Motionless in White – Graveyard Shift

Avis :

S’il y a un genre dans le métal qui ne transcende pas forcément les foules sur la durée, c’est le metalcore. Genre ultra bourrin qui aime les riffs lourds et rapides, on peut aisément dire que ce sous-genre du métal manque cruellement de variété et hormis un chanteur en mode screamo perpétuel, il manque des chants clairs ou tout du moins des mélodies accrocheuses. Attention, non pas que le genre soit mauvais, mais on retrouve très souvent les mêmes choses et tous les groupes ont tendance à se ressembler, à l’instar de Hatebreed, l’un des pères fondateurs du genre. Mais les petits nouveaux sont en train d’arriver et de bousculer un peu cette scène encore un poil trop underground. Motionless in White se fonde en 2005 et il signe très rapidement avec Fearless Records pour un premier album assez discret, mais qui aura un joli succès. Et il semblerait que la route soit par la suite toute tracée pour le groupe, malgré les moult changements de line-up. Sortant un album tous les deux ans, Graveyard Shift est le quatrième album de la formation et on pourrait presque parler d’album de la maturité tant les références semblent être digérées et le groupe commence à s’imposer comme une des valeurs sûres du metalcore.

Et pourtant, ce n’était pas gagner avec Rats, le premier morceau de l’album, qui peine à convaincre malgré quelques fulgurances qui laissent présager le meilleur pour la suite. Entre une intro plutôt électro puis des riffs bien lourds et gras et enfin une voix profonde qui alterne chant clair et screamo, le titre est un pot-pourri de ce que va être tout l’album. C’est avec Queen for Queen que le groupe s’affirme pleinement dans ce skeud. Morceau surpuissant et très entrainant, le groupe réussit son pari de faire quelque chose de violent mais de très accessible, avec notamment un refrain qui rentre immédiatement en tête. Une efficacité que l’on retrouve avec Necessary Evil qui a des soubassements issus de Korn et ce n’est pas un hasard si Jonathan Davis est invité sur le titre. On notera aussi un intro tout en claviers qui fait irrémédiablement penser à Rammstein et au métal industriel dans sa globalité. En fait, le groupe trouve une parfaite osmose entre la violence et le rythme metalcore avec quelques insertions industriel et même de métal gothique. Chose que l’on ressent dans Not my Type : Dead as Fuck 2, qui fait aussi écho à un précédent morceau du groupe, aimant faire des ponts entre chaque effort. On pourra aussi y détecter des éléments de hardcore électro, donnant un peps incroyable au titre. Et puis on notera la voix du chanteur, qui reste relativement en retrait, un peu à la Marylin Manson, l’une des idoles du chanteur.

Entre Korn et Manson, on pourrait croire que Motionless in White ait du mal à trouver une certaine identité, mais ce n’est absolument pas le cas, puisque le groupe arrive à faire une synthèse de tout ce qui le nourrit et trouve toujours un point de repère pour le remettre à sa sauce. L’exemple le plus flagrant réside avec Soft, morceau le plus bourrin du skeud, qui semble ressembler à du Slipknot, mais qui s’en affranchit très vite avec des insertions électros ou encore un chant clair plus marqué. On retrouvera cette violence explosive avec The Ladder, qui démarre comme un titre de Death avec une batterie ultra rapide et un clavier omniprésent offrant une ambiance gothique à souhait. Néanmoins, la formation calme vite le jeu avec un refrain catchy et qui permet de souffler un peu avec un chant clair tout autant maîtrisé que le chant crié, d’une qualité exceptionnelle. Cependant, tout l’album n’est pas parfait et on peut noter deux petits titres un peu en dessous. Loud (Fuck It) par exemple, est un morceau trop haché qui ne parvient jamais à accrocher malgré une volonté de présenter autre chose, qui s’oriente vers un métal alternatif pas désagréable mais qui n’est pas assez catchy. Ensuite, on peut parler de Untouchable qui demeure un poil trop commercial et pas assez marquant. Et pourtant, l’aspect commercial n’est pas forcément dérangeant avec le groupe, puisque des titres comme Voices ou encore Eternally Yours sont très accessibles, en ayant des structures classiques et puissantes.

Au final, Graveyard Shift, le dernier album en date de Motionless in White, est un excellent effort et le groupe prouve une fois de plus qu’il pourrait bien être la relève de la scène metalcore. Ne délaissant pas pour autant le screamo, le groupe parvient à fournir des titres varié avec du chant clair et des insertions de divers sous-genres pour trouver une identité propre et une variation qui manque cruellement à la scène. On peut le voir sur cet album de grande qualité, alternant pièces violentes et hardcores avec des titres plus doux, plus accessibles, mais restant toujours dans un genre précis. Bref, certainement l’un des meilleurs albums métal de l’année.

  1. Rats
  2. Queen for Queen
  3. Necessary Evil feat Jonathan Davis
  4. Soft
  5. Untouchable
  6. Not my Type : Dead as Fuck 2
  7. The Ladder
  8. Voices
  9. LOUD (Fuck It)
  10. 570
  11. Hourglass
  12. Eternally Yours

Note: 17/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net