American Horror Story Coven

D’Après une Idée de : Ryan Murphy et Brad Falchuk

Avec Evan Peters, Jessica Lange, Kathy Bates, Sarah Paulson

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Nombre d’Episodes : 13

Résumé :

Cela fait plus de 300 ans que les procès des sorcières de Salem ont eu lieu. Celles qui demeurent sont presque éteintes et menacées à nouveau. Une école a ouvert ses portes en Nouvelle-Orléans pour enseigner la protection aux plus jeunes. La très absente Suprême, Fiona Goode, arrive à protéger aussi le clan et leurs secrets. La fille de Fiona, Cordélia, est professeur à l’école. Les thèmes abordés sont la sorcellerie, les chasses aux sorcières, l’inceste, les minorités, l’esclavagisme, les relations entre mère et fille, et la sorcellerie contre le vaudou. Cette saison se déroule dans les temps modernes et aux alentours de 1830.

Avis :

L’horreur est devenue un genre peu à peu méprisé par une sorte d’intelligentsia cinéphile qui n’y voit qu’un déluge d’hémoglobine et une absence complète de scénario. Tout juste bon pour les adolescents en manque de sensations fortes, l’horreur du septième art connait un déclin dangereux et détestable, en atteste les sorties faméliques au cinéma ou les comportements outrageux des jeunes qui ne savent plus profiter d’un film. Alors pour trouver son compte, il faut soit plonger dans les films des années 70/80, période créatrice et libertaire, soit chercher sur le petit écran qui commence à avoir un répertoire étoffé en matière d’horreur, surtout ces dernières années. Et si une série horrifique se démarque du reste par son succès, c’est bien American Horror Story.

Anthologie sur les différents thèmes qui peuplent l’horreur graphique, les showrunners ont décidé de changer d’histoire entre chaque saison afin d’explorer différentes pistes. Et si la première saison avait créé la surprise en exploitant la maison hantée, la fin de saison résonnait comme une mauvaise farce. Quant à la deuxième, celle qui a connu un succès plus important, elle explorait plusieurs facettes, allant de l’asile de fous aux zombies, à l’invasion extraterrestre, le tout dans un pot-pourri qui donnait au final la nausée. Pour la troisième saison, les deux créateurs du show ont décidé de changer radicalement de cap en allant du côté de la Nouvelle-Orléans et des sorcières du bayou. Vaudou, magie noire et confrérie seront donc au cœur de la saison qui promettait beaucoup de choses.

Qui promettait car au final, cette troisième saison sera bien décevante à bien des égards et prouve une fois de plus que American Horror Story est bien trop surestimée par les fans d’horreur. Et cela est dû à plusieurs choix hasardeux et notamment une écriture complètement bancale du fil rouge. En effet, si l’on regarde les grandes lignes de la saison, il ne se passe pas grand-chose. On rentre en plein dans une confrérie où quatre jeunes sorcières se chamaillent, font des tests sur leur pouvoir et pour mettre un peu de piment, on rajoute une dualité entre les noirs et les blancs et des chasseurs de sorcières au milieu de tout ça. Chaque personnage est relativement détestable, notamment Jessica Lange qui joue une suprême ne voulant jamais mourir et n’hésitant pas à tuer quiconque se met en travers de son chemin. Mais les jeunes ne sont pas en reste avec notamment des traits de caractère usants, comme un égoïsme exacerbé ou encore une jalousie maladive. En fait, quand on regarde cette troisième saison, on se rend vite compte que l’on ne s’attache pas aux personnages, car ils sont tout horribles et ne créent aucune empathie avec le spectateur.

D’autant plus qu’in fine, la saison ne fait que de la redite, faisant renaître inlassablement les personnages pour combler du vide, essayant vainement de tromper un spectateur qui aura succombé d’ennui devant tant d’inepties et de non-sens. Alors on retrouvera quelques fulgurances gores, notamment avec les insertions sur le racisme et Kathy Bates qui est une saloperie raciste se plaisant à torturer des noirs, mais là encore, cette sous-intrigue alourdit le propos et dure bien trop longtemps. D’autant plus qu’à force d’insister sur le racisme des blancs envers les noirs et d’évoquer donc un esclavagisme honteux, il semblerait que la seule réponse valable par les auteurs soit la vengeance. Une réponse fumeuse qui n’est là que pour alimenter une ambiance franchement absente et complètement loupée. D’ailleurs, pour noyer le poisson, la réalisation sera au même niveau que la reste, essayant de mettre en place des plans bancals, des lumières délétères aux bougies ou encore des moments complètement tripés qui n’ont ni queue ni tête et qui ne sont présents que pour masquer le vide abyssal du scénario.

Le principal problème avec American Horror Story, et que l’on retrouve dans Coven, c’est que ça brasse toutes les thématiques de l’horreur sans jamais aller au fond du truc. A titre d’exemple, on aura droit au syndrome de Frankenstein, avec la création d’un homme à partir de membres de plusieurs cadavres, on aura droit au fameux tueur à la hache, légende de La Nouvelle-Orléans, mais tout cela ne sert finalement que très peu l’intrigue principale. Certains moment seront même carrément cheap, comme les voyages en enfer avec Papa Legba, les séquences de bûcher au son d’une musique New Wave ou encore les moments chantés par une chanteuse connue de là-bas et qui demeurent purement ringardes. Bref, le mélange des genres ne sert pas la série qui n’arrive pas à écrire une intrigue digne de ce nom.

Alors la question est : doit-on tout de même se réjouir de voir une série horrifique avoir du succès ? Oui et non. En fait, c’est assez délicat avec American Horror Story. Série très surestimée, elle a au moins le mérite de prendre des risques avec des thématiques étranges et pas toujours abordées sur le petit écran. Il faudrait juste que les scénaristes s’appliquent un peu plus pour fournir un fil rouge plus dense sans aller chercher dans tous les sens pour espérer donner de la consistance.

Au final, American Horror Story Coven est une vaste esbroufe. C’est de la poudre aux yeux pour les néophytes du genre qui vont voir là-dedans un mélange de plusieurs styles aux fulgurances gores, n’y devinant pas le vide qui habite la chose. Si vouloir placer son intrigue chez les sorcières avec des allers-retours dans l’histoire était plutôt bien vu, il manque désespérément une intrigue digne de ce nom et surtout un liant entre chaque saynète que propose la saison. Bref, encore une fois, c’est une belle déception.

Note : 05/20

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Par AqME

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