octobre 26, 2020

Le Procès du Siècle

Titre Original : Denial

De : Mick Jackson

Avec Rachel Weisz, Tom Wilkinson, Timothy Spall, Andrew Scott

Année: 2017

Pays: Etats-Unis, Angleterre

Genre: Drame, Biopic

Résumé:

Deborah Lipstadt, historienne et auteure reconnue, défend farouchement  la mémoire de l’Holocauste.

Elle se voit confrontée à un universitaire extrémiste, avocat de thèses controversées sur le régime nazi, David Irving, qui la met au défi de prouver l’existence de la Shoah.

Sûr de son fait, Irving assigne en justice Lipstadt, qui se retrouve dans la situation aberrante de devoir prouver l’existence des chambres à gaz. Comment, en restant dans les limites du droit, faire face à un négationniste prêt à toutes les bassesses pour obtenir gain de cause, et l’empêcher de profiter de cette tribune pour propager ses théories nauséabondes ?

Avis :

Le procès du siècle est, de manière non originale, inspiré d’une histoire vraie et tiré d’un roman, tout comme le film Les figures de l’ombre, sorti récemment et critiqué sur le site.  Cela n’en fait pas moins un excellent film, ensorcelant du début à la fin, avec des personnalités fortes, charismatiques et fascinantes.

Le film raconte l’incroyable histoire de Deborah Lipstadt, une historienne auteure de « Nier l’holocauste » (Denying the Holocaust de 1993, éditions Pengouin Books) dans lequel elle décrivait David Irving comme un négateur de la Shoah. Ce dernier la traduisit alors en justice à la cour d’Angleterre dont les lois diffèrent de celle des Etats-Unis et qui vont, de ce fait, forcer Deborah Lipstadt à prouver l’existence de l’Holocauste, un drame ayant causé la mort de millions de personnes de par le monde et étant encore gravé dans nos mémoires. David Irving était un historien autodidacte et connu pour être raciste, antisémite, proche des courants communistes et d’extrême droite, tout en assumant clairement ces positions et ces idéologies. Il pensait remporter ce procès et être réhabilité en tant qu’historien, sauvant ainsi sa réputation. Cependant, cette histoire l’aura ruiné et mis plus bas que terre. De par cette conclusion, il s’en ressort un sentiment de justice : le mal est vaincu et cela nous fait du bien. Le procès du siècle est un film poignant qui nous remonte le moral et qui nous intime de poursuivre nos idées et de ne pas avoir peur de l’adversité.

L’acteur jouant David Irving, Timothy Spall, est un vrai génie. On le déteste dès les premières minutes du film mais notre opinion évolue au fil du récit et se complexifie. Il nous horrifie, nous horripile et, étonnamment, nous fascine tout à la fois. Le jeu d’acteur est intéressant, dans les expressions de son visage, simulant le mensonge et l’innocence comme jamais, dans ses regards, arguant bien qu’il fera tout pour gagner, et dans ses gestes, insufflant parfois un peu d’hésitation et de malaise dans ses propos. On le sent mauvais et malsain mais indubitablement humain, qu’on en viendrait presque à avoir de la peine pour sa défaite.

Rachel Weisz joue admirablement bien le rôle de Deborah Lipstadt. On s’attache très vite à elle et à ses souffrances au quotidien. On ressent rapidement sa force et son courage, son envie de combattre le mensonge et la haine oppressante qui va avec. Elle ne parlera pas une seule fois pendant le procès, suivant les conseils de toute son équipe. Cette équipe est d’ailleurs un point central du film : les avocats et les assistants sont puissants, leur envie de combattre et leur esprit d’analyse sont un atout majeur pour la jeune femme. Les rôles d’Anthony Julius, un avocat qui a notamment soutenu la princesse Diana lors de son divorce, et de Richard Rampton, l’avocat qui plaidera en faveur de Deborah Lipstadt, sont prenants et rendus à l’écran avec finesse. Les dialogues les mettant en valeur sont intéressants tant au niveau du plaidoyer et de la stratégie associée qu’au niveau de leur propre personnalité et de l’idée qu’ils se font de la justice et de la vérité.

Le film ne souffre d’aucune longueur. Les scènes s’enchaînent à un rythme bien défini et permettent une compréhension complète et totale du sujet. Le procès n’est pas représenté dans son intégralité (et heureusement !) et le film a choisi des moments clés avec intelligence. Le spectateur ne s’ennuie ainsi pas une seconde. Les moments à la cour sont réellement intenses et on tremble avec Déborah Lipstadt devant l’audace de David Irving et ses dires.

Le milieu du film rengorge d’émotions en nous amenant sur le site d’Auschwitz, en Pologne. Les images et les scènes se rallongent un peu ici, nous laissant le temps de prendre la mesure de ce que nous voyons, sans nous heurter, et permettant à certains personnages de se recueillir.

Ce film effraie par son sujet grave : comment prouver l’existence d’un évènement alors que plus aucune preuve n’est disponible sur la surface du globe et que seules les mémoires des survivants sont les réminiscences de cet acte terrible ? Comment peut-on se faire manipuler par un homme qui falsifie l’Histoire pour son propre intérêt et pour la réhabilitation d’Hitler ?

Le film est d’actualité et montre que le racisme et la haine des autres ont toujours été les pensées les plus terribles de l’humanité, menant celle-ci à des exactions dont les adjectifs pour les décrire ne seraient jamais assez puissants.

Une vraie bouffée d’air frais !

Note : 19/20

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Par Lildrille

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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