Après la Tempête – Perle Nippone

Titre Original : Umi Yori Mo Mada Fukaku

De : Kore-Eda Hirokazu

Avec Hiroshi Abe, Yoko Maki, Yoshizawa Taiyo, Kirin Kiki

Année : 2017

Pays : Japon

Genre : Drame

Résumé :

Malgré un début de carrière d’écrivain prometteur, Ryota accumule les désillusions. Divorcé de Kyoko, il gaspille le peu d’argent que lui rapporte son travail de détective privé en jouant aux courses, jusqu’à ne plus pouvoir payer la pension alimentaire de son fils de 11 ans, Shingo. A présent, Ryota tente de regagner la confiance des siens et de se faire une place dans la vie de son fils. Cela semble bien mal parti jusqu’au jour où un typhon contraint toute la famille à passer une nuit ensemble…

Avis :

Kore-eda Hirokazu est un réalisateur japonais qui a offert l’un des films les plus puissants qu’il m’ait été donné de voir, « Tel père, tel fils« . En un film, le réalisateur a su conquérir son public.

Après « notre petite sœur« , sorti il y a deux ans maintenant, le réalisateur japonais est de retour pour une nouvelle œuvre épurée qui aborde encore une fois la famille. Il aura fallu près d’un an d’attente avant de voir le nouveau film de Kore-eda Hirokazu, qui était pourtant présenté à la sélection « un certain regard » au dernier festival de Cannes. Un an à rêvasser devant cette sublime bande annonce. Un an à peut-être trop attendre ce film, et finalement, à la sortie de la salle, « Après la tempête« , dernier-né de Kore-eda Hirokazu, est bel et bien le film qu’on attendait. Simple et complexe à la fois, réaliste, juste et plein de tendresse, Kore-eda Hirokazu démontre encore une fois un œil incroyable avec cette peinture d’une famille japonaise. Bref, un joli coup de cœur qui est passé bien trop vite.

Il y a douze ans de cela, Ryota fut un écrivain plein de promesses avec son premier roman. Depuis, Ryota n’a plus rien écrit et aujourd’hui, il est un pseudo-détective privé qui gaspille presque tout son argent gagné aux courses. Divorcé, ne voyant presque jamais son fils, Ryota est passé à côté de sa vie et il a petit à petit perdu la confiance des siens et peut-être bien de lui-même. Un soir, un typhon va « obliger » alors la famille à rester coincée dans l’appartement de Shinoda, la mère de Ryota. Cette nuit va alors être le théâtre d’un nouveau départ.

Attendre un film avec impatience, c’est souvent prendre le risque d’être déçu, car bien souvent, il se trouve être loin de ce que l’on avait imaginé. Mais quand on s’appelle Kore-eda Hirokazu et qu’on est l’un des cinéastes les plus intéressants de ces dernières décennies, la déception est quasi impossible et ce n’est pas encore avec « Après la tempête » que ce sera le cas.

Tranche de vie magnifique de simplicité, « Après la tempête » est un film simple et complexe à la fois, un peu comme la vie elle-même. Doux et contemplatif, Kore-eda Hirokazu nous livre ici une tranche de vie touchante. Divisé en deux parties très distinctes, « Après la tempête » est un film qui se savoure pour la peinture, toute en simplicité et émotion qu’il fait de ses personnages et plus précisément de ce père à la limite de la loose, qui à cause et grâce à une tempête pourtant annoncée depuis plusieurs jours, va retrouver, le temps d’une nuit, l’essentiel.

« Après la tempête » est un film qui va prendre le temps de présenter la vie, le passé et la complexité de son personnage principal. Ryota est un homme qui a « tout perdu » ou presque et qui va être partagé entre les regrets et l’acceptation de sa situation.

Ici, Kore-eda Hirokazu nous présente un homme simple et plein de désillusions. Défauts et qualités se conjuguent au présent, au travers de la vie désorganisée et parfois on ne peut plus pathétique de cet homme.

En aucun cas, le réalisateur ne juge son personnage. Il ne fait que nous le présenter avec ce qu’il a de bon, de mauvais, de drôle, de pitoyable et de touchant. Comme toujours chez Kore-eda Hirokazu, le portrait est nuancé et s’avère très juste et malgré ses décisions, tout le monde finalement peut se reconnaître en Ryota, et c’est pour ça qu’il en est d’autant plus touchant.

Certains pourront toutefois trouver la présentation un peu trop longue. « Après la tempête« , dans sa très grande majorité, est aussi un film « d’ambiance », et il faut rentrer dedans. Il est vrai que Kore-eda Hirokazu prend beaucoup de temps et que parfois son film est peuplé aussi de silences, mais c’est pour mieux en définir tous les contours, les problèmes, les relations et aussi les espoirs de cet homme. Et pour mieux amener à cette deuxième partie, ce huis-clos familial, piégé dans un appartement. Un huis-clos tout en émotion, où la parole et surtout l’espoir et l’amour se libèrent. Un huis-clos tout aussi juste, qui sait prendre son spectateur avec de belles scènes, de beaux gestes, de jolies décisions et surtout de magnifiques interactions entre les personnages. Des interactions qui parfois iront jusqu’à frôler la poésie. Et bien entendu, ces interactions sont délicieusement et dramatiquement tenues par un casting magnifique, dont ressort avec émotion Hiroshi Abe, qui incarne ce père quelque peu perdu et Kirin Kiki, dont le visage ne peut que vous passionner. L’actrice, qui ne tient qu’un second rôle, en vole la vedette à chaque fois qu’elle apparaît.

« Après la tempête » est aussi un film qui va être un bel observateur de la société japonaise. C’est avec plaisir ici qu’on va découvrir et apprendre beaucoup de choses sur la vie au Japon. Si l’intrigue reste au premier plan, quand on s’attarde un peu sur le second plan, on découvre une belle culture, pleine de respect, de simplicité. Une culture qui met en avant la famille, qui tient en grand amour la nourriture. Une culture écologique, on prendra plaisir à regarder les lieux, les villes ou les jardins dans lesquels se déroule le film de Kore-eda Hirokazu. D’ailleurs, « Après la tempête » est joliment filmé et malgré la grandeur de la ville, il se dégage quelque chose de très intime de ce film et du lieu de son action.

« Après la tempête« , le nouveau film de Kore-eda Hirokazu, est donc bien la petite perle qu’on attendait. Sublime et subtile, juste, simple et en même temps complexe et profond, plein de tendresse et d’amour, alors même qu’il est bien souvent triste et plein de désillusions, encore une fois, le réalisateur japonais démontre qu’il est un généreux et génial observateur de la société de son pays et surtout des gens. « Après la tempête » est bien la petite perle qui est en salle depuis peu. À voir.

Note : 17/20

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Par Cinéted

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