, il se donne corps et âme à la seule mission qui compte pour lui : trouver les derniers exemplaires de ses biscuits préférés, des Twinkies, encore disponibles sur Terre.
Dans leur périple, les deux survivants sont rejoints par Wichita et Little Rock, deux jeunes filles. Tous ont désormais deux défis impossibles à relever : affronter les zombies et apprendre à s’entendre…

Avis :

La comédie horrifique est un genre qui est apparu assez rapidement au cinéma, notamment avec les deux humoristes Abbot et Costello. En effet, à partir des années 40/50, alors qu’Universal est en plein essor avec ses créatures de l’ombre et des films tels que Dracula, Le Loup-Garou ou encore Frankenstein, le duo comique va tenter de surfer sur le domaine des suites et des fils de… pour tenter un nouveau sous-genre, la comédie qui fait peur. Seulement, le succès reste tout juste relatif et même si certains films marquent plus que d’autres comme Deux Nigauds Contre Frankenstein, d’autres sont plus expérimentaux à l’instar de Deux Nigaud Contre l’Homme Invisible. Et si de tout temps la comédie horrifique a eu son lot de petits films, il faudra attendre les années 2000 pour voir le genre exploser. Et il explose grâce principalement à une comédie anglaise, Shaun of the Dead. Et ce n’est pas pour rien que Ruben Fleischer a eu l’idée de faire Bienvenue à Zombieland en regardant le film d’Edgar Wright. Car désormais, on peut le dire sans trop se tromper, les comédies précitées sont celles qui trustent le haut du panier. Mais qu’est-ce qui fait que le film de Fleischer ait eu autant de succès ?

Car qu’on se le dise, les comédies d’horreur parcourent les écrans chaque année, et pourtant, aucune ne marque autant que les deux films que l’on vient d’évoquer. Et ce n’est pas faute d’avoir de petits films sympathiques comme le marrant Doghouse ou le vulgaire Lesbian Vampire Killers. Ce qui fait que Bienvenue à Zombieland fonctionne, c’est un savant mélange entre des personnages attachants et très travaillés, mais aussi un humour qui est toujours sur la tangente entre le grotesque et le gimmick au cinéma de genre.

Dès le l’introduction, le ton est donné. On rencontre un jeune homme, complètement à côté de ses pompes, qui doit faire face à une invasion zombie et qui s’est imposé des règles pour survivre dans ce milieu devenu hostile. D’entrée de jeu, la mise en scène du réalisateur, dont c’est le premier film, explose les codes du genre, donnant quelque chose de frais, de dynamique et de totalement cohérent avec l’esprit du garçon. Oui, c’est drôle, mais c’est aussi trash et on ne lésine pas sur les effets gores. Résolument pop dans sa présentation, le film ne va faire que bousculer les codes du film de zombie pour mieux les suivre par la suite, flattant l’encolure du fanboy, mais innovant aussi pour les profanes et trouvant toujours des moments ubuesques cohérents pour peaufiner ses personnages.

Car il ne faut pas se leurrer, ce qui fait que le film fonctionne, c’est avant tout la richesse de ses personnages et les interactions entre eux. Plaçant rapidement Tallahassee dans le sillon de Columbus, le réalisateur va montrer une approche assez paternaliste mais avec un humour fin et une évolution logique des mœurs. Ils n’ont pas le choix, chacun doit accepter les exigences de l’autre et c’est ainsi que le jeune va apprendre à grandir, à devenir plus féroce mais aussi plus prudent. On ressent cette évolution lorsque les deux bras cassés rencontrent deux jeunes filles et qu’ils vont devoir faire la route ensemble malgré des débuts calamiteux. Encore une fois, Ruben Fleischer reprend les codes du zombie, avec l’histoire de la morsure, mais aussi et surtout avec le fait que chaque être humain est un ennemi potentiel. Sauf qu’en plus de créer une petite tension dans le relationnel, il instaure aussi un humour fin et une histoire d’amour adolescente loin d’être gnangnan. Et c’est bien là toute la puissance du film qui arrive à calquer une invasion zombie avec des personnages hauts en couleurs, mais puissants et possédant un background solide. Woody Harrelson est impressionnant dans ce rôle de brute au cœur tendre qui a tout perdu à cause de cette malédiction. Au détour d’un passage tendre, le cinéaste en profite pour placer une vanne ignoble, mais qui fonctionne et tout le film est comme ça, en constant équilibre entre le drame et l’humour, parfois noir.

Mais ce n’est pas tout, le film doit aussi son succès à sa mise en scène exemplaire et à certaines séquences complètement folles, que ce soit dans ce qu’elles montrent ou dans ce qu’elles suggèrent. Impossible de ne pas penser à Bienvenue à Zombieland sans évoquer la séquence culte avec Bill Fucking Murray. L’acteur joue son propre rôle et il est tout simplement hilarant. La rencontre avec Woody Harrelson est un plaisir devenu culte aujourd’hui et il y a dans ce passage une osmose humoristique qui se dégage qui est totalement incroyable. Car non seulement c’est drôle, mais on sent que les acteurs s’amusent et donnent tout ce qu’ils ont. Le moment de la mort est sublime et ce caméo est certainement le plus réussi de l’histoire du cinéma. Puis difficile de ne pas évoquer la fin, dans le parc d’attraction, qui est une réussite visuelle quasi parfaite, utilisant de façon pertinente les attractions et les différents points de vue, comme lorsque Tallahassee fait du rail shooting sur le grand huit. Rares sont les films à avoir un tel culot visuel et Ruben Fleischer laisse éclater son talent et sa fougue dans des passages purement et simplement marquants.

Au final, Bienvenue à Zombieland est l’une des comédies horrifiques les plus drôles et les plus réussies qui soient. Ce partageant le trône avec Shaun of the Dead, le film de Ruben Fleischer doit sa réussite à un parfait équilibre entre son visuel (parfois dantesque comme l’avion écrasé sur la route) et son humour débordant de clins d’œil, de gimmicks, mais toujours utilisés à bon escient afin de faire avancer l’intrigue, ou tout du moins de faire avancer les relations entre les personnages. Il en résulte un film fun, intelligent et qui est désormais un incontournable du genre.

Note : 19/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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