Basic Instinct 2

Titre Original : Basic Instinct 2 : Risk Addiction

De: Michael Caton-Jones

Avec Sharon Stone, David Morrissey, Stan Collymore, Charlotte Rampling

Année: 2006

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller

Résumé:

Psychiatre londonien réputé, le Dr. Michael Glass est le meilleur dans son domaine. Lorsque le commissaire Roy Washburn lui demande d’évaluer psychologiquement une femme mêlée à la mort mystérieuse d’un célèbre sportif, son univers bascule…
Catherine Tramell est une romancière américaine, et les meurtres qu’elle dépeint dans ses romans se réalisent de plus en plus souvent dans la vie réelle. Entre elle et le Dr Glass, l’attirance est immédiate. Glass est intrigué par cette superbe femme qui réveille ses instincts les plus sombres. Piégé dans un jeu qu’il croit maîtriser, fasciné par sa beauté, il transgresse peu à peu toutes les limites qu’il s’était fixées.
Alors que les meurtres frappent de plus en plus près, un face-à-face sans pitié s’engage entre le psychiatre et cette femme aussi séduisante que redoutable…

Avis:

L’idée de donner une suite au sulfureux « Basic Instinct » et surtout à son héroïne, Catherine Tramell, n’est pas une lubie de l’instant et avant que le film sorte finalement en 2006, cela faisait presque une dizaine d’années que le projet se montait et se défaisait. Entre les procédures judiciaires entre Sharon Stone et les producteurs, entre les désistements de David Cronenberg, ou John McTiernan, entre les difficultés pour trouver l’acteur qui ferait face à la Tramell, ce « Basic Instinct » a bien eu du mal à voir le jour.

Le « Basic Instinct » de Paul Verhoeven est un polar si réussi, qui se suffisait à lui seul et lui donner une suite n’était pas nécessaire, mais comme le film avait rapporté un très gros paquet et que Catherine Tramell est devenue une icône assassine, le grand Hollywood a donc réussi à monter le projet, et offrir une suite qui était finalement aussi attendue que redoutée. Et voilà que quatorze ans après, Catherine Tramell est de retour sur les grands écrans, pour un film parfaitement RIDICULE !!! Un film infâme qui est une leçon de mauvais, de vulgarité et d’opportunisme. Un film qui tourne au ridicule dans ses idées, même les meilleures, comme le fait de faire se confronter Catherine Tramell à un psychiatre. Bref, une bouse horrible, à des années-lumières du redoutable film de Paul Verhoeven.

Le Dr. Michael Glass est un psychiatre réputé de Londres. Un matin, il est appelé pour faire une analyse d’une femme qui vient de faire un accident de voiture, accident dans lequel un joueur de foot mondial connu à trouver la mort. Cette femme, c’est la romancière Catherine Tramell. Michael rencontre alors sa patiente et d’emblée, le psychiatre est intrigué par la romancière. Il la sait dangereuse, mais ne peut rien prouver. Dès lors, commence entre le psy et la romancière une relation des plus ambiguës. Une relation où les morts suspects s’accumulent et les suspicions s’avèrent être très manipulées…

« Basic Instinct 2 » ou la parodie de cette année 2006 ! Je n’aime pas faire des comparaisons, car je pense que chaque œuvre devrait être prise en elle-même et là, il est impossible de ne pas comparer les deux films, tant celui-ci n’a strictement rien compris au film de Paul Verhoeven.

Le film de Paul Verhoeven était une leçon de manipulation et surtout d’ambiguïté, où le but était de savoir si ce qui nous était montré était la vérité ou non, et si Catherine Tramell était belle et bien la tueuse. La sexualité du film de Paul Verhoeven servait éminemment l’intrigue et offrait une tension on ne peut plus ambiguë dans les rapports entre les personnages.

Là, avec ce film de commande, Michael Caton-Jones (pourtant bon réalisateur d’ordinaire) réalise ici un film sans mise en scène, sans tension, sans histoire, sans ambiguïté, à l’ambiance ultra vulgaire. Un film où le sexe est au premier plan et fait de Catherine Tramell une vulgaire et pauvre allumeuse qui n’a finalement aucun fond. Oubliez l’intelligence de la romancière, ici, elle mise tout, absolument tout, sur sa plastique de rêve et devient une garce obsédée sexuelle qui n’a plus de limites, simplement pour son bon plaisir. On a l’impression de voir une caricature de Catherine Tramell. Sharon Stone, à force de regard insistant, à force d’être ultra lookée, en devient ridicule de bout en bout. D’ailleurs, la scène d’ouverture, qui se veut provocante, donne directement une idée de la nullité de ce que va être le film.

On notera par la même occasion que le personnage mise sur sa plastique, mais qu’il est bien entendu que cette plastique, on ne fait que la suggérer. Car oui, on veut bien faire une suite de « Basic Instinct« , mais il faut faire recette et donc, elle doit être tout publique ou presque.

Pourtant, sur le papier, cette suite de « Basic Instinct » pouvait donner quelque chose d’intéressant, car elle avait une bonne idée. Une idée qui pouvait construire un film excellent et surtout terriblement ambigu. Cette idée, c’est de faire confronter l’esprit de Catherine Tramell, non pas à un flic, mais à un psychiatre (imaginez ce que l’idée aurait pu donner écrite et filmée par Cronenberg). Mais voilà, là encore le film est un échec, car il ne fait que suggérer l’idée et là encore, le film joue sur la provocation sexuelle sans fond. Catherine Tramell est « bonne », elle le sait, et forcément, le psy devient débile à la vue du personnage. (Et ce n’est pas le twist final ridicule qui va être capable de remettre en cause l’histoire). Car oui, si le film passe complétement à côté du personnage de Catherine Tramell, il ne s’arrête pas là, et peint des personnages faussement troubles et surtout tous plus débiles les uns que les autres. La palme revient à celui de Charlotte Rampling qui n’a absolument aucun sens à la fin.

Ce film est un cas d’école. C’est une leçon de tout ce qu’il faut éviter de faire. Et oui, il ne suffit pas de mettre Sharon Stone dans la peau de Catherine Tramell pour que ça fonctionne et réitérer le succès. D’ailleurs, la pauvre Sharon Stone, qui avait une assez belle carrière intéressante, s’est descendue elle-même entre ça et le « Catwoman » de Pitof.

Note : 03/20

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