novembre 30, 2020

Les Royaumes Oubliés – La Trilogie des Avatars T.01 – Valombre – Richard Awlinson

Auteur : Richard Awlinson

Editeur : Fleuve Noir

Genre : Fantasy

Résumé :

On a volé les Tablettes du destin. Qui a fait ça ? La colère d’Ao se déchaîne : les dieux sont bannis dans les Royaumes, condamnés à la forme humaine, privés de leurs pouvoirs… et le monde se met à tourner à l’envers. Il faut retrouver les Tablettes, et vite ! La belle Minuit et ses trois compagnons s’attellent à cette impossible tâche, où ils savent bien qu’ils se feront des ennemis mortels. Et les voilà partis pour Valombre, où il faudra livrer bataille.

Avis :

On tient pour acquis que la Fantasy moderne doit tout à son créateur, J.R.R. Tolkien et sa trilogie du Seigneur des Anneaux. Il faut dire que l’œuvre est dantesque et que le succès ne s’est pas fait attendre, offrant un nouveau monde à explorer entre imaginaire et moyen-âge. Voyant de nouvelles portes s’ouvrir, des écrivains en herbe se sont alors lancés dans la brèche pour offrir d’autres mondes fantasy aux fans. Et petit à petit, cet univers si riche et exploitable a vu arriver les jeux de rôles et notamment les fameux Donjons & Dragons, licence juteuse qui permet aux joueurs de prendre la place de guerriers, magiciens et autres voleurs pour vivre des aventures extraordinaires. C’est dans cet univers que prend place Les Royaumes Oubliés. Voulant augmenter les aventures se déroulant sur les terres du jeu de rôle, une collection se mit en place chez Fleuve Noir et elle connut un joli succès avec près d’une centaine de tomes. Valombre est le premier de la collection et inaugure par la même occasion une trilogie, celle des avatars, où les dieux sont forcés de revenir sur Terre et de prendre une forme humaine.

Histoire purement fantasy qui ne va pas chercher des éléments dans d’autres univers, Valombre est tout ce qu’il y a de plus basique dans la fantasy moderne. Des dieux, des héros, de la magie, une quête complexe et surement mortelle, tous les ingrédients sont présents pour satisfaire le fan de jeu de rôle et Tolkien, tout en lui offrant l’opportunité de vivre une expérience dans un autre monde. Cependant, la mise en bouche est assez difficile à avaler dès le prologue. En effet, le livre nous parle d’une multitude de dieux, de plans célestes, sans jamais nous aiguiller sur ce qu’ils sont, et surtout qui ils sont. On a la sensation que si l’on n’est pas rompu à l’univers des Royaumes Oubliés, on est vite perdu et c’est bien dommage car la lecture s’en trouve un peu entachée. Il faudra un certain temps d’adaptation pour bien s’imprégner de l’univers et comprendre qui est qui, car entre Mystra la déesse de la magie, Baine le dieu des conflits, Myrkul et tous les leurs larbins, il y a une pléthore de noms et ce n’est pas évident de s’y retrouver. D’autant plus qu’il n’y a aucun glossaire pour aider le lecteur profane.

Fort heureusement, on va vite se faire une idée au fur et à mesure de la lecture. Le livre étant assez court (moins de 250 pages), il se focalise rapidement sur les quatre personnages principaux qui vont mener la quête de leur vie pour aider les dieux à retrouver les plans célestes. Si les tenants et les aboutissants sont vite révélés, c’est surtout les rencontres fortuites qui vont donner le sel à tout ce premier tome. Des rencontres typiques dans ce genre d’histoires, comme des araignées géantes dans un bois ou encore des goules au détour d’une route. Si certains pourront pester face à la facilité employée, on ne peut qu’être content de retrouver une fantasy old school et qui ne fait pas dans le grandiloquent. Même les héros demeurent très clichés, mais finalement attachants, à l’image de Minuit, la belle magicienne, Kelemvor le guerrier maudit, Cyric le voleur torturé ou encore Adon, le prêtre à la beauté lumineuse. On a vraiment la sensation de revenir dans les années 80, aux prémices du jeu de rôle et de lire une aventure détente qui a du faire les joies des rolistes.

Malgré tout, ce premier roman ne dépasse jamais son statut qu’il s’est imposé de lui-même. En effet, il demeure très classique, presque téléphoné et le lecteur n’aura que peu de surprises, sinon celle d’une fin qui arrive un peu prématurément et annonce un deuxième tome. Sorte de road trip avec des péripéties à chaque pause, le livre a une forte tendance à se répéter pour ne jamais aller plus loin que ses propres limites. Alors certes, on s’amuse à la lecture, mais on ne retrouve pas le côté épique de Tolkien et l’ensemble manque même de cohérence ou de détails. Les personnages sont grossièrement esquissés, les décors sont à peine expliqués et finalement, ce premier tome manque de personnalité ou d’éléments vraiment marquants.

Au final, Valombre, le premier tome de la trilogie des Avatars et de la collection Les Royaumes Oubliés, est un roman sympathique mais qui manque de punch et d’identité. Si on ne s’ennuie pas à sa lecture, on reste un peu sur le carreau à cause de la multitude des personnages et de la sensation d’être un imbécile si on ne maîtrise pas d’entrée de jeu l’univers des Royaumes Oubliés. Bref, une lecture détente pour les fans de fantasy, qui cherche une petite aventure à se mettre sous la dent sans trop se prendre la tête.

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.