novembre 30, 2020

The Young Lady

Titre Original : Lady Macbeth

De : William Oldroyd

Avec Florence Pugh, Cosmo Jarvis, Paul Hilton, Naomi Hackie

Année: 2017

Pays: Angleterre

Genre: Drame, Historique

Résumé:

1865, Angleterre rurale. Katherine mène une vie malheureuse d’un mariage sans amour avec un Lord qui a deux fois son âge. Un jour, elle tombe amoureuse d’un jeune palefrenier qui travaille sur les terres de son époux et découvre la passion. Habitée par ce puissant sentiment, Katherine est prête aux plus hautes trahisons pour vivre son amour impossible.

Avis:

Drôle de parcours que celui de William Oldroyd, qui trouva la voie du cinéma alors qu’il avait commencé des théologies, pour en toute logique entrer dans les ordres. Petit à petit, c’est vers la réalisation qu’il se tourne, fasciné par la direction d’acteurs quand il sera sur la super production « Jules César » de Deborah Warner. Entre 2011 et 2013, il tourne trois courts-métrages qui vont l’amener à réaliser son premier long, « Lady Macbeth« , rebaptisé en anglais chez nous « The Young Lady« .

« The Young Lady » est donc un petit film anglais qui est plutôt bien desservi chez nous avec un peu moins de quatre cent salles, ce qui est on ne peut plus honorable pour un premier film, sans grande tête d’affiche, qui plus est. Emmené par un excellent bouche à oreilles, « The Young Lady » avait l’air d’être pile dans ce que le cinéma anglais sait faire de mieux, le drame en costume.

Je m’attendais à un petit drame plein de charme en entrant en salle, mais c’est un drame puissant, lourd, voire même choquant de par la soudaineté et la froideur de sa violence, qui nous est présentés.

Avec « The Young Lady« , William Oldroyd réalise une magnifique chronique sur la condition de la femme à une époque toute patriarcale.

1865 en Angleterre, la jeune Katherine vient d’être mariée à un lord. L’homme, qui est alors son mari, s’est marié simplement par convenance et ignore sa jeune épouse. Alors que ce dernier la laisse seule plusieurs mois dans leur grande demeure à la campagne, la jeune Katherine va découvrir la chaleur des sentiments et du plaisir avec Sebastian, le palefrenier du domaine. Dès lors, la jeune Lady est prête à tout, même aux meurtres les plus effroyables, pour vivre ses puissants sentiments qui l’envahissent.

Entonnant que ce « The Young Lady« . Si vous vous attendiez à un drame quelque peu conventionnel à la « Raison et sentiments« , passez votre chemin, car « The Young Lady » est bien loin d’être de cela et c’est plus « Les liaisons dangereuses » qu’on trouve ici.

Avec ce film, William Oldroyd nous enferme dans une grande demeure bourgeoise aux couloirs, aux pièces et aux chambres froides comme la glace. Ce genre de demeure aussi magnifique à l’extérieur que figée à l’intérieur. Ce genre de demeure où les murs sont les témoins d’actes de vie et de sentiments injustes et complexes.

« The Young Lady » est un film qui analyse en profondeur une société, un monde et un mode de vie. C’est un film nuancé, qui s’avère bien plus profond et rude que sa première lecture ne le laisse penser. William Oldroyd tient là un scénario puissant, qui ne va être qu’une montée en puissance d’une frustration. Très bien tenu, le film nous présente une femme mariée sans sentiment à un homme qui l’ignore. Une femme à qui l’on demande de se taire, et d’être simplement là. Une femme dont l’absence d’amour et d’intérêt que lui porte son mari, et plus largement la société, va transformer peu à peu en monstre.

Le scénario, dont il vaut mieux en savoir le minimum pour garder l’effet de surprise, est sublime, et même bouleversant de par son caractère macabre qui est bien plus manipulateur que le simple fait d’être une victime. Les apparences peuvent être trompeuses, et manipulations, envie d’amour et de liberté, pulsions, sexe, désir, passion charnelle et sentiments de culpabilité vont être le cœur même de cette première œuvre un brin sulfureuse de William Oldroyd. Une œuvre dont son héroïne bouleverse un peu nos codes. Visage d’ange et capable du pire pour ses envies mais aussi sa survie. Ce qui est particulièrement prenant avec le film de William Oldroyd, c’est que finalement, de par son époque, de par sa condition, de par ce qu’on pense d’elle, on peut comprendre dans un sens les choix de cette femme. On peut même être touché par elle, alors même qu’elle fait des choix immondes, immoraux, répréhensibles. Ces choix, on les comprend et il nous touche grâce à la force de l’écriture de son scénariste. Grace à la subtilité dont l’intrigue fait preuve. D’ailleurs, un second visionnage est même nécessaire pour qu’une fois passée la rudesse de l’intrigue, on puisse s’arrêter sur toutes les subtilités de l’écriture.

La « … Young Lady » de William Oldroyd, c’est Florence Pugh, actrice quasi-inconnue chez nous et qui tient le film sur ses épaules avec un charisme incroyable. La jeune actrice crève l’écran et arrive nous faire passer toutes les frustrations, désirs et folie de son personnage. Touchante, éprouvante, parfois terrifiante, elle fascine sur tout le long. Nul doute qu’avec des choix aussi excellents que celui-ci et ce talent qui est le sien, on devrait vite en entendre parler.

Les apparences sont trompeuses et tout en dessinant un portrait parfait de profondeur, le réalisateur a su offrir un film surprenant. « The Young Lady » est finalement à l’image de son affiche présentant une jeune femme que l’on ne peut supposer machiavélique au visage d’ange. D’ailleurs, on notera que pour une fois, l’idée de retraduire le titre anglais pour un autre est excellente, car, qui derrière cette jolie « … Young Lady« , aurait pu imaginer que se cachait en réalité, une « Lady Macbeth« .

Ce premier film est donc une belle réussite, doublée d’une grande surprise. William Oldroyd a réussi son premier coup et maintenant, on attend le prochain avec curiosité.

Note : 16/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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