octobre 29, 2020

Big Wreck – Grace Street

Avis :

Si on mélange le Canada et la musique, on pense irrémédiablement aux chanteuses à voix, celles qui s’égosillent sur nos ondes radios et qui connaissent un succès sans faille dans notre hexagone. Céline Dion, Isabelle Boulay, Natasha StPier sont autant d’exemples qui prouvent que le Canada est une terre de musique. Mais le pire, c’est que ce pays se garde bien de nous envoyer ses meilleurs éléments, les gardant jalousement, surtout quand il s’agit de rock, voire de métal. Et même ces chanteuses à voix ont bon goût, en atteste la sélection d’un chanteur de Death Métal dans la dernière édition de The Voice par Isabelle Boulay. Big Wreck n’est pas le groupe le plus réputé en France, et pour cause, après deux albums durant la fin des années 90 qui ont fait un carton au Canada et aux States, le groupe se sépare. Connu pour son projet personnel, Ian Thornley, le leader de Big Wreck, décide alors en 2010 de reformer son groupe d’origine avec le même guitariste et les nouveaux membres de son dernier groupe. Et si le succès se fait plus discret avec Albatross et Ghosts, ce n’est pas avec Grace Street que la formation va renouer avec un succès fulgurant, la faute à une distribution chaotique, mais surtout à un album timoré, où les bons morceaux rocks flirtent avec les ballades lénifiantes.

Le skeud débute avec It Comes as no Surprise et ce n’est pas meilleur départ que l’on peut avoir. Enclenchant d’emblée sa voix de tête avec un rythme relativement lent, il faudra attendre le milieu de chanson pour avoir un semblant de mouvement et surtout entendre le chanteur laissant éclater sa voix. Pour une entrée en matière, cela laisse assez froid et on ne peut que craindre pour la suite. Une suite qui va souffler le chaud et le froid et qui laisse un sentiment global mitigé. Il faut dire que certaines pièces sont largement dispensables, pour ne pas dire mauvaises. On peut donc citer le très mauvais You Don’t Even Know, mélange de pop et de rock pour un résultat décevant et sans aucun enjeu. C’est bien simple, on dirait du Bon Jovi en moins jovial et c’est très ennuyant, voire même gênant durant le refrain. Le titre sera d’ailleurs suivi par trois autres morceaux assez pénibles. Si Useless peut passer, étant une ballade classique qui ne bousculera pas les codes du genre, ce sera une autre histoire pour A Speedy Recovery, un long titre qui dépasse les sept minutes. Sans rythme, sans but précis, avec une rythmique rapide mais qui ne colle pas avec cette envie de fournir quelque chose de rock, on se retrouve face à un morceau hybride qui n’a rien d’aérien et de probant. Fort heureusement, un solo de gratte va venir sauver l’ensemble. Enfin, on peut évoquer Motionless qui est le morceau qui ne sert à rien.

Mais tout n’est pas mauvais dans cet album, à commencer par le hit de l’album, One Good Piece of Me, qui sans être éblouissant se révèle être sympathique et résolument pop rock. Là encore, ça ressemble à du Bon Jovi, mais la meilleure partie de l’artiste, avec une pointe de commerciale sans pour autant se vendre totalement. On sera aussi surpris de certains titres un peu plus rugueux et tirant vers le hard, à l’image de Tomorrow Down, notamment dans son refrain, ou encore Digging In et ses riffs ravageurs d’entrée de jeu. Un titre sympathique qui lorgne aussi vers le blues rock et la country pour fournir quelque chose qui sort de l’ordinaire dans un album finalement assez morose au niveau des variations. Le plus étonnant réside dans The Receiving End, un titre calme mais dans lequel le chanteur pose plus sa voix, qui fait penser à celle de Chris Cornell, le chanteur de Soundgarden et Audioslave. Enfin, difficile de passer à côté de Skybunk Marché, l’avant-dernier titre de l’album, qui est uniquement instrumental et qui se révèle d’excellente facture, avec un bon rythme, des riffs accrocheurs et surtout une technicité à toute épreuve, faisant écho au rock progressif, genre qui peut qualifier certains morceaux du groupe.

Au final, Grace Street, le cinquième album de Big Wreck et troisième depuis la refonte de la formation, est un petit effort qui pourra satisfaire les fans de la bande, mais qui aura du mal à s’imposer, même dans le petit monde du rock prog. Non pas que l’album soit désagréable, mais il manque de vie et d’identité et surtout, certains titres sont vraiment mauvais, à l’image de ces quatre morceaux successifs qui font complètement sortir de l’album. Bref, un album sympathique, mais perclus de scories et de moments d’errements, ce qui est dommage.

  1. It Comes as No Surprise
  2. One Godd Piece of Me
  3. Tomorrow Down
  4. You Don’t Even Know
  5. Useless
  6. A Speedy Recovery
  7. Motionless
  8. Digging In
  9. The Receiving End
  10. Floodgates
  11. The Arborist
  12. Skybunk Marché
  13. All my Fears on You

Note : 13/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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